
Êtes-vous de ceux qui trouvent que nous sommes trop surveillés ? Que nos faits et gestes sont trop épiés ? Si oui, la nouvelle qui suit ne va pas vous rassurer. Depuis le 7 juillet, tout véhicule neuf immatriculé sur le territoire de l’Union européenne (UE) doit être muni d’une caméra braquée sur le conducteur. L’objectif est de surveiller son niveau d’attention au volant, le tout dans le cadre d’un règlement qui vise carrément l’élimination des décès sur les routes du continent d’ici 2050.
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La mesure touche environ 15 millions de véhicules par année
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Un avertissement se déclenche après 3,5 secondes d’inattention à haute vitesse
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Bruxelles évalue à plus de 25 000 le nombre de vies qui pourraient être épargnées d’ici 2038
Une technologie qui vous garde à l’œil
Le système porte le nom d’Advanced Driver Distraction Warning (ADDW) et s’appuie sur des capteurs infrarouges capables de suivre la position de la tête et la direction du regard. Lorsque le conducteur détourne les yeux de la route trop longtemps, une alerte visuelle et sonore, accompagnée d’une vibration, se déclenche. La tolérance varie selon la vitesse ; 6 secondes entre 20 et 50 km/h, mais seulement 3,5 secondes au-delà de ce seuil.
La règle n’est pas nouvelle, puisqu’elle figure au règlement général sur la sécurité depuis 2019, mais elle ne visait jusqu’ici que les nouveaux modèles homologués. Elle s’applique désormais à tout véhicule qui prend la route pour la première fois.
Il est clair qu’une telle mesure va contribuer à sauver des vies. La distraction au volant est un fléau. Et ça vise aussi à combattre la fatigue au volant, qui, elle aussi, fait des victimes.
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Et la vie privée ?
Lorsqu’il est question de caméras de surveillance, où qu’elles soient, la question de la vie privée fait surface. Les autorités se veulent rassurantes, car officiellement, le système ne peut pas identifier qui conduit. Il analyse la géométrie du regard, pas les traits d’un visage. Les données doivent aussi rester à l’intérieur du véhicule, dans une boucle fermée.
Or, certains doutent que ce soit le cas en réalité. Un média belge a d’ailleurs rapporté que Volvo achemine des données de son système vers des serveurs infonuagiques externes, ce qui va à l’encontre du principe même de la boucle fermée.
Il est difficile de donner carte blanche à l’industrie et aux autorités pour l’utilisation future de telles données, surtout que l’industrie automobile n’a pas toujours fait bonne figure en matière de protection des renseignements personnels.
Ce qui est moins contesté, comme on l’a mentionné plus haut, c’est le constat de départ ; la distraction reste responsable d’une bonne part des accidents recensés en Europe.
Et, bien entendu, le coût de la technologie sera refilé aux acheteurs.
La grande question, c’est de savoir ce qu’il en sera pour notre marché. La rumeur veut que les États-Unis songent à emboîter le pas d’ici 2027, avec leur propre règle.
Notre impression est que ce n’est qu’une question de temps.


