
La Mazda MX-5 est devenue une icône à travers l’industrie. Elle est désormais à Mazda ce que la Z est à Nissan, la Corvette à Chevrolet, la Mustang à Ford : un symbole de son image. Seulement, aucun modèle n’est éternel et avec les tendances observables depuis quelques années, où les voitures et les sportives ont laissé leur place aux VUS, on est en droit de se demander si le modèle a un réel avenir. Alors que la quatrième génération en est à sa 10e année, prenons le temps de nous pencher sur la situation.
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La MX-5 est arrivée en 1989 comme modèle 1990
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La génération actuelle est la quatrième
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La MX-5 est aujourd’hui un symbole de l’image projetée par Mazda
Les quatre générations et leurs noms de code
Les passionnés d’automobiles ont souvent tendance à désigner les générations de modèles par leurs noms de code. Cela peut devenir agaçant. Dans le cas de la MX-5, bonne nouvelle, c’est plutôt facile à retenir. Il y a eu quatre cuvées, chacune adoptant la nomenclature NA, NB, NC et ND.
Vous le devinez, la prochaine sera (fort possiblement) la NE.
Pour l’histoire, la première génération s’est étendue de 1990 à 1997, la deuxième de 1999 à 2005 et la troisième de 2006 à 2015. La quatrième est parmi nous depuis 2016 et c’est là que ça devient intéressant lorsqu’on imagine la suite.
Changements de paradigmes
Jusqu’à la conception de la version actuelle, on ne se posait pas trop de questions sur la composition du modèle. La recette restait la même, soit un roadster compact et léger, à propulsion, offert avec un moteur atmosphérique et l’option d’une boîte manuelle. Et très important, avec une répartition des masses frisant la perfection. L’objectif : l’ultime plaisir de conduire.
Sur ce point, mission accomplie depuis le jour 1. La MX-5 est un véritable médicament contre la dépression.

Mais depuis 10 ans, une nouvelle réalité a frappé l’industrie : l’électrification. Et depuis, elle est dans les discussions concernant l’avenir du modèle. Tellement qu’on s’est perdu dans les rumeurs depuis 10 ans. Le problème avec l’électrification d’une voiture comme la MX-5, en 2026, c’est la question du poids. Il serait extrêmement difficile, avec les technologies actuelles, de produire une MX-5 électrique aussi légère que celle à essence.
Et le dilemme est là.
Une pluie de rumeurs
Depuis dix ans, les rumeurs sur la prochaine MX-5 portent sur la motorisation. Au lancement de la génération ND, on parlait d’une version turbo, voire d’une Mazdaspeed (comme en 2004-2005), ou d’une version animée par un 4-cylindres SkyActiv-G de 2,5 litres. Le responsable du programme, Nobuhiro Yamamoto, a mentionné qu’il faut se méfier de la suralimentation, qui alourdit la voiture.
En 2021, le site Autocar annonçait plutôt le moteur SkyActiv-X, à allumage par compression, contrôlé par bougie. Depuis 2025, la piste étudiée est un SkyActiv-Z atmosphérique (2,5 litres), une information confirmée par le directeur technique, Ryuichi Umeshita. Le magazine Best Car a plutôt évoqué un moteur de 2,0 litres.

Parallèlement, l’électrification s’est invitée dans la discussion, surtout en raison de contraintes réglementaires, notamment liées à la norme Euro 7. Là, les informations sont allées dans toutes les directions : hybridation légère de 48 volts, brevet d’un système hybride à trois moteurs électriques, puis brevet d’une sportive hybride rechargeable à moteur rotatif.
Est ensuite venu le concept Iconic SP, avec son rotor servant de génératrice. Il a d’abord été associé à l’avenir de la MX-5, avant que des déclarations de dirigeants de Mazda n’alimentent l’hypothèse d’une sportive distincte, possiblement inspirée de la RX-7. En 2026, le grand patron Masahiro Moro a affirmé que la prochaine génération devait également être prête à un scénario sans moteur à combustion.
Vous voyez le topo. Il est facile d’être confus face à ce bouquet d’informations qui vont dans tous les sens.
La constante
Malgré ces changements de cap, une chose est demeurée constante dans le discours des dirigeants de Mazda : la légèreté demeure la priorité absolue. Masashi Nakayama vise moins de 1000 kg, et Masahiro Moro une fourchette de 1000 à 1200 kg, sans recourir à des matériaux exotiques qui feraient grimper le prix de la voiture.

