Le Lincoln Nautilus fabriqué en Chine : Ford souhaite une autorisation pour continuer à le vendre aux États-Unis

La guerre commerciale lancée par les États-Unis continue de compliquer la vie des constructeurs automobiles, et Ford n’y échappe pas. Parce que le VUS Nautilus de sa division Lincoln est construit en Chine, la compagnie doit maintenant obtenir une autorisation formelle du gouvernement américain pour continuer à vendre le Lincoln sur le marché américain. Le Nautilus, comme d’autres, est visé par les nouvelles règles américaines qui interdisent, à compter de l’année modèle 2027, la quasi-totalité des logiciels d’origine chinoise que l’on retrouve dans les véhicules connectés.

  • Ford a confirmé avoir déposé une demande d’autorisation auprès du département du Commerce des États-Unis.

  • Les importations américaines des Nautilus 2027 sont prévues pour janvier prochain.

  • Buick et Polestar font face à des situations similaires.

Une subtilité problématique

Ford a précisé à l’agence Reuters que le Nautilus utilise des logiciels développés aux États-Unis, mais que ceux-ci sont installés dans le véhicule en Chine. C’est précisément cette nuance qui place le modèle dans la ligne de mire de la réglementation, malgré l’origine américaine du code. Sans l’autorisation demandée, la commercialisation du VUS serait tout simplement compromise dès le prochain millésime.

Pour sa part, Volvo, qui possède également une participation chinoise importante via le groupe Geely, a obtenu son autorisation à la fin du mois de mai.

Le cas du Buick Envision

General Motors fait face au même type de problème avec le Buick Envision, lui aussi assemblé en Chine. La compagnie n’a pas confirmé si elle avait déposé une demande d’autorisation similaire. On sait toutefois que GM a annoncé plus tôt cette année son intention de rapatrier la production de l’Envision dans une usine du Kansas d’ici 2028, ce qui lui permettrait éventuellement de sortir de cette zone grise réglementaire.

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Un problème qui ne fait que commencer

Ces règles ont été adoptées en janvier 2025 sous l’administration Biden pour des raisons de sécurité nationale, et l’administration Trump a choisi de les maintenir en vigueur. La préoccupation au cœur de la démarche : la capacité des véhicules connectés à collecter des données sensibles sur leurs propriétaires et sur des infrastructures stratégiques.

Et ce n’est qu’un début. À compter de l’année modèle 2030, c’est le matériel physique, c’est-à-dire les composants d’origine chinoise, qui sera à son tour visé. Cela forcera une refonte profonde des chaînes d’approvisionnement de l’industrie, un défi qui sera colossal selon une étude du groupe Rhodium, qui démontre à quel point le secteur automobile américain est encore intimement lié à la Chine.

Au Canada, la commercialisation des modèles mentionnés n’est pas compromise, du moins pour le moment.

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