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Le Subaru Ascent 2022 se détaille à partir de 39 170 $ incluant les frais de transport et de préparation.
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Spacieux, confortable, excellent rouage intégral pour l’hiver.
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Consommation réelle peu impressionnante, manque un peu de raffinement, style générique.
Parmi les véhicules utilitaires intermédiaires à trois rangées de sièges vendus au Canada, un seul se vend moins bien que le Subaru Ascent 2022 en ce moment. Depuis son lancement pour le millésime 2019, le plus gros modèle construit à ce jour par la marque japonaise tarde à se faire connaître, et ce n’est pas par manque de qualités.
Il n’est pas rare qu’un constructeur automobile, bien implanté dans un marché ou dans quelques segments précis, décide de s’attaquer à une nouvelle catégorie où il voit du potentiel. Ce n’est pas rare non plus que les résultats tardent à se concrétiser dans certains de ces cas, et il faudra du temps à l’Ascent pour se bâtir une réputation auprès des acheteurs de gros utilitaires. Après tout, Subaru est surtout reconnu pour ses modèles dotés d’un rouage intégral à prise constate, qui ne craignent pas l’hiver et qui sont généralement durables. Ces attributs peuvent très bien se coller à un véhicule familial plus gros comme, justement, l’Ascent.
Il faut dire que le segment des utilitaires à trois rangées est largement dominé par quelques modèles qui ont bâti une réputation au fil des ans, voire des décennies. Les plus populaires au Canada sont les Toyota Highlander et Ford Explorer, alors que le Volkswagen Atlas, le Hyundai Palisade et le Kia Telluride ont réussi à s’établir rapidement dans le segment, contrairement à l’Ascent. On retrouve aussi le Honda Pilot, le Dodge Durango, le Chevrolet Traverse et le Mazda CX-9. Le Nissan Pathfinder était bon dernier au palmarès des ventes durant l’année 2021, pourtant fraîchement redessiné.
Que manque-t-il au Subaru Ascent 2022 pour se démarquer et faire sa place dans ce groupe ? En gros, du raffinement.
Sous le capot, on a droit à un quatre cylindres turbocompressé de 2,4 litres, jumelé à une boîte automatique à variation continue. Cette motorisation produit 260 chevaux ainsi qu’un couple de 277 livres-pied entre 2 000 et 4 800 tr/min. Évidemment, le rouage intégral à prise constante figure de série dans toutes les déclinaisons.
Si la puissance ne manque pas, il s’agit d’une mécanique qui manque de nervosité, avec des reprises quelquefois laborieuses. Lorsque la famille est à bord, les performances ne sont évidemment pas une priorité, mais la concurrence fait mieux à ce chapitre. Surtout, la sonorité du moteur est loin d’être enivrante, et la configuration à cylindres horizontalement opposés, que l’on appelle aussi des moteurs « Boxer », n’en est typiquement pas une qui soit des plus douces.
Au démarrage à froid, l’Ascent tremble. Ce qui peut passer pour un trait de caractère dans une Subaru Impreza à 25 000 $, ou dans une Porsche 911 (les deux marques qui misent encore sur des moteurs Boxer), n’est pas aussi convaincant dans un véhicule utilitaire qui devrait plutôt briller par son absence de bruit, de vibration et d’à-coups, comme c’est le cas dans la plupart de ses rivaux.
Le Subaru Ascent 2022 affiche des cotes ville/route/mixte de 11,7/9,0/10,5 L/100 km et roule à l’essence régulière. Une consommation somme toute raisonnable sur papier, alors que parmi les gros utilitaires à moteurs turbo, on retrouve l’Explorer (10,3 L/100 km), le CX-9 (10,4 L/100 km) et l’Atlas (10,6 L/100 km). Le hic, c’est qu’en conduite réelle, l’Ascent consomme autant que ses concurrents à moteur V6 atmosphérique. Lors de notre essai composé d’un mélange d’autoroute et de ville, on n’a pu faire mieux que 12,4 L/100 km, ce qui n’est pas très écolo. Si au moins le compromis du manque de raffinement et de fougue permettait de profiter d’une consommation plus basse, ce n’est malheureusement pas le cas.
