
La Classe C a longtemps été la porte d’entrée chez Mercedes-Benz. Depuis une vingtaine d’années, elle a laissé ce rôle à plusieurs modèles, que ce soit le VUS de Classe B, la CLA, le GLA, bref, on s’est bousculé aux portes pour prendre la place de la C. Malgré tout, la Classe C reste un symbole. Et pour 2027, elle prend une nouvelle forme alors qu’une variante électrique s’ajoute à l’offre.
Forces
- Douceur de roulement
- Autonomie généreuse
- Technologie embarquée impressionnante
Faiblesses
- Poids impossible à dissimuler
- Présence abondante de l’IA : une question morale
- Quelle sera la dépréciation ?
Nous avons pris le volant de cette dernière. Voici ce qu’elle réserve.
Nouvelle signature
En plus d’une nouvelle configuration électrique, cette Classe C hérite à son tour de la « nouvelle » signature stylistique que Mercedes-Benz introduit avec ses nouveaux modèles à essence ou électriques.
Rappelons-nous que le design des modèles électriques EQ n’a pas été bien reçu par les amateurs, lui qui rompait avec l’image traditionnelle de la marque. Devant la réaction des consommateurs, Mercedes-Benz n’a pas eu d’autre choix que de revoir son approche. Les gens arguaient que les modèles EQ ne ressemblaient pas à des Mercedes-Benz. Des ventes ont été perdues.
Voilà pourquoi la nouvelle grille reprend un design classique que l’on a vu avec de nombreuses Mercedes-Benz entre 1950 et le début des années 1990.

Et, signe des temps, il est possible, en option, d’éclairer tant le pourtour que le logo, ainsi que ces 1050 points bien visibles au centre. Une animation s’active dès le déverrouillage du véhicule, et même pendant la recharge.
Moderne et classique. Tiens.

Les phares empruntent aussi ce nouveau langage, avec une signature étoilée bien découpée qui confère au véhicule un regard unique, de jour comme de nuit. À l’arrière, quatre feux ronds, également porteurs de l’étoile de Mercedes-Benz, complètent une silhouette qui rappelle davantage un coupé qu’une berline classique, avec des épaules musclées et une chute de toit qui évoque un modèle GT.
Cette Classe C grandit également. Son empattement s’allonge de 97 mm par rapport à la version à essence, un gain qui profite d’abord aux occupants avant qui gagnent 12 mm de dégagement pour les jambes. Le toit panoramique, de série, aère également le cocon, offrant 22 mm de dégagement supplémentaire à l’avant et 11 mm à l’arrière. Le coffre, de son côté, propose un volume de 470 litres, complété par un espace de rangement supplémentaire sous le capot.
Artificielle intelligence
À bord, la qualité saute aux yeux. Les matériaux, leur assemblage ainsi que les nombreuses possibilités de personnalisation sont à la hauteur des attentes. On peut même choisir un intérieur végane, approuvé par la Société végane, sans blague. Il s’agit d’ailleurs d’une première dans le segment, alors que Mercedes-Benz devient le premier constructeur à offrir un tel intérieur certifié par un organisme indépendant. Pour ceux qui ont la fibre verte très développée, c’est tout désigné.

Ceux qui préfèrent le cuir ne sont pas en reste : une nouvelle surface en Nappa à motif diamanté, réservée aux sièges sport, ou un habitacle entièrement en Nappa brun, est au menu. La version haut de gamme des sièges avant ajoute le massage sur toute la surface du dossier. Le toit Sky Control, en option, propose 162 étoiles qui peuvent s’illuminer dans la même couleur que celle sélectionnée pour l’ambiance à bord.
Aussi joli qu’inutile.
L’élément dominant demeure l’écran du tableau de bord. Deux configurations sont proposées : le Superscreen et, au sommet de la gamme, l’Hyperscreen, qui s’étend sur 39,1 pouces. Trois sections le composent : l’instrumentation, les commandes multimédias et l’écran réservé au passager, qui peut consulter la navigation, le Web ou visionner sa série préférée sur sa plateforme de choix, et ce, sans distraire le conducteur grâce à une fonction de confidentialité basée sur une caméra.
L’interface MBUX (Mercedes-Benz User Experience) évolue également grâce à l’intégration de six agents d’intelligence artificielle qui font équipe pour vous offrir le nec plus ultra. Ces derniers proviennent notamment de ChatGPT4o, Microsoft Bing et Google Gemini. Ils sont capables de tenir une véritable conversation. Le système peut donner les résultats sportifs de la veille, proposer des pistes de solution à un conflit personnel ou même vous expliquer comment réussir votre jardin.

