La techno en 500 mots : les phares à DEL

Lorsqu’on fait l’analyse d’un modèle, c’est devenu pratiquement automatique, on mentionne que le véhicule est équipé de phares et de feux à DEL. Ça n’a pas toujours été ainsi. Il y a 15 ans, c’était l’exception. Jadis, on parlait simplement de phares halogènes, ou encore de phares au xénon. Mais qu’est-ce que cette technologie de phares à DEL ? Et d’abord, qu’est-ce que ça veut dire, DEL ? Examinons le tout ensemble.

  • Les phares halogènes ont représenté une évolution importante dans les années 60

  • Les phares au xénon, révolutionnaires, ont dominé la scène pendant 20 ans.

  • L’évolution des phares à DEL est la technologie DELO (diodes électroluminescentes organiques)

Les lettres DEL signifient simplement « diode électroluminescente ». En anglais, elles sont inversées (LED) pour signifier « Light-Emitting Diode ». Et qu’est-ce qu’une diode ?

Il s’agit d’un composant électronique qui ne laisse passer le courant qu’en un seul sens. Quand ce courant traverse certains matériaux semi-conducteurs, il provoque l’émission de lumière. Pas de filament, pas de gaz, moins de chaleur excessive : juste de l’électricité qui se transforme directement en photons. Un photon, c’est la plus petite unité de lumière possible. Si la lumière était une plage, un photon serait un grain de sable.

Voilà la définition d’une diode. Maintenant, comment en sommes-nous arrivés là ?

Les premiers phares

Tout commence à la fin du XIXe siècle avec les phares à acétylène, des lanternes alimentées par un gaz produit au contact du carbure de calcium et de l’eau. Elles projetaient une lumière jaune et vacillante, suffisante pour rouler au pas, mais pas bien plus. Dans les années 1910, l’arrivée des phares électriques à ampoule à incandescence change la donne : un filament de tungstène (un métal capable de résister à des températures extrêmes sans fondre, ce qui en fait le matériau idéal pour les filaments d’ampoules) chauffé par le courant produit de la lumière, de façon stable et contrôlable. Ce principe restera dominant pendant des décennies.

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Dans les années 1960, apparaissent les phares à iode, également appelés phares halogènes. Le filament de tungstène est conservé, mais une petite quantité de gaz halogènes (iode ou brome) est ajoutée à l’intérieur de l’ampoule. Ce gaz ralentit l’évaporation du filament et permet de le porter à une température plus élevée, produisant une lumière plus blanche et plus puissante. Les halogènes équiperont la majorité des véhicules jusqu’aux années 2000.

Le xénon

C’est en 1991 que la technologie HID (High Intensity Discharge), les phares au xénon, fait ses débuts sur la BMW de Série 7. Ici, il n’y a plus de filament. Plutôt, un arc électrique entre deux électrodes ionise un mélange de gaz, dont le xénon, pour produire une lumière intense et blanche, proche de la lumière du jour. Les phares au xénon sont nettement plus puissants que les halogènes, mais nécessitent un délai de démarrage et un système de correction d’assiette obligatoire, selon les juridictions.

Ils ont été révolutionnaires en proposant un éclairage extraordinairement plus puissant et plus sécuritaire.

Ironiquement, au moment où les phares au xénon commencent à se répandre, les lumières à DEL font leur première apparition commerciale en 2004 sur les feux de position de la berline A8 d’Audi. Le constructeur allemand les généralisera aux feux de croisement sur la R8 en 2008, une première mondiale. La technologie séduit rapidement l’industrie : une DEL consomme jusqu’à 75 % moins d’énergie (conditions idéales) qu’une ampoule halogène équivalente. Elle dure pratiquement toute la vie du véhicule et son allumage est instantané. Sa lumière peut reproduire fidèlement un éclairage naturel.

DELO

Si les lettres DEL apparaissent souvent dans nos descriptions de modèles, vous aurez peut-être aussi remarqué l’utilisation de l’acronyme DELO en certaines occasions. Souvent, l’expression anglaise « OLED » est malheureusement employée. La différence est simple : la lettre O signifie « organique ».

Contrairement aux DEL classiques, les diodes électroluminescentes organiques utilisent des couches de matériaux organiques (à base de carbone) qui émettent de la lumière sur toute leur surface. Le résultat concret ? Des unités ultraplates, homogènes, qui s’intègrent comme de véritables surfaces lumineuses dans la carrosserie. Audi et BMW ont été parmi les premiers à les utiliser en série, sur les TT RS et M4 GTS, respectivement, autour de 2016-2017.

Aujourd’hui, les DELO permettent aux designers de créer des signatures lumineuses animées, presque sculpturales. On le voit de plus en plus avec quantité de nouveaux modèles.

Et, au passage, on profite d’éclairages de plus en plus efficaces, mais parfois de plus en plus aveuglants pour les autres usagers de la route, comme nous vous l’avions rapporté dans un autre dossier.

Malgré tout, il faut parler d’une évolution spectaculaire au cours des 20 dernières années. Du carbure de calcium à la diode organique, on parle d’un siècle d’ingéniosité au service d’une idée simple : voir et être vu.

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