
Chaque constructeur tente de mettre de l’avant une personnalité propre dans le monde des véhicules électriques, avec des approches variées. Dans le cas de Nissan et de son Ariya, on ne vise pas la sportivité de la Z, mais plutôt la simplicité confortable qui rappelait la défunte Altima afin de séduire les consommateurs.
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La version à l’essai développe 389 chevaux et 442 lb-pi de couple
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L’autonomie réelle observée est de 360 km
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La capacité de recharge rapide de niveau 3 est limitée à 130 kW
L’incarnation d’un Murano électrique
Les origines de l’Ariya remontent à 2019, lorsque Nissan a dévoilé le concept du même nom. Le style se voulait audacieux, un peu à la manière du Murano qui se distinguait par des traits originaux et distinctifs. Fort heureusement, à la présentation du modèle de production, il n’y avait pratiquement aucune différence entre l’idée initiale et la version finale.
Ainsi, l’Ariya offre une devanture au design marquant. Avec ses blocs optiques effilés et haut perchés, l’éclairage est puissant et efficace. Ils sont intégrés dans une structure soulignée par une bande de DEL en forme de bâton de hockey, l’une des signatures visuelles de Nissan, notamment dans sa gamme électrique.

Au centre, la « grille » est complètement fermée et semble n’être qu’une applique noire. En y regardant de plus près, on remarque toutefois un relief en trois dimensions qui rehausse l’apparence. Nissan aurait pu accentuer davantage le contraste, car bon nombre de personnes risquent de ne pas remarquer ce détail.

De profil, la version à l’essai bénéficiait d’une option de peinture deux tons facturée 950 $. Le choix d’un noir lustré, plutôt que d’un simple plastique mat, rehausse l’apparence générale. On retrouve ce traitement sur les pare-chocs, les bas de caisse et les arches de roue. Avec toutes les options, l’Ariya Evolve+ portait de superbes jantes de 20 pouces au design géométrique particulièrement réussi.
À l’arrière, le VUS impose une nouvelle direction stylistique avec un feu unique traversant. Un choix sage, qui résistera mieux à l’épreuve du temps. On retrouve d’ailleurs une approche similaire sur le nouveau Murano et l’Infiniti QX80.

Cabine familiale : fonctionnelle et originale
À l’ouverture de la porte, le premier constat est l’espace généreux offert aux occupants. Le tableau de bord semble flotter devant les passagers, et il n’y a pas de console centrale encombrante aux pieds. À la place, un grillage rétroéclairé intrigue, surtout le soir. Après plusieurs jours d’essai, difficile de comprendre l’intention artistique derrière cet élément.
Les détails de couleur bronze apportent une touche de raffinement. Même chose pour les appliques en suédine sur la planche de bord et les portières. Le cuir Nappa bleu donne une présentation distinctive et haut de gamme.

Le tableau de bord demande cependant un court temps d’adaptation. L’instrumentation numérique de 12,3 pouces est simple à utiliser, mais manque d’options de personnalisation. Dans la continuité, un second écran de 12,3 pouces regroupe les fonctions multimédias. Ce n’est pas la technologie la plus avancée du segment, mais c’est un net progrès par rapport aux anciens systèmes Nissan. Soulignons la compatibilité avec Apple CarPlay et Android Auto.
Commandes haptiques, mais peu pratiques
Les commandes de climatisation sont haptiques et intégrées dans une fausse applique de boiserie. L’intention des designers est claire, mais l’association de faux bois et de plastique ne convainc pas. À l’arrêt, les commandes se manipulent correctement, mais en conduite, sans retour physique, il arrive souvent d’appuyer sur la mauvaise touche. Cela oblige à quitter la route des yeux, ce qui n’est pas idéal.

Dans une volonté de luxe, la console centrale est motorisée. Un gadget qui ajoute un risque de bris inutile, même si, une fois la position trouvée, on n’y touche plus. Cette console intègre le levier de transmission, deux porte-gobelets, un chargeur sans fil et le réglage de la conduite à une pédale (régénération au freinage).
Nissan continue d’offrir ses sièges « zéro gravité » inspirés de la NASA. Le confort est bien présent grâce à l’absence de points de pression, mais le soutien pour les jambes et le dos reste limité.
Confort familial
La vocation familiale du Nissan Ariya se confirme à l’arrière avec un espace très généreux, surtout pour les jambes. Trois adultes peuvent prendre place confortablement, et les enfants y seront encore mieux installés. On profite de ports USB-C, de sièges arrière chauffants et d’un grand toit panoramique qui apporte luminosité et sensation d’espace.

Côté coffre, on obtient 646 litres en configuration normale et jusqu’à 1 691 litres une fois les dossiers abaissés. Des chiffres dans la bonne moyenne du segment.
Une technologie conservatrice
Pionnier de l’électrification avec la Nissan LEAF en 2011, le constructeur a ensuite marqué le pas. L’Ariya, arrivé en 2021, modernise l’offre, mais sans révolutionner le marché.
Le Nissan Ariya 2025 Evolve+ repose sur une architecture 400 V et propose deux batteries : 66 kWh (63 utilisables) et 91 kWh (87 utilisables). Le refroidissement liquide optimise la longévité et la stabilité de la batterie lithium-ion.
En revanche, la recharge rapide est décevante. La puissance maximale sur une borne de niveau 3 est limitée à 130 kW, bien en dessous de la concurrence. Le préchauffage de la batterie doit être effectué manuellement, alors que la majorité des rivaux l’offrent automatiquement.

