Voyage dans le temps : le parcours peu ordinaire du Chevrolet Silverado depuis 1947

Chevrolet C-10 1967

La présentation du Chevrolet Silverado 2027 marque l’entrée en scène de la cinquième génération de ce modèle. Cependant, l’histoire du Silverado est plus riche que cela. Si le modèle nommé comme tel n’est apparu qu’en 1999, il importe de savoir que c’est en 1947 que Chevrolet a conçu sa première vraie camionnette, c’est-à-dire conçue comme telle et non pas adaptée d’une voiture. Ce sont donc 80 ans d’histoire qui seront célébrés à l’arrivée de la nouvelle mouture. Nous n’allions pas manquer l’occasion d’effectuer un petit voyage dans le temps, alors qu’on vient à peine de nous présenter le modèle 2027.

Voici, en 10 grandes étapes, comment ce modèle a évolué au fil du temps.

1 – Chevrolet Advance Design (1947–1955)

Après la Seconde Guerre mondiale, l’Amérique avait soif de renouveau. Chevrolet en profitait alors pour présenter, avec la série Advance Design, la première véritable camionnette moderne de la marque. Le design devenait une priorité, tout comme le confort et l’aspect utilitaire du modèle. Une cabine élargie, des vitres agrandies, un châssis capable d’en prendre et un moteur 6-cylindres en ligne de 216 pouces cubes posaient les bases d’un véhicule pensé pour le travail.

En 1954, la production dépassa le million d’unités, un record à l’époque. La série Advance Design est un succès et prouve qu’une camionnette peut être à la fois robuste et désirable.

2 – Chevrolet, série Task Force (1955–1959)

Notez le chevauchement de l’année 1955 entre les deux séries. Le modèle Task Force arrive en 1955, mais ses débuts un peu tardifs font que certains modèles 1955 portent toujours le design de la série précédente. Une belle question piège.

La série Task Force propose un style modernisé et radicalement différent. Les lignes, calquées sur celles des voitures de la gamme, séduisent ; les ventes suivent. Une approche bicolore sera adoptée pour la première fois et demeurera au menu pendant des décennies. Elle a tristement été abandonnée.

Sous le capot, l’arrivée du V8 de 265 pouces cubes en 1955 changeait la donne : les camionnettes gagnaient en capacité. La transmission automatique devenait accessible, ce qui facilitait la journée de travail des ouvriers.

3 – Chevrolet, série C/K — (1960–1966)

Autre changement d’importance en 1960 avec une nouvelle génération entièrement repensée. Plus large, plus bas et, surtout, plus spacieux et confortable, le modèle fait un autre grand pas en avant en matière de modernité. On va parler alors de la série C/K, et ce, pour les 30 prochaines années. La lettre C désignait les modèles à propulsion (ex. : C10) alors que le K renvoyait aux variantes 4×4, plus rares à l’époque.

Sur le plan technique, la grande nouveauté était la suspension avant indépendante des modèles C, une première dans ce segment. Il va sans dire que ça améliorait considérablement le confort. Le modèle était également capable de supporter des charges plus élevées.

4 – Chevrolet, série C/K — (1967–1972)

Si le modèle présenté en 1960 avait grandement impressionné, la réaction est encore plus spectaculaire avec la deuxième mouture de la série C/K. En fait, c’est ici que la légende prend vraiment forme. Considérée comme l’une des plus belles camionnettes jamais produites, elle a été proposée pendant six ans et est aujourd’hui très recherchée par les collectionneurs.

Mécaniquement, le bloc V8 de 396 pouces cubes était disponible, mais c’est avec le moteur V8 de 350 pouces cubes, introduit en 1969, que l’équilibre va se trouver. Les capacités de remorquage franchissaient de nouvelles barrières. L’intérieur, plus soigné qu’auparavant, visait pour la première fois à offrir une expérience réellement plus luxueuse à la clientèle. Les gens commencent, à cette époque, à vouloir une camionnette comme véhicule personnel, et non comme simple outil de travail.

5 – Chevrolet, série C/K — (1973–1987)

Le modèle lancé pour l’année 1973 va battre des records de longévité. Il sera bien sûr bonifié au fil du temps, mais son design est resté sensiblement le même. Ce modèle a traversé des périodes troublées, que ce soit les chocs pétroliers des années 1970, les changements de réglementation en matière d’émissions ou l’arrivée du moteur diesel dans la catégorie.

Le châssis avait été repensé pour offrir une meilleure rigidité, et la cabine allongée, plus pratique pour les équipes de travail, gagnait en popularité. Notez que c’est avec cette troisième série C/K qu’est apparu pour la première fois, en 1975, le nom Silverado, en tant que groupe d’équipement haut de gamme.

