Essai routier de la MINI Cabriolet 2022 : l’anticonformiste

MINI Cabriolet 2022


  • La MINI Cabriolet 2022 se détaille à partir de 31 090 $ avant les frais de transport et de préparation.

  • Agrément de conduite indéniable, capote facile à utiliser, design unique.

  • Visibilité arrière difficile, essence super exigée, caractéristiques de sécurité peu nombreuses.


Pas besoin d’être un fin observateur pour réaliser que nos routes sont désormais bourrées de VUS et de camionnettes, au grand détriment des petites voitures qui sont de moins en moins populaires. Et lorsque l’on compte le nombre de voitures décapotables dans le trafic, on a rarement besoin de nos 10 doigts. Heureusement, on a encore la MINI Cabriolet 2022.

Roulez le toit baissé l’été, c’est une expérience peu commune, libératrice pour chasser les tracas du quotidien, pourvu que l’on puisse se payer une telle bagnole peu polyvalente et composer autant avec ses qualités qu’avec ses défauts.

La MINI Cabriolet 2022 n’a presque plus de concurrentes directes. On peut nommer la Mazda MX-5, et c’est à peu près tout. Les Volkswagen Beetle et Fiat 500c sont disparues depuis quelques années maintenant, et indirectement, il reste les Ford Mustang et Chevrolet Camaro proposant des toits décapotables à prix relativement abordable.

Ce qui caractérise surtout les voitures MINI, et même le multisegment MINI Countryman, c’est leur agrément de conduite quasi inégalée ainsi que leur personnalité enjouée, comme des chiens prêts à courir après une balle et nous la rapporter à répétition. Des bagnoles abordables qu’on ne se lasse pas de conduire, qu’on a envie de conduire, qu’on a hâte de conduire, il ne s’en fait plus comme des MINI.

MINI Cabriolet 2022

Symbole de notre résistance à prendre de l’âge, la MINI Cabriolet 2022 ne vieillit pas d’une ride au fil du temps, et son design ne semble jamais être prêt de sombrer dans la désuétude. Pour le millésime 2022, la marque a apporté des retouches à la partie avant, même si elles sont difficiles à discerner. La calandre a été révisée, et l’on a retiré les phares antibrouillard en faveur de prises d’air pour une apparence plus sportive. Le pare-chocs arrière et les élargisseurs d’ailes ont également été revus, mais encore une fois, les différences sont très subtiles. En revanche, la nouvelle peinture métallisée Zesty Yellow est tout sauf subtile.

La version Cooper de base est équipée d’un trois cylindres turbocompressé de 1,5 litre, produisant 134 chevaux et un couple de 162 livres-pied. On peut choisir entre une boîte manuelle à six rapports ou une automatique à sept rapports avec double embrayage, et dans les deux cas, le plaisir de conduite est au rendez-vous. Cette déclinaison ne déborde pas de puissance, mais le couple généreux se manifestant entre 1 480 et 4 100 tr/min compense largement. Et si les moteurs tricylindres sont reconnus pour leur manque d’équilibre et de raffinement, celui-ci n’est pas désagréable du tout au quotidien.

La Cooper S mise sur un quatre cylindres turbo de 2,0 litres, générant 189 chevaux et un couple de 207 livres-pied. Avec cette cylindrée, la MINI Cabriolet 2022 se montre très dégourdie, avec des performances passablement plus intéressantes, comme en fait foi son chrono 0-100 km/h de 7,2 secondes, selon le constructeur. Là aussi, boîtes manuelle et automatique figurent au menu.

Pas assez véloce, la Cooper S? On peut donc opter pour la version John Cooper Works, la plus sportive du lot, avec son moteur 2,0 litres turbo de 228 chevaux et 236 livres-pied. Si la boîte manuelle est disponible dans la MINI John Cooper Works 3 Portes, ou une automatique conventionnelle à huit rapports, cette dernière est la seule proposée dans le JCW Cabriolet. Qu’à cela ne tienne, elle effectue des changements de rapports rapides et permet un 0-100 km/h en 6,5 secondes.

