
Le Ford Capri éveille de la nostalgie chez de nombreux Européens, mais son histoire a aussi traversé l’Atlantique. Lors de son lancement en 1969, la Capri n’avait pas pour but de copier la Mustang. Ford Europe s’est plutôt inspiré de l’esprit de la Mustang pour l’adapter aux besoins européens.
Pour:
- Confort élevé et comportement routier posé, bien adapté aux longs trajets
- Tenue de route prévisible et sensation de stabilité à vitesse élevée
- Utilisation efficace de l’énergie compte tenu du gabarit
Contre:
- Le nom Capri crée des attentes que ce modèle ne comble pas tout à fait
- La recharge rapide en courant continu est plus lente que celle de certains concurrents.
- L’expérience de conduite privilégie la facilité d’utilisation plutôt que le plaisir
Des routes plus étroites, des coûts du carburant plus élevés, des assurances plus strictes et la recherche de véhicules stylés mais accessibles ont façonné ce qu’est devenue la Capri. Construite à partir de composantes de la Cortina, elle offrait de bonnes performances et
un design accrocheur. La gamme allait des versions de base à quatre cylindres jusqu’aux modèles haut de gamme comme la RS2600. À la fin de la production en 1986, près de 1,9 million de Capri avaient été vendues, ce qui lui a valu le surnom « la voiture que vous vous promettiez toujours », « the car you always promised yourself ».
Séduction en Amérique
Cette promesse s’est étendue au-delà de l’Europe. Au Canada et aux États-Unis, la Capri européenne a été commercialisée par les concessionnaires Lincoln-Mercury à partir de 1970. Pour les acheteurs nord-américains, elle représentait quelque chose de différent : un petit coupé au style européen, à une époque où les voitures locales devenaient de plus en plus grandes et lourdes. Même si ses ventes n’ont jamais égalé celles de l’Europe, la Capri s’est bâtie une clientèle fidèle, surtout chez les jeunes acheteurs séduits par son format, son équilibre et son caractère distinctif.

C’est pour cette raison que la Capri et la Mustang sont souvent associées, même si elles sont fondamentalement différentes. La Mustang misait sur la puissance et le gabarit, tandis que la Capri privilégiait l’agilité et l’efficience. Ce qu’elles partageaient
réellement, c’était une certaine accessibilité, et non un style ou un format commun.
Du Volkswagen sous la carrosserie
Le nouveau Ford Capri électrique ne cherche pas à faire revivre l’ancien coupé. Ford préfère retenir le nom Capri pour répondre aux réalités du marché européen actuel, où les multisegments compacts dominent et l’électrification est devenue la norme. Il ne s’agit pas d’un projet nostalgique, mais d’une approche pragmatique.

Pour rendre cette transition possible, Ford s’est associée à Volkswagen et a retenu la plateforme MEB, également utilisée par des modèles comme l’ID.4. Même si la base technique est partagée, Ford a donné au Capri ses propres réglages de direction, de suspension et d’accélération.
Ces différences se ressentent clairement sur la route. Comparativement à la majorité des véhicules électriques basés sur la plateforme MEB, le Capri se montre plus stable à haute vitesse et réagit de manière plus contrôlée. La direction est plus ferme que la moyenne du segment, ce qui inspire confiance, même si l’agilité n’est pas sa priorité. Pour un véhicule de ce format, la gestion du poids est efficace, particulièrement sur les routes rapides, où le comportement demeure calme et prévisible.

