
Comme chaque été, de nombreux québécois prennent la route des vacances avec leur véhicule récréatif, que ce soit une tente-roulotte, une roulotte, où un motorisé. Ces derniers déposent la carrosserie d’une roulotte sur un châssis muni d’une mécanique, les rendant auto-suffisants. Si la vaste majorité de ces véhicules ont été assemblés par des compagnies spécialisées agissant indépendamment des constructeurs automobiles desquels les éléments mécaniques ont été empruntés, certains de ces constructeurs ont également tenté l’aventure en proposant d’usine des véhicules adaptés au camping.
Cette galerie présente donc quelques exemples de véhicules récréatifs des soixante dernières années qui ont été conçus par un constructeur automobile ou qui étaient disponibles à l’achat à travers le réseau de concessionnaires d’une marque automobile.
Kaiser-Jeep CJ-5 Camper (1969)
Le Kaiser-Jeep CJ-5 Camper de 1969 est l’un des véhicules récréatifs les plus rares et insolites de l’histoire automobile. Né à la fin des années 1960 pour répondre à l’engouement américain pour le tourisme itinérant, ce modèle repose sur une invention brevetée par Charles Prater et produite en partenariat avec la société Honorbuilt.
Pour contourner les contraintes de charge du châssis court du CJ-5, la cellule habitable intégrait son propre essieu arrière, ses suspensions et ses freins électriques. Cet ensemble articulé à six roues exigeait le moteur V6 Buick « Dauntless » de 3,7 L (160 ch) couplé à un rapport de pont court de 4,88:1. La cellule offrait un aménagement complet pour quatre personnes (réchaud au propane, réserve d’eau, cabinet de toilette) et pouvait se désaccoupler en moins de 15 minutes pour libérer le Jeep. Proposée directement dans le réseau officiel des concessionnaires Kaiser-Jeep, cette « licorne » d’aventure n’a été fabriquée qu’à 336 exemplaires.
GMC Motorhome (1973–1978)
Commercialisé par la division Truck & Coach de General Motors, le GMC Motorhome est le seul camping-car de Classe A entièrement produit par un grand constructeur automobile. Son architecture novatrice à traction avant (V8 Oldsmobile) éliminait l’arbre de transmission arrière, offrant un plancher parfaitement plat, un accès au sol très bas et une hauteur sous plafond de 1,93 mètre.
Proposé en longueurs de 23 et 26 pieds, le véhicule offrait une modularité exceptionnelle avec jusqu’à 11 agencements intérieurs au choix. L’équipement comprenait une cuisine intégrée (réfrigérateur Frigidaire, four, cuisinière), un cabinet de toilette avec douche et des banquettes convertibles en lits superposés ou lits doubles. GM proposait des thèmes de finition emblématiques des années 1970 (Palm Beach, Eleganza, Canyonlands), mariant boiseries travaillées, tissus aux tons vifs et moquettes moelleuses.
Toyota Chinook (1973–1978)
Fruit d’un partenariat industriel inédit conclu en 1973 entre Toyota Motor Sales USA et Chinook Motor Coach, le Toyota Chinook a inauguré la catégorie des « micro-camping-cars » en Amérique du Nord. Directement vendu et garanti par le réseau de concessionnaires Toyota, ce modèle reposait sur le robuste châssis-cabine de la camionnette légère Hilux.
Le véhicule se distinguait par sa cellule monobloc en fibre de verre moulée coiffée d’un toit relevable en toile, offrant une hauteur debout confortable une fois déployé tout en conservant une silhouette très compacte sur la route. L’aménagement intérieur maximisait l’espace avec une dînette modulaire convertible en lit double, un bloc-cuisine complet (réchaud, évier, réserve d’eau) et de nombreux rangements intelligents. Animé par le robuste moteur 4 cylindres 20R de 2,2 L, le Chinook offrait une fiabilité exemplaire et une consommation de carburant bien inférieure aux grands VR américains. Produit à plus de 15 000 exemplaires, il demeure une icône de l’aventure accessible.
