
Le prix des véhicules neufs ne cesse de grimper et les acheteurs n’ont qu’une seule option pour suivre la parade : allonger la durée de leur prêt. Aux États-Unis, la proportion de financements de 84 mois ou plus vient d’atteindre un sommet historique, selon les données les plus récentes de la firme Edmunds.
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Un acheteur sur quatre étire son financement sur 84 mois ou plus aux États-Unis
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La mensualité moyenne est désormais de 787 $ US
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Au Canada, les prêts à long terme sont encore plus répandus
Des chiffres qui donnent le vertige
Au troisième trimestre de 2026, les prêts de 84 mois et plus ont représenté 25,5 % des transactions de véhicules neufs financés chez nos voisins du sud. C’était 23,9 % au trimestre précédent et 21,8 % un an plus tôt. La progression est rapide.
Les montants empruntés suivent la même courbe. La somme financée s’établit en moyenne à 44 664 $ US, pour une mensualité moyenne de 787 $ US. C’est 10 $ de plus qu’au trimestre précédent. Plus étonnant encore, 21,2 % des acheteurs acceptent désormais des paiements de 1000 $ US ou plus par mois. La conséquence, c’est que le montant moyen payé en intérêts sur la durée du prêt grimpe à près de 10 000 $ US (9938 $ US).
Et chez nous ? Le phénomène n’a rien de nouveau. Selon J.D. Power Canada, près de six prêts sur dix pour un véhicule neuf (59 %) s’étendaient déjà sur 84 mois ou plus en septembre 2023, la plus récente donnée publique disponible. Les Canadiens ont donc adopté le financement à long terme bien avant les Américains, et dans une plus large mesure.
C’est un peu normal, étant donné que le prix des véhicules est plus élevé au Canada.
États-Unis : le prix moyen d’un véhicule neuf dépasse maintenant les 53 000 $ US
S’adapter plutôt que reculer
Selon Jessica Caldwell, responsable des analyses chez Edmunds, la demande ne faiblit pas pour autant. Les consommateurs consacrent une part plus importante de leur budget à leur véhicule, allongent les termes et magasinent davantage leur financement pour que les chiffres tiennent la route.
On comprend le raisonnement et le choix des consommateurs. Une mensualité plus basse fait que le véhicule souhaité devient plus accessible. Le problème, c’est qu’après cinq ou six ans, la valeur dudit véhicule a fondu comme neige au soleil. Pendant ce temps, les paiements se poursuivent. Pire, le modèle n’est souvent plus garanti, ce qui fait qu’on doit payer des réparations, en plus des mensualités.
Certains acheteurs changent alors de véhicule et transfèrent leur dette (la fameuse balloune) sur leur nouveau modèle, ce qui les entraîne dans une spirale sans fin.
Le choix le plus sensé est d’y aller pour un modèle moins cher et plus petit, mais les véhicules abordables sont de plus en plus rares, tandis que les plus petits ne sont pas adaptés aux besoins de tout le monde.
Et si seulement le marché de l’occasion offrait du répit. Malheureusement, les prix restent très élevés de ce côté.
La solution ? Elle est difficile à envisager, car les prix des modèles ne cessent de grimper alors que les salaires ne suivent pas. Une récente étude montrait que les frais de réparation augmentaient deux fois plus vite que l’inflation. À ce rythme, le consommateur ne peut pas s’en sortir.
Chose certaine, si les prêts automobiles sont appelés à être de plus en plus longs, les constructeurs devront suivre en offrant des garanties adaptées à la durée des prêts.
Nous aurons l’occasion de revenir là-dessus.



