Quant au comportement routier, résumons ainsi. Les voitures MINI figurent parmi les plus maniables, les plus agiles et les plus incisifs sur le marché, si l’on exclut les super bolides exotiques bien sûr. De plus, elles sont tout aussi agréables pour la conduite au quotidien, mais il faut avouer que la suspension de la version John Cooper Works est sèche, rendant les trajets un peu moins joyeux. Surtout sur nos belles routes abîmées du Québec.

De plus, la John Cooper Works ne nécessite pas un grand compromis au chapitre de la consommation, avec des cotes ville/route/mixte de 9,6 / 7,2 / 8,5 L/100 km. La Cooper S affiche des cotes de 8,8 / 6,5 / 7,8 L/100 km, alors que la Cooper de base, 8,2 / 6,2 / 7,3 L/100 km. Munies des boîtes manuelles, les moyennes augmentent de quelques dixièmes. Lors de notre essai de la JCW Cabriolet, notre consommation s’est élevée à 9,2 L/100 km, mais l’on doit avouer que notre conduite a été, disons, loin d’être relaxe alors que le caractère de la voiture nous incite à exploiter ses performances à fond la caisse. Ce qui est dommage, c’est que toutes les motorisations de la MINI Cabriolet 2022 carburent à l’essence super qui, au moment d’écrire ces lignes, s’approche dangereusement des 2 $ le litre. Ouf.

Quant au toit décapotable, il s’abaisse et se relève en une quinzaine de secondes au simple appui d’un commutateur. On peut aussi ouvrir partiellement la capote, comme un toit ouvrant, une fonction appréciable lorsque l’on veut profiter du soleil sans découvrir complètement la voiture. L’ordinateur de bord comprend un chronomètre calculant le temps passé sur la route avec le toit baissé, comme si l’on essayait de battre notre record de l’été précédent. Toutefois, le toit replié obstrue la vue vers l’arrière, et une fois remonté, on doit composer avec d’importants angles morts. Un système de surveillance desdits angles morts serait bien pratique, mais MINI n’en propose pas. Une grande lacune à notre avis.

L’habitacle se distingue également des autres voitures sur le marché, avec un design dynamique rehaussé de formes circulaires pour la planche centrale, les buses d’aération et les commandes. Le bloc d’instruments du conducteur est entièrement numérique, un y retrouve un éclairage d’ambiance avec un choix de couleurs, et un anneau lumineux autour de la planche de bord s’active lors des changements de mode de conduite ou lors des montées et descentes du régime-moteur.

C’est une petite voiture, alors il ne faut pas s’attendre à une quantité d’espace, surtout à l’arrière, ou l’on constate un manque cruel de dégagement pour les jambes. Le toit en place, l’habitacle est relativement sombre, ce qui n’aide certainement pas la sensation de confinement. Le coffre est tout aussi restreint avec un volume de 147 litres, alors que les dossiers arrière sont rabattables afin que l’on puisse transporter des objets plus longs. Mais pas trop longs. Une paire de raquettes peut-être.

Se détaillant à partir de 31 090 $ avant les frais de transport et de préparation, la MINI Cabriolet 2022 est plutôt abordable, mais il faut choisir l’ensemble Premier à 5 700 $ pour avoir droit à des sièges et un volant chauffants, un climatiseur automatique ainsi que l’avertissement précollision frontal et l’avertissement de sortie de voie. Le prix peut monter rapidement avec les options, et il y en a plusieurs. La Cooper S se vend à partir de 35 390 $ et la version John Cooper Works, 43 640 $. Notre JCW essayée incluait environ 12 000 $ d’options, faisant gonfler la facture à près de 60 000 $. À ce prix, c’est cher payé pour ce qui devrait être une petite voiture amusante et abordable.

Et ce, même si la MINI décapotable est devenue un type de voiture rare, une anticonformiste. De plus, des rumeurs avancent son retrait de la gamme en 2024 ou 2025, comme quoi les acheteurs ne seront pas assez nombreux pour justifier les coûts de développement d’une prochaine génération. Dommage.

Articles Récents

Autres articles

Laisser un commentaire

Veuillez ajouter votre commentaire
Veuillez entrer votre nom ici

Choix de consentement