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On ne pouvait se douter, à l’époque, que ce nom deviendrait celui du modèle vingt-quatre ans plus tard.

6 – Chevrolet, série C/K — (1988–1998)

La quatrième génération de la série C/K est une autre belle évolution. Elle marque en fait l’arrivée à pleine maturité du modèle, avec un design plus aérodynamique, un confort nettement supérieur et un équipement plus généreux. Sous le capot, les moteurs V6 de 4,3 litres et V8 de 5,7 litres offraient un bon équilibre, selon les besoins de chacun.

L’injection électronique remplaçait le carburateur, une révolution silencieuse, mais fondamentale. C’est aussi au sein de cette génération que Chevrolet a introduit, en milieu de cycle, la cabine à portes-suicide, plus spacieuse. Tranquillement, ce modèle commence à intéresser les collectionneurs. Le défi, c’est de trouver un exemplaire en bon état. Cependant, en raison des volumes de vente élevés, il est clair que plusieurs belles versions sont toujours sur la route.

7 – Chevrolet Silverado — Première génération (1999–2006)

En 1999, Chevrolet renomme sa camionnette Silverado. Le nom entre pour de bon dans l’histoire. Cette première cuvée reposait également sur une nouvelle architecture. La cabine double avec quatre vraies portières devenait accessible, répondant à une demande croissante des consommateurs.

Les motorisations Vortec (V8 de 4,8, 5,3 et 6,0 litres) offraient une puissance jusqu’alors inégalée dans ce segment pour Chevrolet. Le Silverado prenait d’emblée la deuxième place des ventes au pays, derrière le Ford F-150.

8 – Chevrolet Silverado — Deuxième génération (2007–2013)

Sans surprise, on fait un autre grand pas en avant avec la mouture suivante. Elle gagnait en rigidité et son nouveau châssis améliorait la tenue de route lorsqu’elle était chargée. Les habitacles en offraient davantage, mais rappelons que nous n’étions pas au cœur de la meilleure période de l’histoire de Chevrolet, alors que le plastique bon marché dominait les présentations.

Le V8 de 5,3 litres devenait l’une des références de la catégorie grâce à son système de désactivation de cylindres. Rappelons que c’est à cette époque qu’est apparue la version hybride à deux modes, une idée intéressante, mais coûteuse et difficile à rentabiliser pour la plupart des acheteurs.

Le marché n’était pas aussi prêt à accepter l’hybridation dans l’univers des camionnettes pleine grandeur.

9 – Chevrolet Silverado — Troisième génération (2014–2018)

Plus grande, plus rigide, plus compétente. Voilà comment résumer la troisième génération du Silverado, qui repoussait toutes les limites. Une caisse en acier à haute résistance, un châssis renforcé pour une capacité de charge utile accrue, un nouveau V8 de 5,3 litres à injection directe et à gestion active des cylindres : Chevrolet offrait une camionnette vraiment attrayante. Trois boîtes de vitesses automatiques étaient également proposées selon les motorisations, offrant, au passage, un degré de raffinement inédit dans ce segment.

À bord, on avait enfin droit à quelque chose de plus intéressant, même si les références du segment restaient le Ford F-150 et le Ram 1500.

10 – Chevrolet Silverado — Quatrième génération (2019–2026)

La génération actuelle du Silverado, qui va nous quitter tranquillement l’année prochaine, a proposé un style controversé à l’avant, mais sur le plan des performances, la clientèle n’avait rien à redire.

L’arrivée d’un 6-cylindres turbodiesel de 3,0 litres et d’un 4-cylindres TurboMax de 2,7 litres en milieu de cycle est venue enrichir une offre qui ne manquait déjà pas d’originalité et de variété.

Le modèle est arrivé à un point où il n’a plus vraiment besoin d’en offrir plus sur le plan des compétences. Ce qui est à travailler, c’est le raffinement, le confort et surtout, la consommation. À ce titre, le fait qu’il n’ait pas été question d’hybridation avec la prochaine mouture est décevant, mais attendons : peut-être que Chevrolet nous réserve des surprises au lancement. Nous aurons aussi droit à deux nouveaux moteurs V8 de 5,7 et de 6,6 litres, des blocs qui seront assurément plus efficaces sur le plan énergétique.

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Le mot de la fin

De la série Advance Design au Silverado 2027, la camionnette de Chevrolet a traversé huit décennies en se réinventant constamment, sans jamais renier son ADN. Chaque génération a répondu aux besoins de son époque, qu’il s’agisse de puissance brute, de confort, de technologie ou d’efficacité.

Aujourd’hui, avec le Silverado 2027, Chevrolet entre dans une nouvelle ère. La guerre avec Ford est loin d’être terminée. Elle est même, à bien des égards, plus intense que jamais.

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