Sondage : près d’un Canadien sur deux souhaite un marché automobile aligné sur l’Europe plutôt que sur les États-Unis

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Peugeot 208 | Stellantis Europe

Pour leur prochain véhicule, les Canadiens regardent de plus en plus de l’autre côté de l’Atlantique. Selon un sondage mené en septembre, près de la moitié d’entre eux aimeraient que notre marché s’inspire davantage de ce que l’on trouve sur le Vieux Continent, avec plus de modèles compacts et électriques. Le hic, c’est la réglementation.

  • 47 % des répondants préfèrent un marché calqué sur l’Europe, contre 21 % pour le modèle américain

  • Selon les concessionnaires, certaines marques ont déjà des modèles européens prêts à être vendus ici

  • Nos normes de sécurité, pratiquement identiques à celles des États-Unis, bloquent leur arrivée

C’est le site Automotive News qui rapporte les résultats de cette enquête. Voici ce qu’elle raconte, en substance.

Plus qu’un sentiment antiaméricain

Réalisé par Abacus Data auprès de quelque 2800 adultes pour le compte du groupe de réflexion Clean Energy Canada, le sondage indique également que 32 % des Canadiens ne souhaitent aucun changement. Pour Trevor Melanson, directeur des analyses et des communications de l’organisme, le prix élevé des véhicules pèse lourd dans la balance. « Ce n’est pas qu’une question de sentiment antiaméricain. Les Canadiens ont des goûts un peu différents. »

Tim Reuss, le grand patron de l’Association canadienne des concessionnaires d’automobiles, abonde dans le même sens. Le marché canadien repose sur les camionnettes et les VUS, et le créneau des compactes s’est vidé au fil des ans. « Les Canadiens réclament plus de véhicules et plus de choix. » Certains constructeurs auraient d’ailleurs des modèles européens prêts à être ajoutés à leur gamme canadienne, et les concessionnaires ne demanderaient pas mieux.

Geely lance sa marque au Canada, avec des véhicules attendus en 2027

Le mur réglementaire

Le problème, c’est que les Normes de sécurité des véhicules automobiles du Canada (NSVAC) sont presque identiques aux règles américaines, et qu’aucun mécanisme ne permet de certifier rapidement un véhicule homologué en Europe. Notre marché étant trop petit pour justifier un processus long et coûteux, nous héritons généralement de la même offre que nos voisins du Sud.

Depuis l’imposition des tarifs américains l’an dernier, plusieurs groupes pressent Ottawa de reconnaître les normes européennes en parallèle des siennes. L’idée plaît aux élus, mais les fonctionnaires fédéraux hésitent.

Pour Tim Reuss, seule une décision politique permettrait d’aller vite. Le rapprochement du Canada avec l’Union européenne, qui explore un statut de membre associé, pourrait constituer un élément déclencheur et faire avancer le dossier.

Le sondage ne détaille pas les résultats pour le Québec, mais nous sommes prêts à parier que l’envie de retrouver un marché automobile plus européen qu’américain doit être encore plus forte sur notre territoire, où l’intérêt pour les petits véhicules a toujours été plus marqué.

On peut déjà imaginer à quel point certaines petites voitures électriques européennes feraient un tabac chez nous.

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