En revanche, l’Ascent se conduit aisément bien, avec sa direction très légère, son bon diamètre de braquage facilitant les manœuvres de stationnement, et évidemment, le sentiment de confiance apporté par sa transmission intégrale à prise constante, l’un des meilleurs systèmes pour l’hiver parmi les modèles de marques populaires. Avec un bon ensemble de pneus d’hiver, sans oublier une généreuse garde au sol de 221 millimètres, on n’est pas contraints de rester à la maison lors des tempêtes de neige.
De plus, la capacité de remorquage s’élève à 2 268 kilogrammes ou 5 000 livres lorsque la remorque est équipée de freins. Sauf la déclinaison de base, limitée à 908 kg ou 2 000 livres par l’absence d’un radiateur d’huile de la boîte automatique.
Le Subaru Ascent 2022 marque aussi des points pour son habitacle spacieux, figurant parmi les plus volumineux du segment, aux côtés du Pilot, de l’Explorer et de l’Atlas. On note un bon dégagement pour la tête et pour les jambes, alors que les occupants de la troisième rangée ne se sentiront pas confinés non plus, grâce à la largeur de l’assise. En optant pour des sièges capitaines à la deuxième rangée, disponibles dans quelques déclinaisons, la capacité passe de huit à sept passagers. On compte 19 porte-gobelets dans l’Ascent, sûrement un record mondial.
Quant à l’espace de chargement, il se retrouve dans la moyenne du segment avec un volume de 504 litres avec tous les sièges en place, à 1 345 litres avec la troisième rangée rabattue et jusqu’à 2 449 litres derrière la première rangée. Des dimensions similaires à celles de l’Explorer, du Palisade, du Telluride, du Durango et du Highlander, surpassé seulement par les Pilot et Atlas. En prime, on peut ranger le cache-bagages sous le plancher.
Côté finition de l’habitacle, elle n’est ni impressionnante ni décevante, ponctuée par quelques accents chromés et de surpiqûres contrastantes, avec des plaquages en similibois dans la version Premier au sommet de la gamme. L’édition Onyx, une nouveauté pour 2022, profite aussi de garnitures noires dotées d’une texture de fibre de carbone, rehaussant le look sportif dans un véhicule qui ne l’est pas vraiment. On obtient aussi une sellerie des sièges que Subaru qualifie de « toutes saisons », un matériel fait à la main qui semble plus mince que du similicuir. L’Ascent édition Onyx mise aussi sur des roues en alliage noires de 20 pouces ainsi que d’une calandre et de cadres de fenêtres noirs.
L’ensemble des commandes est ergonomique, avec des rhéostats pour régler le système de climatisation comme il se doit. Le système multimédia est facile à utiliser en conduisant, aidé par des boutons physiques sous l’écran tactile pour accéder aux fonctionnalités principales dudit système.
Le Subaru Ascent 2022 se détaille à partir de 39 170 $ incluant les frais de transport et de préparation. À 44 770 $, la version Tourisme voit son écran tactile passer de 6,5 à 8,0 pouces et ajoute les fonctionnalités Subaru Starlink, le volant chauffant, un hayon à commande électrique, le toit ouvrant panoramique et une gamme complète de dispositifs de sécurité avancés. Le système de navigation, la chaîne audio Harman Kardon à 14 haut-parleurs, la sellerie de cuir, les sièges avant ventilés et arrière chauffants ainsi que les roues de 20 pouces sont aussi disponibles, selon la version choisie entre Onyx (46 870 $), Limited (50 170 $) et Premier (53 670 $).
Spacieux et confortable, affichant un bon comportement routier et doté d’un excellent rouage intégral pour les hivers chez nous, le Subaru Ascent pourrait toutefois gagner en raffinement, surtout pour faire meilleure première impression lors du traditionnel essai routier de quelques minutes autour du concessionnaire. Un design extérieur moins générique aiderait probablement aussi. De plus, on aimerait une consommation réelle qui soit plus proche des cotes annoncées afin de mieux refléter le choix écolo d’équiper le véhicule d’un moteur à quatre cylindres. Autrement, l’Ascent fait le travail en tant que grand véhicule familial toutes saisons, et il ne lui faut que du temps pour s’établir dans son créneau, comme ses rivaux l’ont fait.

































