Voyage dans le temps : la BMW Z4, des ancêtres à la dernière édition

C’est officiel. La production du BMW Z4 a pris fin ce printemps 2026, marquant la disparition du dernier roadster de la marque bavaroise, sans successeur confirmé à l’horizon. Pour souligner l’événement, BMW avait lancé une édition finale à l’automne 2025 : la Z4 M40i Final Edition, peinte en noir mat et dotée d’un intérieur en Alcantara avec des surpiqûres rouges. C’est la fin d’une ère, clairement, et le temps de retracer l’histoire de ce modèle et de ses ancêtres chez BMW.

1 — BMW 328 (1936–1940) : l’ancêtre fondateur

Avant la Z4, avant la Z3, avant même la 507, il y a eu la 328. Présentée dans le plus grand secret au Nürburgring en juin 1936, cette voiture de seulement 830 kilogrammes était propulsée par un 6-cylindres de 2,0 litres développant 80 chevaux. Incroyablement, elle était l’une des voitures les plus rapides de son époque. Et elle fit fureur en compétition. En 1937 seulement, elle comptait déjà plus de 100 victoires en piste. En 1940, une version spéciale préparée par la firme Carrozzeria Touring remportait la célèbre épreuve Mille Miglia dans sa catégorie.

Seulement 464 exemplaires ont été construits. Aujourd’hui, les rares survivantes se négocient au-delà du million de dollars. Les bases venaient d’être établies.

Fait amusant, on fait parfois référence à ces modèles comme des Frazer-Nash BMW. C’était le cas en Angleterre où c’est la firme Frazer-Nash qui les importait et les commercialisait sous ce nom. Dans notre galerie photo, vous verrez d’ailleurs un exemplaire de course avec un volant à droite.

2 — BMW 507 (1956–1959) : la plus belle BMW jamais construite

De l’avis de plusieurs, la plus belle BMW de l’histoire, c’est le coupé 507 des années 50. Disons que le modèle a beaucoup d’arguments en sa faveur. Ses lignes sont spectaculaires.

Dessinée par Albrecht Graf von Goertz à la demande de l’importateur américain Max Hoffman, la 507 était animée par un V8 de 3,2 litres. Elle était également très performante pour son époque. Son prix astronomique (entre 9000 $ et 10 000 $ américains) limita les ventes à seulement 252 exemplaires (certaines sources parlent de 253, d’autres de 254), un chiffre qui faillit couler la compagnie considérant ses coûts de développement et de production.

Elvis Presley en posséda une. Aujourd’hui, une 507 en bon état vaut plusieurs millions de dollars.

L’héritage visuel de ce modèle a directement inspiré le design de la Z8, quarante ans plus tard. Oui, vous trouverez la Z8 un peu plus bas.

3 — BMW Z1 (1989–1991) : une expérience plus radicale

La Z1 est souvent oubliée dans l’histoire de BMW chez nous, principalement parce qu’elle n’a pas été commercialisée en Amérique du Nord. Une question de réglementation. Elle est, aux yeux de plusieurs, le mouton noir de la famille. Et c’est pour ça qu’on l’aime.

Avec sa carrosserie en plastique, ses portières qui coulissent à la verticale dans les seuils et son plancher en plastique renforcé, elle ressemblait davantage à un prototype qu’à une voiture de série. Pourtant, BMW en a construit quelque 8000 exemplaires entre 1989 et 1991. Sous le capot, un 6-cylindres de 2,5 litres développant 170 chevaux. Sobre, efficace, la Z1 ne cherchait pas à être spectaculaire. Elle était juste différente. Le marché n’était peut-être pas prêt à la recevoir. Les collectionneurs le sont aujourd’hui.

4 — BMW Z3 (1995–2002) : la formule est trouvée

C’est la Z3 qui a remis le roadster BMW sur la carte. Lancée en 1995, elle a profité d’un coup de pouce inattendu lorsque James Bond en a conduit un dans le film GoldenEye la même année, avant même que le modèle ne soit officiellement mis en vente. Il s’agit d’un cadeau marketing inespéré.

Assemblée en Caroline du Sud à l’usine BMW de Spartanburg, la Z3 a été proposée en plusieurs versions, dont le M Roadster. Une version coupée a également figuré au catalogue, un modèle au style absolument craquant. Plus de 279 000 exemplaires ont été produits en sept ans. Accessible, séduisante et porteuse de la philosophie de BMW « le plaisir de conduire ». La Z3 a en fait mis la table pour ce qui allait suivre.

5 — BMW Z8 (1999–2003) : hommage à la 507

Bien sûr, la Z4 allait suivre la Z3, mais entre les deux, on a eu droit à une pièce d’anthologie avec la Z8. Avec ce modèle, BMW a voulu rendre hommage à la 507. Le résultat est, aux yeux de plusieurs, meilleur que l’originale. Dessiné par Henrik Fisker, ce roadster développait 400 chevaux. Mais surtout, ses lignes sont sublimes. Plus de 25 ans après ses débuts, on demeure admiratif devant celles-ci.