À domicile, la patience est de mise : la capacité est de 7,2 kW sur une borne de niveau 2. Pour un plein complet, il faut compter environ 14 heures. De plus, impossible de programmer une recharge partielle (par exemple à 80 %), une fonctionnalité pourtant courante ailleurs.
Nissan fait preuve d’un conservatisme certain en matière de technologie électrique. L’avantage : la fiabilité est rassurante et bien maîtrisée.
389 chevaux… mais où sont-ils?
Avec l’Ariya, Nissan n’a clairement pas cherché à exploiter pleinement le potentiel de sa motorisation. La structure est solide, sans craquement, mais peu importe le mode de conduite sélectionné, le comportement reste placide et orienté uniquement vers le confort.
On a beau disposer de 389 chevaux et 442 lb-pi de couple, les sensations sont absentes. Oui, l’accélération est rapide, mais le plaisir est amoindri par un couple qui se traduit surtout par une torsion perceptible dans la colonne de direction. Même en conduite plus modérée, la direction demeure trop démultipliée et aseptisée, sans réelle communication avec le conducteur.
Les suspensions privilégient elles aussi un confort extrême. Les irrégularités de la route sont absorbées efficacement, mais au prix d’un roulis important dans les virages. Résultat : l’agrément de conduite est en retrait. Nissan semble se réserver une marge de manœuvre pour une éventuelle version Nismo, qui pourrait transformer l’expérience en quelques ajustements.

Consommation et autonomie
Nissan annonce une autonomie de 414 km pour la version à l’essai équipée de jantes de 20 pouces. Dans la réalité, avec une consommation moyenne de 24,2 kWh/100 km, l’autonomie réelle projetée s’est établie à environ 360 km. Notons que cet essai s’est déroulé dans des conditions météorologiques idéales. Comparativement à la concurrence, la consommation est trop élevée et décevante.
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À surveiller
À ce jour, le Nissan Ariya compte déjà quatre rappels, tous liés à l’année modèle 2023. Le plus important touche 994 véhicules et concerne une surintensité momentanée dans le moteur électrique, pouvant causer une perte ou une diminution de puissance.
Il ne s’agit pas de failles majeures, mais de désagréments à surveiller. En hiver, la recharge devient plus complexe en raison du préchauffage manuel de la batterie. Sur longs trajets, la puissance limitée à 130 kW impose des arrêts prolongés. À domicile, la capacité de 7,2 kW ralentit encore le processus, et l’absence de programmation pour limiter la recharge à 80 % est un manque notable.

Conclusion : un VUS électrique confortable, mais conservateur
Le Nissan Ariya Evolve+ e-4ORCE n’est pas un mauvais produit, loin de là. Son confort feutré séduira une clientèle en quête de douceur et d’espace familial. Mais face à une concurrence directe comme le Hyundai IONIQ 5 ou le Volkswagen ID.4, il se retrouve pénalisé par une recharge lente, une consommation élevée et un manque d’agrément de conduite.
La version essayée affichait un prix de 69 318 $. C’est élevé pour ce segment. En retirant l’option Premium à 4 200 $, la facture peut être allégée, mais le rapport qualité-prix reste discutable.
En somme, l’Ariya est une option fiable et rassurante, mais elle manque de dynamisme et d’efficacité énergétique pour se démarquer véritablement. À privilégier si vos trajets sont majoritairement urbains et que le confort prime sur le plaisir de conduire.
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|---|---|---|---|
| Modèle | Nissan Ariya Evolve+ e-4ORCE | Hyundai IONIQ 5 Pref. TI LP | VW ID.4 Pro S AWD |
| Échelle de prix | 59 921$ à 62 920$ | 55 766$ à 60 266$ | 51 310$ à 66 810 $ |
| Puissance max | 290 kW (389 ch) | 239 kW (320 ch) | 250 kW (335 ch) |
| Couple max | 442 lb-pi | 446 lb-pi | 402 lb-pi |
| Capacité batterie max | 91 kWh (87 utilisables) | 84 kWh | 82 kWh (77 utilisable) |
| Autonomie ann. | 414 km | 425 km | 423 km |
| Recharge max N2 | 7,2 kW | 10,9 kW | 11 kW |
| Recharge Max N3 | 130 kW | 238 kW | 175 kW |
| Consommation combinée | 24.1 kWh/100km | 21.5 kWh/100km | 20.5 kWh/100km |
| Volume coffre | 646/1 691 litres | 770/1 680 litres | 858/1 818 litres |
| Capacité remorquage | 680 kg (1 500 lb) | 907 kg (2 000 lb) | 1 225 kg (2 700 lb) |











































