Après un hiatus de trois ans, Jeep réintroduit l’une de ses appellations les plus légendaires pour 2026 : le Cherokee. Cette fois, il est passé par l’école de la modernité avec une toute nouvelle approche, une motorisation hybride inédite et un look angulaire qui rend hommage à la deuxième génération lancée en 1984.
Pour :
- Rendement de la motorisation
- Aménagement de la planche de bord
- Consommation
Contre :
- Fiabilité à prouver
- Direction aseptisée
- Peu de distinction entre les versions
- Pas de version « hors route »
Un retour aux sources
D’un point de vue du design, le nouveau Jeep Cherokee 2026 est en rupture complète avec le modèle qui nous a quittés en 2024. On retrouve ici des airs de la deuxième génération lancée il y a 40 ans, en 1984, sans doute la plus marquante avec ses traits très angulaires et carrés.

Le look général demeure toutefois assez générique. La partie avant est bien travaillée, notamment avec la calandre positionnée haut et les « dents » dans la partie inférieure du pare-chocs. Les blocs optiques imposent une nouvelle signature lumineuse en U à DEL que l’on retrouvera aussi prochainement sur le Jeep électrique Recon. Sous les phares, j’apprécie particulièrement cette découpe en forme de larme qui sépare le pare-chocs de l’aile avant, donnant au VUS une allure plus robuste.
Plus bas, c’est une mer de plastique noir mat qui domine. L’ensemble du pare-chocs est recouvert de ce matériau. Je comprends l’argument de la durabilité et du style aventurier, mais l’ensemble manque de raffinement et de contraste. Pour obtenir les projecteurs antibrouillard, il faut nécessairement opter pour le modèle Laredo ou une version supérieure.
Personnalité effacée
De profil, le dessin est très conservateur, voire un peu fade, avec une absence de traits réellement distinctifs. Pour le moment, le Jeep Cherokee 2026 offre quatre niveaux d’équipement : Base, Laredo, Limited et Overland. Les trois premiers roulent sur des jantes de 18 pouces (Nexen Roadian GTX, 225/60R18), alors que l’Overland passe à des roues de 20 pouces (Pirelli Scorpion MS, 235/50R20).

À l’arrière, la forme des feux est, encore une fois, assez générique. Elle me rappelle celle de la Honda Civic à hayon de quatrième génération. Jeep tente une touche d’originalité dans la signature interne en imitant un « jerrican », mais l’effet demeure discret. Sur les huit couleurs offertes, seul le blanc est sans frais. Toutes les autres exigent un supplément de 495 $. Fait particulier : à aucun endroit sur le véhicule on ne mentionne qu’il s’agit d’une motorisation hybride.
Une cabine particulièrement invitante
Là où le Jeep Cherokee 2026 fait un bond de géant, c’est dans la présentation intérieure. L’impression de montée en gamme est évidente. Jeep assume davantage un positionnement plus luxueux.

Même dans la version Laredo, on obtient un recouvrement partiel du tableau de bord et des portières en cuir avec surpiqûres, ainsi que des appliques de tissu. Cela rehausse nettement l’ambiance.
Les versions Base et Laredo sont livrées avec des sièges en tissu, tandis que les versions supérieures adoptent un similicuir. L’acheteur peut choisir entre un habillage gris pâle et noir ou entièrement noir.
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Le tableau de bord est bas, favorisant une excellente visibilité et un sentiment d’espace. Toutefois, la base du pilier A est large et massive, créant un angle mort notable. La hauteur du pavillon assure une bonne fenestration et contribue à une visibilité globale satisfaisante.
En prenant le volant en main, on remarque sa forme presque carrée, assez particulière. De plus, le boudin est très épais, peut-être trop pour offrir une prise en main naturelle, surtout pour les conducteurs de plus petite taille. Heureusement, les commandes intégrées aux branches sont bien dimensionnées et faciles à utiliser.
À l’ère du numérique
Le volant permet de gérer l’instrumentation numérique de 10,25 pouces déjà connue dans d’autres modèles Jeep et Stellantis. La résolution graphique est excellente et l’interface est modulaire. Cela dit, l’ensemble manque un peu de vitalité.

Au centre, l’écran multimédia de 12,3 pouces est correct, mais la concurrence offre souvent des dimensions plus généreuses, comme le Toyota RAV4 (12,9 pouces) ou le Mazda CX-5 (15,6 pouces). Le système Uconnect 5 propose une interface graphique soignée. Toutefois, il est reconnu pour ses bogues occasionnels. Durant l’essai, c’est surtout sa lenteur qui m’a frappé.
Une console optimisée
La console centrale propose un grand espace de rangement à sa base. On retrouve un élégant bouton au-dessus de la molette de gestion de la transmission, puis, plus bas, le sélecteur des modes de conduite. L’ensemble est intégré dans une applique de plastique noir lustré. Sous le soleil, les reflets rendent toutefois difficile la lecture de la position de la transmission ou du mode sélectionné.
Les sièges offrent un confort tout à fait acceptable. Fait rare, la longueur de l’assise convient bien aux grandes tailles. Le soutien lombaire est adéquat. Il faut toutefois monter en gamme pour obtenir davantage de réglages, notamment pour le passager. Les sièges chauffants sont de série, mais il faut opter pour l’Overland pour bénéficier de sièges ventilés. Le volant chauffant est inclus dès le Laredo.