Chevrolet Blazer Chalet / GMC Jimmy Casa Grande (1976–1977)
Présenté en 1976 par General Motors en partenariat avec Chinook Mobilodge, le Chevrolet Blazer Chalet (et son jumeau le GMC Jimmy Casa Grande) combinait de véritables aptitudes tout-terrain 4×4 avec le confort d’une cellule de camping. Basé sur le châssis robuste du VUS K5 Blazer, ce modèle se distinguait par une modification majeure réalisée en usine : la suppression de la cloison arrière pour offrir un passage direct entre le poste de conduite et l’espace de vie.
À l’intérieur, son toit relevable portait la hauteur sous plafond à plus de deux mètres. L’aménagement maximisait l’espace avec une kitchenette équipée d’un réchaud au propane, d’un évier en acier inoxydable et d’une glacière, accompagnés d’une dînette convertible en lit double. Équipé d’un moteur V8 de 5,7 L ou 6,6 L et d’une transmission intégrale, il n’a été produit qu’à environ 1 800 exemplaires.
Ford Econoline Cruising Van (1977–1978)
Lancé par Ford en 1977 pour capitaliser sur l’immense engouement américain pour la personnalisation de fourgons, l’Econoline Cruising Van offrait un aménagement récréatif directement issu des chaînes de montage de Détroit. Basé sur la troisième génération de l’Econoline E-150, ce modèle permettait d’acheter un véhicule de loisir au style « custom » livré d’origine avec la garantie du constructeur.
À l’extérieur, il se reconnaissait immédiatement à ses hublots circulaires latéraux et à ses bandes graphiques tricolores en dégradé appliquées en usine. L’habitacle, conçu pour le camping léger et les escapades du week-end, était entièrement tapissé d’une moquette épaisse du plancher au plafond. Il intégrait des sièges baquets capitonnés et pivotants à l’avant, ainsi qu’une banquette arrière repliable en lit. Animé par un moteur V8 Windsor de 5,0 L ou 5,8 L, il demeure l’un des exemples les plus originaux d’intégration de la sous-culture nomade des années 1970 par un grand manufacturier.
Volkswagen EuroVan Camper (1995–2003)
Spécifiquement développé pour le marché nord-américain, le Volkswagen EuroVan Camper (basé sur la plateforme T4) est le fruit d’un partenariat industriel direct entre Volkswagen of America et le célèbre fabricant américain Winnebago Industries. Volkswagen expédiait ses châssis à empattement long depuis l’Allemagne vers l’usine de Winnebago en Iowa, où les aménagements étaient installés selon les normes de la marque. Le véhicule était ensuite vendu, financé et garanti directement dans le réseau des concessionnaires VW.
L’aménagement intérieur exploitait le volume avec un toit relevable abritant un lit double supérieur, une banquette repliable en lit inférieur, des sièges avant pivotants et une cuisine complète (deux feux au gaz, évier, réfrigérateur). Animé par le moteur V6 ultra-compact VR6 de 2,8 L, il offrait une excellente tenue de route et une puissance bienvenue sur l’autoroute, surtout en comparaison aux modèles transformés par Westfalia qu’il remplaçait.
Mercedes-Benz Metris Getaway / Weekender (2020–2023)
Dévoilé en 2020 pour marquer le retour officiel de Mercedes-Benz sur le marché américain du van aménagé compact, le Metris Getaway (aussi appelé Weekender) a été développé dans le cadre du programme officiel MasterSolutions de la marque. Conçu en partenariat avec Driverge Vehicle Innovations et Peace Vans, ce véhicule était directement vendu, financé et garanti dans le réseau des concessionnaires Mercedes-Benz en Amérique du Nord.
Bâti sur la plateforme du fourgon intermédiaire Metris et animé par un moteur 2,0 L turbo de 208 ch, il combine la manœuvrabilité d’un monospace urbain avec un aménagement récréatif moderne. Son toit relevable abrite un lit double avec sommier à ressorts et prises USB, tandis que sa banquette arrière coulissante se transforme en un second couchage pour accueillir quatre personnes au total. Avec ses sièges avant pivotants à 180°, sa batterie auxiliaire de série et ses options d’auvent latéral ou de bloc cuisine arrière, il représentait la vision contemporaine et haut de gamme du van d’aventure.





