On insiste aussi sur la taille du modèle, que l’on souhaite inférieure à quatre mètres, ainsi que sur le maintien de la boîte manuelle. Jo Stenuit, de Mazda Europe, a résumé le tout ainsi : plaisir de conduire, légèreté et accessibilité, sans quoi on ne parle plus d’une MX-5.
Une NE dans la continuité
Considérant tout cela, on peut s’attendre à une nouvelle MX-5 qui va s’inscrire dans la continuité. Un peu d’hybridation, peut-être, mais pour une MX-5 entièrement électrique, le poids demeure un obstacle de taille. Mazda veut néanmoins que la prochaine génération puisse composer avec cette éventualité.
Est-ce qu’on va voir une MX-5 électrique un jour ? Disons que c’est très possible, mais ça ne semble pas pour demain. Nous croyons que Mazda va explorer bien d’autres pistes avant. Et l’autre question à se poser est la suivante : est-ce qu’une MX-5 électrique sera toujours une MX-5 ? Probablement, mais à saveur différente.
Comme une Ford Mustang est aujourd’hui différente d’une version des années 60. Est-ce que vous croyez que Zachary « Zora » Arkus-Duntov (le père spirituel de la Chevrolet Corvette) aurait un jour imaginé son modèle à moteur central et doté d’une motorisation hybride ? Poser la question, c’est y répondre.

La version actuelle : toujours dans le coup ?
La MX-5 actuelle a 10 ans. C’est beaucoup dans l’industrie. Cependant, dans son cas, ça ne paraît pas trop. Elle offre toujours le même agrément de conduite, elle possède le nécessaire en matière de connectivité et, mécaniquement, elle est suffisamment puissante et n’a pas vraiment besoin de plus de chevaux pour séduire.
Il est certain qu’un renouvellement va lui redonner un second souffle, mais la mouture actuelle est toujours pertinente.
Attention, toutefois, elle n’est pas pour tout le monde. Il faut se contorsionner pour entrer et sortir, et ceux qui ont des problèmes de dos trouveront rapidement l’exercice difficile. Elle ne peut pas non plus être le seul véhicule familial. Sa taille la rend très peu pratique, même si son coffre peut recevoir deux petites valises. Et au quotidien, elle est bruyante. On apprécie la chose le temps d’une balade, mais lorsqu’on doit s’en servir tous les jours, ça devient un peu agaçant.

J’ai pris le volant, coup sur coup, d’une variante régulière et d’une version RF. Après deux semaines, mes oreilles en avaient assez. Il est certain que dans le cas de la RF à toit rigide, c’est moins pire. Malgré tout, ça demeure bruyant sur l’autoroute.
Des détails à considérer, mais qui ne constituent pas des arguments contre cette voiture.
Si vous êtes à la recherche d’un beau jouet pour vos balades du week-end, il est difficile de trouver mieux, surtout à ce prix.
Verdict
La MX-5 est comme le bon vin. Mieux, sur le marché de l’occasion, il est possible de dénicher de beaux exemplaires à des prix tout à fait corrects. L’auteur de ces lignes se promet d’ailleurs de trouver un modèle d’occasion, un de ces jours.
Quant à l’avenir du véhicule, pour répondre à notre question initiale, oui, ses chances de survie sont réelles, voire excellentes. En raison de sa longévité, la MX-5 s’est taillé une place solide au sein de la famille Mazda, une place indélogeable.

Imaginer la gamme de produits Mazda sans la MX-5 est aujourd’hui impensable. Voilà qui nous donne une bonne indication pour l’avenir.
Il faudra seulement accepter qu’un jour, la MX-5 soit probablement différente de celle que l’on connaît.
Tant qu’elle procure toujours le même plaisir de conduire, on s’en accommodera.







