Oui, l’IA s’invite partout, pour le meilleur ou pour le pire. Elle gère aussi la navigation, calculée selon Google Maps, qui tient compte de la météo, du relief et du style de conduite pour planifier, au besoin, des arrêts de recharge.
Même le confort thermique passe à la loupe de la technologie. Grâce à une pompe à chaleur capable de puiser dans la chaleur résiduelle du moteur, de la batterie et de l’air ambiant, l’habitacle chauffe deux fois plus vite par grand froid que celui d’une voiture à essence, tout en consommant environ deux fois moins d’énergie.
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Sous la carrosserie
La Classe C électrique est équipée d’une batterie de 94,5 kWh. Mercedes-Benz annonce une autonomie de 760 km selon le cycle WLTP européen (Worldwide Harmonised Light Vehicle Test Procedure), ce qui devrait représenter entre 525 et 550 kilomètres chez nous.
La recharge est tout aussi impressionnante. Avec une puissance de 330 kW, rendue possible grâce à une architecture à 800 volts, Mercedes-Benz explique qu’on peut retrouver 325 kilomètres en 10 minutes (WLTP), soit environ 250 à 275 kilomètres chez nous. Pour la mesure de 10 % à 80 %, 22 minutes suffisent. De quoi avaler plus de 1000 kilomètres avec un seul et bref arrêt de recharge, l’équivalent, par exemple, d’un aller-retour Montréal-Toronto.

Côté puissance, on n’est pas en reste avec cette C400 qui offre 482 chevaux et 590 livres-pieds de couple, de quoi effacer le 0 à 100 km/h en seulement 4,0 secondes. Cette cavalerie provient d’un moteur électrique arrière, jumelé à une transmission à deux rapports, une rareté dans le monde de l’électrique. Elle permet une accélération franche à basse vitesse et une efficacité accrue sur l’autoroute. À l’avant, un second moteur agit en renfort, mais se débranche automatiquement à vitesse de croisière afin de réduire les pertes de près de 90 %.
La consommation annoncée de 14,1 kWh/100 km (éventuelle version à deux roues motrices) retient également l’attention. Lors de notre essai, nous avons obtenu environ 16 kWh/100 km, ce qui reste excellent. Cette efficacité provient notamment du découplage automatique du moteur électrique avant à vitesse de croisière, ainsi que d’un système de freinage entièrement repensé, capable de récupérer jusqu’à 300 kW lors des arrêts. La voiture peut même s’immobiliser complètement en mode régénératif.
Une petite Classe S
En prenant le volant, ma première impression a été celle de conduire une Classe S. Cela s’explique par le poids important du modèle, mais surtout par son incroyable douceur de roulement, fruit d’une suspension avant inspirée de la grande berline de la marque.
Le mode Sport offre cependant le meilleur équilibre. Il réduit le roulis, raffermit la suspension et la direction et rend les accélérations plus franches. Les roues arrière directionnelles pivotent jusqu’à 4,5 degrés sous les 70 km/h, jusqu’à 2,5 degrés au-delà. Le rayon de braquage, du coup, se voit réduit de près de 90 cm. À plus de 140 km/h, elles braquent dans le même sens que les roues avant pour améliorer la stabilité.

Autre innovation digne de mention. Lorsqu’elle détecte un important cahot, la voiture enregistre l’information et l’envoie dans le nuage Mercedes-Benz afin d’avertir les autres véhicules. Au passage dudit cahot, leur suspension adaptative peut s’ajuster en conséquence afin d’atténuer le choc en question. La suspension pneumatique optionnelle va même jusqu’à consulter Google Maps pour deviner qu’un véhicule ralenti par un bouchon roule encore sur l’autoroute, et maintient donc la garde au sol basse plutôt que de la relever inutilement, comme le ferait un système classique.
Côté sécurité, la Classe C électrique n’est pas en reste. Tout autour de la voiture, on compte 27 dispositifs (caméras, capteurs, ordinateur) qui travaillent de concert pour nous éviter toute collision.
Conclusion
Il y en aurait encore beaucoup à raconter. Les véhicules modernes sont de véritables laboratoires roulants et, sur le plan technologique, franchement impressionnants.
Le prix, à venir, le sera tout autant ; il faut le craindre. Ce qui va aider le modèle, c’est son style, réussi et beaucoup plus accrocheur que celui des anciens véhicules EQ. Et le fait que cette voiture offre un comportement routier plus feutré pourrait séduire des acheteurs habitués à des segments un peu plus huppés.
Bref, la réaction des consommateurs sera intéressante à suivre. Chose certaine, ils ne seront pas déçus de ce qu’on leur offre ici, à condition d’avoir un faible pour la technologie, omniprésente.










































