
Il est incroyable de penser que la Honda Accord a déjà 50 ans. Le temps où elle dominait les ventes de berlines en Amérique du Nord ne semble pourtant pas si lointain. Lancée en 1976, la voiture de Honda a traversé cinq décennies sans jamais dévier de sa mission : offrir du confort et de la fiabilité, le tout à un prix accessible, quoique, dans la réalité d’aujourd’hui, la notion d’accessibilité n’ait plus rien à voir avec ce qu’elle était. Toujours est-il que pour ses 50 ans, elle méritait bien le petit hommage que nous avons décidé de lui rendre.
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Les ventes de la Honda Accord sont sur le point d’atteindre les 15 millions d’exemplaires.
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Plus de 13 millions d’Accord ont été assemblées aux États-Unis depuis 1982.
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L’Accord est la voiture la plus vendue en Amérique depuis 50 ans.
Première génération (1976–1981) : la surprise
Honda n’a pas inventé la berline compacte, mais elle a redéfini ce qu’elle pouvait être, avec une sauce typiquement japonaise. La première Honda Accord, lancée en 1976 comme voiture à hayon (trois portes), se distinguait avec un bon niveau de finition, une consommation frugale et une fiabilité inédite pour l’époque.

Ce qui a aidé le modèle, c’est qu’en même temps, les Trois Grands de Détroit devaient composer avec les effets de la crise pétrolière. La petite voiture nippone arrivait au bon moment, avec les bons arguments.
La berline a suivi en 1979 pour ne plus jamais quitter la gamme.
Deuxième génération (1982–1985) : le public la découvre
Avec la deuxième génération, le modèle a gagné en maturité. Et c’est là que le public a commencé à la découvrir. Dotée de lignes plus carrées et plus affirmées, la Honda Accord voit son habitacle se raffiner. Mécaniquement, Honda introduisait l’injection de carburant sur certaines versions, un choix technologique audacieux pour l’époque.

La berline s’impose comme la référence de la gamme. L’Accord commence à séduire une clientèle plus large, ceux qui veulent mieux qu’une voiture compacte sans se tourner vers les segments de luxe trouvent leur compte avec le modèle.
Troisième génération (1986–1989) : la confirmation
Avec cette génération, Honda frappe un grand coup : l’Accord devient une vraie concurrente aux meilleures berlines nord-américaines. Plus longue, mieux équipée, elle se décline en trois styles : berline, hayon et coupé. C’est aussi la génération qui propose, pour la première et la seule fois, des phares escamotables. Le moteur 4-cylindres passe de 1,8 litre à 2,0 litres, avec plus de puissance et, surtout, davantage de raffinement.

L’Accord 1986 devient rapidement l’une des voitures les plus vendues aux États-Unis. Franchement, la voiture impressionnait tous ceux qui prenaient le temps de la découvrir et, au volant, elle offrait quelque chose de très solide.
Le millionième exemplaire est construit en 1988 : une étape charnière.
Quatrième génération (1990–1993) : la consécration
Avec une troisième cuvée solide, les attentes étaient élevées pour le modèle de quatrième génération. Les amateurs n’ont pas été déçus. Le modèle retrouve des phares traditionnels et voit ses lignes légèrement arrondies. L’empattement est également allongé, mais le format général demeure compact, même si on parlait d’une berline intermédiaire à l’époque. Une version familiale est ajoutée à la dotation nord-américaine, une perle aujourd’hui, surtout en configuration EX-R avec boîte de vitesses manuelle.

L’Accord 1990 remporte le prix de la Voiture de l’année au Canada et termine le mois de décembre avec le titre de la voiture la plus vendue en Amérique du Nord. C’était avant l’invasion des VUS. Et que dire de la fiabilité ? Cette voiture était increvable.
Cinquième génération (1994–1997) : le petit train va loin
La Honda Accord poursuit sur sa lancée lors de son renouvellement, elle qui devient une véritable icône nord-américaine. La cinquième génération reprend le titre de voiture la plus vendue aux États-Unis en 1997, détrônant la Toyota Camry et les modèles américains. Sa popularité s’explique facilement : elle fait tout bien. La mécanique est réputée indestructible. La qualité de finition est exemplaire. Et la valeur de revente est de plus en plus élevée, ce qui renforce l’attrait du modèle.

