
L’analyste chevronné de l’industrie automobile canadienne Dennis DesRosiers affirme que les droits de douane pourraient augmenter les coûts et fragiliser la production automobile interconnectée en Amérique du Nord.
-
DesRosiers affirme que les droits de douane menacent sérieusement les gains d’efficacité découlant de décennies d’intégration de l’industrie automobile nord-américaine.
-
Le réseau canadien spécialisé de fournisseurs automobiles pourrait être perturbé alors que les droits de douane modifient les décisions d’approvisionnement établies.
-
La hausse des coûts de production pourrait toucher les constructeurs, les fournisseurs, les concessionnaires, les entreprises de réparation et les acheteurs de véhicules.
Les droits de douane américains sur les produits automobiles risquent de démanteler les gains d’efficacité développés au Canada, aux États-Unis et au Mexique depuis plus de six décennies, selon Dennis DesRosiers, analyste chevronné de l’industrie automobile canadienne.
DesRosiers, fondateur de DesRosiers Automotive Consultants Inc., a consacré plus de 50 ans à l’analyse de l’industrie automobile canadienne. Maintenant à la retraite, il demeure un observateur respecté de l’industrie, fort d’une vaste expérience dans l’étude des marchés automobiles, de la fabrication, du commerce et des forces économiques qui façonnent le secteur automobile nord-américain.
Dans une récente publication sur Facebook, DesRosiers soutient que le débat sur les droits de douane a négligé l’importance de l’avantage comparatif — le principe économique selon lequel les pays tirent profit d’une spécialisation dans les activités où ils possèdent des forces relatives et du commerce pour se procurer d’autres biens.
Tarifs douaniers de 50 % sur les autos canadiennes : Trump fixe l’échéance au 1er janvier 2027
Il présente l’industrie automobile comme un exemple concret, et peut-être même le meilleur. À partir du Pacte de l’automobile conclu entre le Canada et les États-Unis en 1965, puis avec l’ALENA et l’ACEUM, les constructeurs ont de plus en plus organisé la production de véhicules et de pièces de part et d’autre des frontières nationales.
Le Canada a développé d’importantes capacités dans des domaines comprenant l’outillage, la fabrication de moules et de matrices, les composants en aluminium, les pièces moulées, les pièces forgées et les plastiques, écrit DesRosiers. Le Mexique est devenu un important centre de production de composants exigeant une forte intensité de main-d’œuvre, tandis que les États-Unis fournissaient un immense marché de consommation ainsi que d’importantes capacités en recherche, en ingénierie et en technologie.
Ces spécialisations locales ont créé un système de production fortement interconnecté dans lequel les véhicules et les composants peuvent traverser les frontières au cours du processus de fabrication. Une analyse du gouvernement canadien a également décrit l’industrie automobile du pays comme étant fortement intégrée à celle des États-Unis.
DesRosiers soutient que les droits de douane nuisent à ce modèle en incitant les constructeurs à prendre leurs décisions d’approvisionnement et d’investissement en fonction des coûts liés au passage des frontières plutôt que de l’efficacité de la production.
Le transfert aux États-Unis d’activités manufacturières actuellement établies au Canada ou au Mexique nécessiterait également d’importantes dépenses en immobilisations et des années de planification, affirme-t-il. Les usines d’assemblage représentent des investissements de plusieurs milliards de dollars et prennent des années à construire, tandis que les capacités spécialisées des fournisseurs ne peuvent pas nécessairement être reproduites rapidement.
Les conséquences pourraient largement dépasser les activités d’assemblage.
DesRosiers s’attend à ce que la hausse des coûts de fabrication se traduise par des véhicules plus chers, ce qui pourrait réduire la demande et exercer des pressions sur l’emploi dans l’ensemble de la chaîne de valeur automobile, notamment dans la fabrication de pièces, l’outillage, la distribution, le financement, les concessionnaires et la réparation automobile.
Les données fédérales actuelles montrent que le secteur canadien de la fabrication automobile soutient plus de 125 000 emplois directs et a contribué à hauteur de 16,8 milliards de $ au PIB canadien en 2024. Ottawa continue de considérer les droits de douane américains sur les produits automobiles comme une menace majeure pour l’industrie.
L’argument central de DesRosiers est que le démantèlement de la spécialisation continentale ne ferait pas que déplacer les emplois du secteur automobile. Il pourrait rendre la production automobile nord-américaine moins efficace tout en offrant aux constructeurs et aux fournisseurs étrangers l’occasion de s’emparer d’une plus grande part du marché.
Source: Facebook


