Il y a un adage qui dit qu’on n’arrête pas la technologie. Soit. Mais si la techno en question s’avère nuisible, quelle est la marche à suivre ? En revanche, si elle se révèle des plus utiles, pourquoi ne pas l’adopter rapidement ? Voilà le genre de question que nous sommes en droit de nous poser concernant ce qu’on appelle les caméras rétroviseurs. Légaux dans certains endroits à travers la planète, interdits ailleurs, ils ne font pas encore consensus, mais pourquoi ?
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Les caméras-rétroviseurs sont permises depuis 2016 au Japon
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La Lexus ES a été le premier modèle de masse à proposer cette technologie.
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Leur utilisation n’est pas encore légalisée en Amérique du Nord.
Qu’est-ce qu’une caméra-rétroviseur ?
Contrairement à une simple caméra de recul ou de surveillance des angles morts, un système de caméra rétroviseur remplace entièrement les rétroviseurs extérieurs latéraux. Des caméras compactes, montées à la place des traditionnelles coques, captent en temps réel ce qui se passe de chaque côté du véhicule et projettent ces images sur deux petits écrans intérieurs situés aux extrémités de la planche de bord.
L’idée est aussi simple qu’ambitieuse : supprimer les appendices qui dépassent de chaque côté de la carrosserie pour y substituer un œil électronique.
Sur le plan du design, l’impact est immédiat. La silhouette d’un véhicule sans rétroviseurs est plus fluide, plus aérodynamique. Elle frappe l’œil. Vous l’avez déjà aperçu sur quantité de concepts que l’on peut admirer dans les salons automobiles.
Avec l’Audi e-tron, le système Virtual Mirror a permis d’obtenir environ 5% d’autonomie supplémentaire, selon le cycle d’homologation européen. Une question d’aérodynamisme, vous l’aurez compris. Ça améliore aussi l’économie en carburant des modèles à essence. En prime, les caméras réduisent les angles morts en diffusant une image plus large, offrent une meilleure visibilité lorsqu’il pleut et ne causent pas d’éblouissement pour le conducteur. De plus, elles peuvent s’adapter à l’environnement, par exemple en ajustant le type d’angle diffusé en fonction du fait de circuler en ville ou sur l’autoroute.
Une technologie relativement récente
On a vu apparaître les caméras rétroviseurs sur des concepts comme le Volkswagen XL1 en 2009, bien avant que les réglementations ne bougent sur la question. Cela dit, les constructeurs se penchent sur cette technologie depuis les années 80. C’est finalement en 2016 que le Japon a légalisé l’utilisation de cette technologie. En octobre 2018, la Lexus ES devient la première voiture de grande série au monde à en être dotée. Ça s’est passé au Japon.
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Qui dit oui, qui dit non ?
Depuis, l’Union européenne et la Corée du Sud ont suivi. L’Audi e-tron et la Honda e l’ont proposée sur le Vieux-Continent. Aux États-Unis, on est encore à l’étape des tests. La NHTSA (National Highway Traffic Safety Administration), l’équivalent de Transport Canada, continue d’étudier la question, mais la réglementation fédérale tarde à s’adapter en raison de la lourdeur administrative. Au Canada, même situation ; les rétroviseurs traditionnels restent obligatoires.
Ce qui bloque vraiment
Ce qui empêche cette technologie d’apparaître sur nos véhicules n’est pas tant lié à un problème d’ordre technique. Il est réglementaire et culturel. Les homologations sont lentes et les habitudes des conducteurs sont difficiles à changer.
Parallèlement, des inquiétudes subsistent et sont légitimes. Par exemple, à certains endroits, un délai peut survenir entre ce que l’image capte et ce qu’elle diffuse ; cela peut prêter à confusion. Et si le système connaît une panne ? Un rétroviseur, à moins de subir un coup, ne se brise pas. Un écran qui devient noir et sur lequel on se fie, ça surprend et peut créer de la confusion. Voilà un élément qui inquiète autant les régulateurs que les conducteurs. Et n’oublions pas la neige, qui peut obstruer la lentille.
Conclusion
Il faut l’avouer, il y a quelque chose d’étrange à fixer un écran là où l’on a l’habitude de regarder un rétroviseur. Les experts estiment que la technologie finira par s’imposer, et ce, rapidement. La réponse des consommateurs laisse croire le contraire, car ces derniers préfèrent les rétroviseurs traditionnels, plus naturels à consulter que des écrans.
La technologie semble fin prête. Le sommes-nous ? La souhaitons-nous ?













