Tarifs de 50 % : délai de trois jours en raison d’une entente possible

On a eu droit à un rebondissement de dernière minute dans le dossier commercial qui empoisonne les relations entre le Canada et les États-Unis depuis des mois. Alors que des tarifs de 50 % devaient entrer en vigueur sur une multitude de produits canadiens à minuit ce matin, l’administration Trump a plutôt choisi de reporter la mesure de trois jours, invoquant une entente préliminaire entre les deux pays.

  • Les tarifs devaient viser des produits comme l’équipement de hockey, la bière et le bois

  • Le premier ministre Mark Carney parle de progrès substantiels, mais pas d’une entente conclue

  • Le dollar canadien a bondi à la suite de l’annonce

Considérant l’imprévisibilité du locataire de la Maison-Blanche, on n’a d’autre choix que d’être prudent. Chose certaine, dans l’industrie automobile, on va pousser un soupir de soulagement, mais il faudra voir pour la suite.

Une annonce à la dernière minute

Le président américain a fait connaître sa décision moins de deux heures avant l’entrée en vigueur des droits de douane, affirmant sur les réseaux sociaux que le Canada et les États-Unis avaient conclu une entente, mais qu’il restait des points à finaliser.

Une proclamation de la Maison-Blanche a précisé que la suspension des tarifs faisait suite à un engagement du Canada à lever certaines mesures discriminatoires visant les voitures, les produits laitiers et l’alcool américains.

C’est le domaine automobile qui nous intéresse ici, bien sûr, mais si le dossier de la gestion de l’offre a été touché dans l’univers des produits laitiers, ça va ruer dans les brancards de ce côté-ci de la frontière.

Les tarifs de Donald Trump ont coûté 35 milliards USD à l’industrie automobile

Réaction canadienne

Du côté canadien, le discours est plus prudent. Mark Carney n’est pas allé jusqu’à confirmer qu’une entente en bonne et due forme avait été signée, précisant plutôt que d’importants progrès avaient été réalisés, tout en insistant sur la volonté du pays de bâtir une économie plus forte et plus autonome.

Concernant les enjeux les plus délicats, comme les tarifs sur l’automobile et sur le bois d’œuvre, on ne sait toujours rien.

Le contexte du bras de fer

Rappelons que ces tarifs avaient été annoncés à la fin du mois de juillet, en réponse aux mesures de rétorsion mises en place par le Canada l’an dernier.

Plusieurs provinces canadiennes, dont l’Ontario et le Québec, avaient d’ailleurs retiré les boissons alcoolisées américaines de leurs tablettes, ce qui avait privé les producteurs américains d’un marché d’exportation important.

De son côté, le Canada avait répliqué aux tarifs imposés sur l’automobile en instaurant ses propres contre-tarifs sur les véhicules construits aux États-Unis, tout en prévoyant un mécanisme de remboursement pour les entreprises qui assemblent également des véhicules en sol canadien, comme Honda.

Cela a entraîné le retrait de notre gamme de certains véhicules, comme le Mazda CX-50. Advenant une entente, voilà le genre de modèles qui reviendraient au catalogue canadien.

En somme, on a droit à un sursis de trois jours, mais sur fond d’optimisme, alors qu’une entente semble à portée de main. Reste à savoir quelle sera la nature de cette dernière et qui en sortira gagnant.

On surveille de près ce qui va toucher l’automobile.

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