
Après avoir attendu près de 25 ans pour un nouveau VW Microbus, l’ID. Buzz débarque avec un charme fou… et des faiblesses.
-
Un design épatant et des airs rétro qui attirent les regards partout où il passe.
-
Confort, espace et fonctionnalité livrent une belle expérience de minifourgonnette, si on oublie les défauts.
-
À 90 000 $ tel qu’essayé, il déçoit en autonomie, en efficacité et en raffinement pour un VÉ.
J’attends cette fourgonnette depuis plus de vingt ans. Depuis que Volkswagen a dévoilé le premier concept de Microbus en 2001, puis surtout le concept Buzz à Detroit en 2017, je rêve de la conduire. Et la voilà enfin : le Volkswagen ID. Buzz 2025. Cette fourgonnette électrique rétro-futuriste que j’avais si hâte d’essayer… et pourtant, je suis mi-figue, mi-raisin comme on dit.
Soyons clairs : je l’adore. Mais en même temps… je la déteste un peu.

Un look qui fait tourner les têtes — littéralement
Le design ? C’est un coup de circuit. Je n’ai pas conduit un véhicule qui attire autant l’attention depuis très longtemps. Les gens klaxonnent, saluent, lèvent le pouce, posent des questions dans le trafic. La peinture bicolore bleue Cabana (une option à 1 500 $ indispensable) attire tous les regards et les sourires. L’ID. Buzz a parfaitement capté la vibe nostalgique, et VW mérite des félicitations pour ça.
Mais ce charme s’atténue dès qu’on regarde l’étiquette de prix. Le modèle de base commence à environ 81 000 $. Ce modèle à transmission intégrale avec peinture bicolore, toit vitré (2 000 $) et toutes les options ? Près de 90 000 $. C’est 15 000 $ de plus que mon propre Kia EV9, qui offre plus de puissance, d’autonomie, d’équipement et de raffinement. Oui, le Buzz est plus cool. Mais ce prix casse l’ambiance.

Une fourgonnette cool, mais un VÉ moyen
Derrière le volant, le Buzz est excentrique et amusant. La visibilité est exceptionnelle. On se croirait dans une serre et l’espace de rangement est abondant. Les sièges avant sont à réglage électrique, chauffants, ventilés, et même massants (ce n’était pas nécessaire, mais bon). Mais dès qu’on touche aux portières… plastiques cheaps à profusion. Même dans une Jetta d’entrée de gamme, je ne tolérerais pas ça, encore moins dans un VÉ à six chiffres.
Et même si le confort de roulement est bon grâce à la suspension arrière multibras, et que la tenue de route allemande est bien calibrée, l’insonorisation est désastreuse. À 55 km/h, les bruits de vent et de pneus sont intrusifs si Spotify ne joue pas « Golden » du groupe KPop Demon Hunters. Sur l’autoroute ? C’est pire. On dirait un prototype incomplet, comme si VW avait oublié l’isolation sonore. Comparé à notre trio d’essais récents de VUS électriques, le Buzz est… bruyant.

Pratique, avec réserves
En tant que minifourgonnette, l’ID. Buzz s’en tire plutôt bien. Les portières coulissantes et le hayon motorisés sont excellents, et les sièges capitaines de deuxième rangée (de série avec la traction intégrale) facilitent l’accès à la troisième rangée. Le Buzz Box, une console centrale amovible, ajoute une touche de praticité. L’espace à la troisième rangée est vraiment utilisable par des adultes puisque jambes et tête y trouvent leur compte.
Mais les sièges de troisième rangée ne peuvent pas se replier dans le plancher à cause de la batterie et du moteur arrière. Il faut les enlever complètement pour maximiser l’espace. Pas idéal. Derrière ces sièges, il n’y a que 527 litres de coffre, ce qui est moyen. Mon adorée Toyota Sienna offre plus de 900 litres avec tous les sièges en place. Derrière la deuxième rangée ? Un généreux 2 138 litres, mais encore une fois, il faut retirer la troisième rangée.
Le toit panoramique en verre est cool, passant d’opaque à clair d’un simple geste sur l’écran. Les enfants vont adorer. Les adultes risquent de se demander si ça valait vraiment les 2 000 $.

Infodivertissement et commandes
L’écran tactile de 12,9 pouces est correct et familier si vous avez conduit un produit VW récent. Les menus sont assez intuitifs, et on peut personnaliser les favoris. Mais les commandes haptiques ? C’est une catastrophe. Les curseurs de volume et de température sont imprécis, les boutons du volant sont tout aussi frustrants. Heureusement, VW a admis son erreur. Des modifications ont déjà été apportées sur la GTI, et elles devraient se généraliser. Je ne parlerai même pas des commandes de vitres, voilà un autre désastre.
Cela dit, j’apprécie les boutons physiques pour désactiver les commandes des portes coulissantes. Les parents comprendront pourquoi c’est essentiel.

Autonomie et efficacité : gros problèmes
Parlons puissance. L’ID. Buzz de base propose un moteur arrière de 282 ch. Le modèle d’essai 4MOTION intégral passe à 335 ch, et atteint 100 km/h en 6,4 secondes, ce qui est respectable. La batterie de 91 kWh (brut) accepte une recharge rapide DC jusqu’à 200 kW. C’est bien.
Mais c’est ici que la fête se termine. L’autonomie officielle pour le modèle intégral est de 372 km. En réalité ? Je suis parti avec 100 % de charge et une estimation de 450 km, mais la consommation s’est maintenue autour de 25–26 kWh/100 km, et ce en conduite urbaine. C’est élevé. À ce rythme, l’autonomie réelle tombe sous les 350 km, et encore moins sur l’autoroute. Et n’en parlons pas en plein hiver.
Au Canada, l’intégrale n’est pas une option, c’est essentiel. Ce qui rend l’autonomie réduite encore plus difficile à avaler. Et l’efficacité énergétique ? Elle n’est tout simplement pas compétitive, surtout à ce prix.

Conclusion
Alors, c’est quoi l’ID. Buzz ? C’est une fourgonnette rétro électrisante, très chère, qui donne le sourire… jusqu’à ce qu’on essaie de justifier son achat. Pas assez raffinée. Pas assez efficace. Pas assez pratique pour 90 000 $.
Mais je la veux quand même. Au final, je ne l’achèterais pas. Je ne l’ai pas fait. Mis à part le style, la seule chose que le Buzz fait mieux que mon Kia, ce sont les portes coulissantes.
Peut-être que la version rafraîchie corrigera les bruits, les commandes et l’efficacité. Si VW règle ça et baisse un peu le prix, le Buzz pourrait enfin devenir le VÉ familial iconique et semi-abordable qu’il était censé être. Ce que j’aimerais voir, c’est un Buzz 4MOTION dépouillé avec portes motorisées, CarPlay, sièges chauffants et volant chauffant pour moins de 65 000 $. Mais ça, ça n’arrivera pas.
D’ici là, c’est une œuvre d’art roulante qui parle au cœur, pas à la tête.