Et comble de bonheur pour les amateurs de James Bond, une version a été utilisée pour le volet The World Is Not Enough (Le monde ne suffit pas) en 1999. Seulement 5703 exemplaires ont été produits.

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Aujourd’hui, la Z8 est une valeur sûre sur le marché de la collection. Elle représente le summum de l’histoire de la Série Z chez BMW. Et avec l’arrivée de l’été, soyez attentifs, car certains modèles peuvent être aperçus sur les routes du Québec. Voilà une voiture de collection qui doit être conduite.

6 — BMW Z4 (2002–2008) : la première Z4

Si la Z3 avait un défaut, c’était qu’elle était un peu petite. On a corrigé le tout avec la Z4 qui, sans devenir pataude, a pris du volume pour offrir plus de confort. Elle a été signée par un designer qui a connu un passage controversé chez BMW, soit Chris Bangle. La Z4, à l’image des créations de ce styliste, a divisé les cœurs à ses débuts ; on l’adorait ou on la détestait.

Les bases étaient néanmoins solides et la voiture est apparue au bon moment, si bien qu’elle a bien fait au chapitre des ventes. Cette première génération nous a même donné un grand classique aujourd’hui très recherché par les collectionneurs. On vous laisse deviner lequel ; on en reparle un peu plus loin.

7 — BMW Z4 (2009–2016) : la maturité

La deuxième génération de la Z4 a abandonné le toit souple au profit d’un toit rigide rétractable. Une décision pragmatique qui a été bénéfique pour le confort et l’insonorisation, mais que les puristes ont accueillie avec une certaine réserve. Le design, bien plus classique, a mieux vieilli que celui de son prédécesseur. La version sDrive35is, avec son 6-cylindres biturbo de 340 chevaux, en est la déclinaison la plus intéressante. Le Z4 de cette génération a servi de pont entre deux époques.

8. BMW Z4 (2018–2026) : le chant du cygne

La troisième et dernière génération de la Z4 est assurément la plus aboutie. Développée en partenariat avec Toyota, qui en a tiré le GR Supra, elle a retrouvé son toit souple et des lignes à la fois plus tendues et plus musclées. La version M40i, avec son 6-cylindres en ligne de 382 chevaux, a donné naissance à la meilleure BMW Z4 jamais produite. L’ajout d’une boîte manuelle à six rapports en fin de carrière a été accueilli comme un cadeau. Assemblée chez Magna Steyr à Graz, en Autriche, elle tire sa révérence en 2026 et l’avenir reste incertain.

Une variante électrifiée ou semi-électrifiée pourrait-elle suivre un jour ?

9 — BMW Z4 M40i Final Edition (2026) : le dernier tour de piste

Pour marquer la fin de la production, la division américaine de BMW a lancé en novembre 2025 une édition limitée exclusive au marché américain : la Z4 M40i Final Edition. Elle se distingue grâce à un extérieur tout noir, mais également un intérieur en Alcantara avec surpiqûres rouges et un logo commémoratif sur le seuil de porte.

Une seule configuration, deux choix de transmission, la manuelle ou l’automatique. Produits de février à avril 2026 en très petit nombre, ces exemplaires seront parmi les Z4 les plus recherchés dans vingt ans.

10 — BMW Z4 M Roadster (2006–2008) : la plus pure

S’il ne fallait garder qu’une seule Z4, le choix ne serait pas facile, mais les puristes s’accordent à identifier le M Roadster de première génération comme le candidat idéal. Cette version héritait du même 6-cylindres atmosphérique de 3,2 litres que celui de la M3, une mécanique poussée à 343 chevaux. À bord, le minimalisme était le mot d’ordre. Pas de gadgets inutiles ni de filtration artificielle des sensations, pas d’électronique superflue. Juste un moteur, une boîte manuelle, deux roues arrière motrices et un pilote. La recette la plus simple et la plus efficace.

Les amateurs de conduite sportive vous le diront ; la simplicité vaut de l’or. Seule la conduite compte. Les prix de ce modèle sur le marché de l’occasion ne cessent de grimper.

Le mot de la fin

La fin de la Z4 ne marque pas seulement la disparition d’un modèle. Elle marque la fin d’une philosophie, du moins pour le moment. Cette dernière était celle d’une voiture conçue pour une seule chose : offrir un agrément de conduite sans précédent au conducteur.

Malheureusement, les coupés et les décapotables ne semblent plus avoir la cote et, avec les coûts de développement actuels, les volumes de vente doivent être au rendez-vous. Ce n’est malheureusement pas le cas.

C’est d’ailleurs ce qui avait poussé Toyota et BMW à collaborer. On croise les doigts pour la suite.

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