Ottawa à Stellantis : « Assemblez un modèle à Brampton ou remboursez-nous »

Production de la Dodge Challenger 2023 à Brampton | Photo: Stellantis

L’avenir de l’usine d’assemblage de Brampton fait à nouveau les manchettes, et cette fois, c’est le gouvernement fédéral canadien qui hausse le ton. La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a averti Stellantis qu’Ottawa exigera le remboursement des sommes versées à l’entreprise si elle ne trouve pas un nouveau modèle à assembler dans cette usine ontarienne, laissée à l’abandon depuis 2023.

  • Stellantis a récemment signé une entente préliminaire pour vendre l’usine de Brampton à l’entrepreneur en défense Roshel

  • Ottawa et l’Ontario avaient chacun promis 529 millions de dollars en 2022 pour aider aux rénovations des usines de Brampton et de Windsor

  • Le syndicat Unifor, qui représente environ 9000 travailleurs canadiens chez Stellantis, a rompu les négociations le 11 septembre dernier

Un dossier qui traîne depuis 2025

Comme le rapporte Automotive News, le problème remonte à l’an dernier, alors que Stellantis avait décidé, dans la foulée des tarifs douaniers américains imposés aux voitures fabriquées au Canada, de transférer aux États-Unis la production du Jeep Compass, initialement prévue pour l’usine de Brampton. Cela mettait en péril plus de 2000 emplois directs, ainsi que des milliers d’autres chez les fournisseurs.

Devant l’impasse, Mélanie Joly a même menacé de poursuivre l’entreprise l’automne dernier pour non-respect des conditions de financement. Un processus de résolution de conflit est toujours en cours entre les deux parties. Jusqu’ici, les versements fédéraux à Stellantis totalisent 223 millions de dollars pour l’exercice 2024-2025.

L’usine d’assemblage de Brampton pourrait bientôt fabriquer des véhicules blindés

La position d’Unifor

L’annonce de la vente potentielle à Roshel n’a rien fait pour calmer le jeu. Stellantis soutient que cette transaction permettrait de préserver le rôle du site dans le secteur manufacturier canadien et d’éviter une période d’inactivité prolongée, mais l’entreprise refuse d’en dire plus à propos de ce dossier.

La présidente d’Unifor, Lana Payne, a écrit à la ministre Joly pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « scénario catastrophe » pour l’industrie automobile canadienne. Selon elle, il serait incompréhensible qu’un constructeur mondial puisse ainsi se soustraire à ses engagements envers l’usine, alors que d’autres options auraient pu être envisagées.

Le syndicat presse maintenant le gouvernement d’obtenir des résultats concrets du processus de résolution de conflit, plutôt que de voir Brampton devenir la propriété d’une entreprise qui n’opère pas dans le secteur automobile.

Tout cela en raison de cette guerre commerciale inutile lancée par l’administration américaine.

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