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Le programme prévoyait initialement que 20 % de tous les véhicules neufs vendus au Canada soient des véhicules électriques en 2026.
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Après la fin des incitatifs fédéraux l’hiver dernier, la part de marché des véhicules électriques est passée de 18 % à moins de 9 % au pays.
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Le gouvernement a également lancé une étude de 60 jours afin d’améliorer la rentabilité du programme.
Après des mois de lobbying de la part de l’industrie automobile et face à la baisse de popularité des véhicules électriques, Ottawa a repoussé d’un an son objectif obligatoire de vente de véhicules électriques.
En effet, le gouvernement fédéral canadien aurait exigé que 20 % de tous les véhicules neufs vendus au pays l’année prochaine soient des véhicules électriques, mais ce ne sera pas le cas.
Cette obligation ne s’appliquera désormais qu’en 2027, mais d’autres changements sont possibles puisque le premier ministre Mark Carney a également annoncé une revue de 60 jours du programme afin de le rendre plus rentable.
Deux facteurs expliquent cette décision d’assouplir les objectifs de vente de véhicules électriques, tous deux liés à la décision du gouvernement d’annuler les mesures incitatives pour les véhicules électriques à la fin de l’année dernière.

La proportion de véhicules électriques vendus au pays ayant atteint 18 % en 2024, l’objectif de 20 % fixé pour 2026 semblait facilement atteignable.
Il semble toutefois que les incitatifs fédéraux aient joué un rôle déterminant dans les ventes de VÉ, leur popularité ayant chuté de façon spectaculaire au cours des premiers mois de 2025, après l’abandon du programme iZEV d’Ottawa.
En effet, de tous les véhicules neufs vendus à l’échelle nationale depuis le début de l’année, moins de 9 % sont électriques.
Face à cette forte baisse de la demande, les constructeurs automobiles ont fait pression sur le gouvernement pour qu’il révise ou abolisse ses mesures d’électrification, qu’ils jugent désormais irréalistes.
Le gouvernement s’est également engagé à rétablir les mesures incitatives pour les véhicules électrifiés, mais aucun échéancier n’a été fixé pour ce faire.
Le report et la révision de l’obligation actuelle sur les véhicules électriques constituent également une mesure de répit pour l’industrie automobile, durement touchée par les tarifs et contre-tarifs actuellement en vigueur entre le Canada et les États-Unis.
Ottawa annonce la fin de ses incitatifs pour les véhicules zéro-émissions
Pour rappel, le programme de décarbonisation des transports, instauré sous l’ancien premier ministre Justin Trudeau, comporte des objectifs exigeants que la part de marché des véhicules électriques atteigne 20 % en 2026 (désormais 2027), 60 % en 2030 et 100 % en 2035, rendant impossible la vente de nouveaux véhicules légers propulsés uniquement par un moteur à combustion d’ici seulement dix ans.
Des acteurs clés de l’industrie automobile canadienne, comme Brian Kingston, président de l’Association canadienne des constructeurs automobiles, ont salué l’annonce du report de l’objectif, mais continuent de réclamer l’abolition complète du programme, qui, selon eux, exerce une pression excessive sur l’industrie en raison d’une adoption plus lente que prévue des véhicules électriques par les consommateurs.
De son côté, Greenpeace Canada s’inquiète du fait que le gouvernement canadien cède à « l’attaque du président Trump contre les populations et la planète » en abaissant ses normes environnementales.
Source : CBC News