La première Honda Accord à moteur V6 est proposée en 1995.
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Pour plusieurs, cette génération reste la référence absolue. Esthétiquement, elle n’a cependant pas le panache des deux anciennes cuvées. Elle est en fait plus invisible.
Sixième génération (1998–2002) : une plus grosse voiture
Honda repense en profondeur son modèle pour la sixième génération. Il gagne considérablement en dimensions, avec une carrosserie plus longue et plus large qui se rapproche des formats intermédiaires que l’on connaît. L’habitacle est plus luxueux, l’insonorisation est améliorée et, pour la première fois, le moteur V6 de 3,0 litres est offert en Amérique du Nord (en remplacement du 2,7 litres). Cela ajoute une dimension sportive à sa conduite.

Au menu, on peut toujours compter sur la berline, le coupé et la familiale. Et il va sans dire que la fiabilité est toujours impeccable.
Septième génération (2003–2007) : efficace, mais effacée
La septième génération retrouve un style un peu plus vif, avec une calandre imposante et reconnaissable, mais dans l’ensemble, ça demeure un peu timide. À l’intérieur, cependant, on sent un produit qui arrive à point avec une présentation de plus en plus soignée et une qualité d’assemblage qui trouve de moins en moins de critiques.

Sous le capot, le 4-cylindres de 2,4 litres i-VTEC livre davantage de puissance tout en restant souple et fiable. Le V6 est reconduit. La berline et le coupé demeurent au menu, mais la familiale disparaît du marché nord-américain. Notez que pour 2006 et 2007, une mise à niveau stylistique venait modifier le modèle de façon importante, surtout à l’arrière.
L’Accord a changé. On ne la choisit peut-être plus par passion, mais par raison. Les ventes atteignent les 10 millions en 2004.
Huitième génération (2008–2012) : confiance en soi
Pour son huitième tour de piste, la Honda Accord change considérablement de poil sur le plan esthétique et elle retrouve une allure franchement affirmée. Honda repousse les limites de ce qu’une berline intermédiaire peut offrir. Le châssis est entièrement repensé. Les motorisations et les boîtes de vitesses gagnent en raffinement et la conduite du modèle est plus solide que jamais.

À l’intérieur, la planche de bord est ornée de boutons, ce qui la rend très conviviale. Honda vise clairement ceux qui savent ce qu’ils veulent et refusent de se contenter de quelque chose d’ordinaire.
Neuvième génération (2013–2017) : la dernière vraie ?
La neuvième génération ne fait pas l’unanimité, mais l’auteur de ces lignes considère qu’il s’agit de l’une des meilleures. Oui, l’électronique commençait à prendre de la place, notamment avec la direction, mais pour ceux qui recherchent un modèle assez conventionnel en matière de conception, cette cuvée livre la marchandise.

Et au menu, on retrouvait de tout, soit la berline, le coupé, un 4-cylindres, un V6, ainsi qu’une boîte automatique à six rapports ou une transmission manuelle à six vitesses.
Dixième génération (2018–2022) : une voiture de son temps
Honda frappe fort avec la dixième génération. Le design est audacieux, avec un profil de coupé appliqué à la berline et une signature lumineuse très reconnaissable. Le moteur 4-cylindres turbo de 1,5 litre devient la mécanique de base, le 4-cylindres turbo de 2,0 litres remplace le V6 avec les versions sportives. La version hybride devient très intéressante avec des prix du pétrole toujours élevés.

À l’intérieur, la technologie fait un bond : un grand écran tactile pour le système multimédia, les applications Apple CarPlay et Android Auto, tout le nécessaire pour le chargement, bref, la voiture est de son temps. La dixième génération de l’Accord reste l’une des références incontestées de son segment, face à son éternelle rivale, la Toyota Camry.
Onzième génération (2023 — présent) : accepter un nouveau rôle
Les consommateurs n’en ont que pour les VUS, ce qui complique la survie des berlines. Dans ce contexte, le rôle de la Honda Accord a évolué au fil des années. Avec cette onzième génération, on a une fois de plus redéfini les priorités.

Pour la première fois, la motorisation hybride devient la proposition centrale de la gamme, et non plus un simple complément. Le design s’est légèrement assagi, avec des lignes plus épurées et une signature plus assumée.
À bord, le raffinement atteint des niveaux incroyables, si bien qu’on a l’impression de retrouver un véhicule de luxe.
Clairement, l’Accord est plus solide que jamais. Elle séduit moins d’acheteurs qu’auparavant, mais elle reste populaire. L’an dernier aux États-Unis, elle a été le 15e modèle le plus vendu.




