Nous avons mis à l’essai le Ford Capri Premium à propulsion, équipée d’un moteur électrique arrière développant 286 ch et 402 lb-pi de couple. L’accélération de 0 à 100 km/h s’effectue en 6,4 secondes, un résultat conforme aux attentes pour un véhicule électrique à propulsion de cette puissance. La batterie de 77 kWh utilisables permet une autonomie WLTP de 598 km, soit environ 470 à 480 km en conditions réelles ou selon les nomres EPA.
Dynamique sans sportivité
La livraison du couple à basse vitesse est immédiate, tout en demeurant facile à doser. En ville, la conduite du Capri est agréable, même lorsqu’il y a de la circulation. Sur les
routes secondaires, les dépassements s’effectuent sans difficulté, mais sans caractère sportif marqué. L’ensemble mécanique est calibré pour la douceur et l’efficience plutôt que pour la performance pure. Le Capri est compétent, mais non sportif.
Notre essai routier a totalisé 2 226 km, comprenant des autoroutes, des routes de montagne et des trajets quotidiens. La consommation moyenne s’est établie à 20,3 kWh/100 km. En conduite mixte, une autonomie réaliste d’environ 500 km est envisageable. À vitesse élevée soutenue, cette autonomie chute à près de 350 km, un résultat cohérent compte tenu du gabarit et de l’aérodynamique du véhicule.
Pour le confort sur route
Le confort de conduite constitue l’un des points forts du Capri. Les réglages de
suspension favorisent la souplesse, absorbant efficacement les imperfections sans
provoquer de flottement excessif. À vitesse d’autoroute, l’habitacle demeure silencieux,
avec un bon contrôle des bruits aérodynamiques. Le bruit de roulement devient plus
présent sur les chaussées rugueuses, une caractéristique fréquente chez les véhicules électriques dotés de grandes roues. Les modes de conduite apportent des changements subtils mais perceptibles. Le mode Éco adoucit la réponse à l’accélérateur, tandis que le mode Sport affine légèrement les commandes sans modifier profondément le caractère du véhicule.

Gestion énergétique
La récupération d’énergie au freinage est présente, mais modérée. Le système ne favorise pas la conduite à une seule pédale, préférant une sensation de freinage plus conventionnelle. Cette approche renforce le comportement prévisible et détendu du Capri, mais pourrait décevoir les conducteurs en quête d’une régénération plus prononcée.
La recharge rapide en courant continu atteint un maximum d’environ 123 kW. Elle est fonctionnelle, sans se démarquer dans le segment. La recharge de niveau 2 se révèle plus intéressante, grâce à la possibilité d’ajuster la puissance et d’intégrer efficacement une installation solaire. La recharge bidirectionnelle est également prise en charge avec l’équipement compatible.
Cabine conviviale
À bord, le Capri offre un habitacle moderne et pratique. L’espace est généreux, les matériaux correspondent bien au prix demandé et le système multimédia se montre
réactif. L’écran central inclinable peut sembler étrange au premier abord, mais il s’avère pratique au quotidien. Le confort sur longue distance est assuré par de bonnes aides à la conduite et une position de conduite bien conçue. Le principal bémol concerne l’emplacement peu intuitif des commandes des sièges massants et de la mémoire de siège, visiblement héritées de Volkswagen.

Lors de notre trajet entre Cologne et Graz, incluant la route alpine du Grossglockner, le Capri a démontré ses priorités. Il est demeuré stable lors des montées abruptes, prévisible dans les virages serrés et posé à vitesse élevée. La masse du véhicule se fait sentir lorsqu’on accélère le rythme, sans jamais donner l’impression de perdre le contrôle.
Prix et positionnement
Le Capri est offert à partir de 42 400 €. Le modèle Premium à propulsion que nous avons essayé coûtait 59 350 €, tandis que les versions à traction intégrale commencent à 59 400 €. Le Capri se place donc au-dessus de plusieurs concurrents. Le Ford Explorer EV, plus grand et spacieux, débute à 39 000 €, tandis que ses versions à traction intégrale bien équipées commencent à 56 900 €.

Le Capri arrive sur un marché où le Volkswagen ID.4, basé sur la même plateforme, enregistre de bonnes ventes en Europe. À l’inverse, l’Explorer EV de Ford n’a pas encore obtenu la même traction. Le Capri se positionne donc comme une option plus spécialisée, axée sur le style.
Réinterprétation réussie, sans révolution
Le Ford Capri électrique à propulsion se présente avant tout comme un multisegment électrique abouti et compétent. Il est facile à conduire, confortable sur de longues distances et bien adapté à un usage quotidien. La direction, le confort et le freinage sont calibrés pour la prévisibilité plutôt que pour l’excitation. Il remplit efficacement sa mission, sans chercher à raviver le caractère routier de la Capri d’origine.
Comme véhicule électrique moderne, l’utilitaire répond aux attentes. Toutefois, il s’agit ici davantage d’une réinterprétation qu’une révolution. Le résultat est un véhicule solide sur le plan pratique, même si l’écusson historique assume une part plus importante de la charge émotionnelle que l’expérience de conduite elle-même.









































