
L’appellation Cross Country a été utilisée pour la première fois en 1997 par Volvo, qui l’utilisait à ce moment-là pour désigner la nouvelle variante de sa familiale V70. En gros, on lui ajoutait des protections de base de caisse, on rehaussait sa suspension (de 26 mm) et on lui accolait des logos et des accents le rendant facilement identifiable.
Forces
- Puissance au rendez-vous
- Conduite amusante
- Systèmes de sécurité intrusifs (pour ceux qui aiment)
Faiblesses
- Confort spartiate à l’arrière
- Prix une fois tout équipé
- Systèmes de sécurité intrusifs (pour ceux qui aiment moins)
La compagnie a eu la main heureuse avec cette approche, si bien que les ventes ont été excellentes. La V70 a vu la XC70 (plus haute sur pattes) prendre sa place. Elle a été proposée jusqu’à la fin de 2016. On a aussi vu des versions Cross Country apparaître avec la V40, la V60 et la S60, puis les V60 et V90 plus récemment.
Et voici que le traitement Cross Country est appliqué pour la première fois à un modèle tout électrique.
Voilà pour la mise en contexte. L’EX30 Cross Country, nous avons eu l’occasion de l’essayer en Suède l’année dernière. Il n’a pas changé. Pour tout savoir sur lui, on vous invite à consulter l’essai que nous avions réalisé à ce moment-là. Dans le présent billet, nous allons nous concentrer sur ses compétences une fois le revêtement en bitume troqué pour de la neige et de la glace.
Premier essai Volvo EX30 Cross Country 2026 : Plus de style, mais moins d’autonomie
Le traitement Cross Country
Il est toutefois nécessaire, avant d’aller plus loin, de rappeler ce que Volvo a fait avec son modèle pour en faire une version Cross Country. D’abord, il y a ces éléments stylistiques qui servent à différencier la version, que ce soit ce bouclier avant qui nous fait voir la topographie de la région du mont Kebnekaise, en Suède, ces appliques en plastique autour des ailes, ces rails de toit portant l’appellation Cross Country et ces pneus tout-terrain de 18 pouces décorés de jantes uniques à la variante.

Le changement qui est peut-être le plus important est cependant invisible à l’œil. En effet, pour rendre le comportement de son modèle plus civilisé en conduite hors route, Volvo a revu les éléments de suspension afin qu’ils soient plus souples et plus permissifs. Le résultat, c’est que sur la route, le comportement du EX30 Cross Country est plus doux, plus civilisé. Il est ironique de constater que les changements apportés pour la conduite hors route servent davantage le modèle sur la route.
De toute manière, il est illusoire de penser que cette variante peut se débrouiller loin des routes banalisées. Sa garde au sol est faible, même si elle est relevée de 19 mm par rapport à la version régulière. Pour les petits sentiers pas trop accidentés, ça ira, mais il ne faut pas avoir trop d’ambitions.
Sur la glace
Concernant l’essai que nous avons réalisé sur la glace avec l’EX30 Cross Country, sachez que Volvo a convoqué des médias d’un peu partout en Amérique, y compris du Brésil, afin de leur permettre de mettre à l’essai deux modèles (l’autre étant le XC90) lors de réelles conditions hivernales. À ce titre, nous avons été gâtés, car une petite tempête a fait rage lors de notre journée d’essais, comme vous pouvez le constater sur nos photos.

Avec l’EX30, nous avions deux exercices à réaliser : un slalom et la négociation d’un circuit routier sur une piste aménagée de 1,3 km, directement sur la rivière des Outaouais. Ce que l’on nous invitait à évaluer, c’est la façon dont la conduite à une pédale (avec freinage régénératif) facilite, en quelque sorte, le contrôle du modèle sur des surfaces glissantes.
Ce qu’il importe de comprendre avant tout, c’est la vocation du produit et la clientèle visée. Volvo est reconnue pour la sécurité. C’est sa marque de commerce. Conséquemment, il est impossible de désactiver certains systèmes de sécurité, à savoir l’antipatinage et le contrôle de la stabilité. Pour garder le véhicule en piste, c’est l’approche souhaitée. Cependant, ça limite ce qu’on peut faire avec le modèle.

Par exemple, lorsqu’on souhaite faire déraper l’arrière pour se donner un angle à l’entrée d’un virage, le système applique les freins au moment où il faudrait continuer d’accélérer pour réaliser la manœuvre espérée. Et à plusieurs reprises, lorsqu’on souhaite accélérer pour conserver son élan, l’accélérateur ne répond pas si le véhicule est de travers ou si l’angle du volant est trop prononcé. La sécurité avant le plaisir, si vous voulez.
Bref, l’EX30 n’est pas un véhicule conçu pour offrir des performances sportives. En revanche, il est là pour vous garantir la quiétude et la sécurité lorsque les conditions se détériorent.
Pour la majorité des acheteurs, voilà exactement ce qu’ils recherchent. Pour d’autres, qui aiment davantage de contrôle, ça laisse sur l’appétit. Notez que ce n’est pas un défaut, mais une question de philosophie, d’approche et de vision.
Si le chapeau vous fait…
Autrement
Du reste, l’EX30 Cross Country demeure un petit véhicule électrique intéressant. Avec une puissance de 422 chevaux et un couple de 400 livres-pieds, la performance est au rendez-vous avec un 0-100 km/h qui s’efface en seulement 3,6 secondes. En raison de son format, l’EX30 est maniable et agréable à conduire.

Pour ce qui est de l’autonomie, elle est chiffrée à 365 kilomètres avec cette variante. La recharge rapide peut vous permettre de faire passer le niveau d’énergie de 10 % à 80 % en seulement 26 minutes, à condition d’utiliser une borne de recharge capable d’exploiter la puissance maximale offerte par l’EX30, soit 153 kW.
Pour ce qui est du prix, grosso modo, il en coûte 10 000 $ de plus pour profiter du traitement Cross Country par rapport à la version de base du modèle (63 488 $ vs 53 638 $). Mais attention. Il faut savoir que ladite version de base profite d’une configuration à un seul moteur (propulsion) et que sa puissance est plus modeste, à 268 forces et 253 livres-pieds de couple. En fait, l’EX30 se décline de trois façons : Core, Plus et Ultra. À compter de la version Plus (+3560 $), vous pouvez opter pour la configuration à deux moteurs (+3000 $) et la puissance de 422 chevaux. Ça vous amène à un peu plus de 60 000 $. Pour la variante Ultra et l’approche à deux moteurs, la facture est de 62 488 $.
Ce que cela signifie concrètement, c’est qu’on vous demande 1 000 $ pour la version Cross Country, avec un équipement similaire (Ultra) et une configuration à deux moteurs.
Si la version de base vous suffit, c’est la bonne option. Si vous souhaitez tout l’équipement de la version Ultra, alors pour les 1000 $ de plus, la version Cross Country est plus intéressante.
À vous de voir.
Le mot de la fin
Le Volvo EX30 Cross Country n’est pas pour tout le monde, mais il demeure une proposition électrique intéressante. Il faut seulement bien connaître son identité pour ne pas être déçu. C’est même impératif. Autrement, de bons moments vous attendent au volant de ce véhicule.