Tous les modèles reçoivent un système audio à six haut-parleurs, tandis que l’Overland en compte neuf. Le toit ouvrant panoramique est offert à 2 495 $ sur le Limited et de série sur l’Overland.
Bien pensé pour la famille
L’accès à la banquette arrière est excellent grâce à une grande portière et un angle d’ouverture généreux. C’est un avantage appréciable pour les familles avec sièges d’enfant ou adolescents.
L’espace arrière est impressionnant : dégagements généreux pour la tête, les épaules, les hanches et les jambes. L’équipement demeure toutefois limité, même dans les versions plus luxueuses.

Le coffre propose 934 litres avec les dossiers en place et 1 925 litres une fois rabattus, ce qui place le Jeep Cherokee 2026 dans la moyenne du segment des VUS compacts hybrides.
Mécanique hybride inédite
Sous le capot, Jeep introduit une toute nouvelle motorisation hybride pour le marché nord-américain, une première pour la marque. Elle provient du savoir-faire européen, notamment du côté de Peugeot/Citroën.

On retrouve un 4-cylindres turbocompressé de 1,6 litre développant 177 chevaux. Assisté par deux moteurs électriques intégrés à la transmission, la puissance combinée atteint 210 chevaux et 221 lb-pi de couple.
À titre comparatif, le Toyota RAV4 hybride développe 236 chevaux, tandis que le Honda CR-V hybride en propose 204.
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Je m’attendais à une mécanique rugueuse, mais elle s’est révélée raffinée et plus agréable à l’oreille que celle du RAV4. Les bruits sont bien contrôlés. L’hybridation élimine le creux initial typique des moteurs turbocompressés. La transition entre thermique et électrique est à peine perceptible. Les ingénieurs ont fait un excellent travail.
La grande question demeure la fiabilité. L’historique du constructeur m’incite à la prudence.
La transmission est une EVT (boîte automatique à variation continue électrifiée). Elle gère efficacement la motorisation et se fait oublier.
Côté consommation : 6,0 L/100 km en ville, 6,7 L/100 km sur route et 6,4 L/100 km combiné. Durant mon essai, j’ai obtenu exactement la moyenne annoncée. C’est compétitif, bien que légèrement supérieur à ce que j’avais obtenu avec le RAV4 Woodland (5,6 L/100 km).
Système « 4×4 » et capacités
Le Jeep Cherokee 2026 affiche fièrement son badge 4×4, mais il s’agit d’un système à rouage intégral permanent avec Select-Terrain. Les modes incluent Sable/Boue, Neige, Automatique et Sport.
Tous les modes maintiennent les quatre roues motrices, sauf le mode Auto, qui peut découpler le train arrière pour réduire la consommation. Ces modes influencent la gestion du contrôle de traction, la distribution du couple et la réactivité de l’accélérateur. Le mode Sport alourdit légèrement la direction.
La capacité de remorquage maximale atteint 1 588 kg (3 500 lb), un sommet dans le segment.

Et l’aventure ?
Malgré de bons angles d’approche et de départ, aucune version « hors route » n’est offerte pour le moment. On peut s’attendre à un éventuel retour du Trailhawk. La garde au sol est de 8 pouces, contre 8,7 pouces auparavant avec le Trailhawk.
Trop américain ?
L’agrément de conduite qui caractérisait autrefois le Cherokee a disparu. La direction est l’une des plus aseptisées que j’ai connues. Elle est extrêmement légère et démultipliée au centre.

Les suspensions privilégient le confort et la souplesse, ce qui convient à nos routes québécoises. Toutefois, si vous recherchez une tenue de route engageante, le Cherokee 2026 n’est pas le bon choix, surtout avec les pneus Nexen de 18 pouces orientés vers la faible résistance au roulement.
Les prix au Canada
Le Jeep Cherokee 2026 est offert en quatre versions :
Base : 42 390 $
Laredo : 47 390 $
Limited : 52 390 $
Overland : 56 390 $
Selon Jeep, le Laredo sera le plus populaire. C’est d’ailleurs celui que j’ai privilégié durant mon essai. Il offre un bon niveau d’équipement et répond bien aux besoins familiaux.
Conclusion
Cette nouvelle génération du Jeep Cherokee 2026 adopte un positionnement plus bourgeois que ses devancières. Le nom semble presque dénaturé compte tenu de ses aptitudes hors route historiques.
Nous avons désormais affaire à un VUS hybride conçu pour le volume, destiné aux urbains et aux banlieusards. Pour ce public, il répondra très bien aux attentes grâce à son confort, son aménagement intérieur réussi, sa faible consommation et son comportement routier sécurisant.
Reste la question de la fiabilité, un enjeu crucial pour Jeep. Sur ce point, le constructeur devra faire ses preuves.











































