
Hyundai dévoile son tout nouveau IONIQ 3 à la Milan Design Week — le premier VE compact de la famille IONIQ. Mais la véritable nouvelle, c’est Pleos Connect, le nouveau système d’exploitation qui corrige enfin le maillon faible de la marque.
- Pleos Connect : le nouveau système d’exploitation de Hyundai, basé sur Android Automotive OS
- Une architecture électronique à contrôleurs zonaux, plus moderne et plus facile à mettre à jour
- Arrivage canadien improbable, mais Pleos finira des modèles IONIQ vendus ici
Hyundai a dévoilé le 20 avril 2026, en marge de la Milan Design Week, son tout nouveau IONIQ 3. C’est le plus petit membre de la gamme électrique IONIQ, positionné sous les IONIQ 5 et 6, et destiné avant tout aux conducteurs urbains européens, aux jeunes familles et aux primo-acheteurs de VE. La voiture sera produite à l’usine d’Izmit, en Turquie, et son arrivée au Canada demeure improbable à court terme — tarifs douaniers américains, préférence du public pour les VUS, et rien d’annoncé de ce côté de l’Atlantique.
Ça ne veut pas dire qu’il faut ignorer le dossier. Parce que s’il y a une chose que la IONIQ 3 apporte de vraiment important pour nous, elle ne se trouve pas sous le capot — elle est dans le tableau de bord. Le système Pleos Connect y fait ses premiers pas, et il finira tôt ou tard dans les IONIQ 5, 6 et 9 vendus ici.
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Pleos Connect : Hyundai rattrape (enfin) son retard logiciel
Depuis des années, Hyundai et Kia livrent des véhicules électriques techniquement exemplaires. Plateforme E-GMP, recharge 800 V ultrarapide sur les IONIQ 5 et 6, efficacité énergétique digne des meilleurs du segment. Mais dès qu’on regardait le tableau de bord et le système d’infodivertissement, on avait l’impression d’un décalage générationnel avec ce que proposent Tesla, Rivian, ou même plusieurs Européens. Interface vieillissante, architecture électronique classique avec multiplication des modules de commande électronique et câblage complexe.
Pleos est conçu pour corriger ces deux problèmes d’un coup. Côté matériel, Hyundai adopte une architecture à contrôleurs zonaux : au lieu de multiplier les petites unités de commande à travers la voiture, l’électronique est regroupée par zones. Moins de câblage, moins de poids, moins de complexité mécanique — et surtout, une plateforme beaucoup plus facile à mettre à jour sur la durée de vie du véhicule. Côté logiciel, Pleos repose sur Android Automotive OS. Attention : ce n’est pas la même chose qu’Android Auto. AAOS tourne nativement dans la voiture, indépendamment de votre téléphone. BMW, Volvo et Polestar ont choisi la même stratégie : plateforme Google en arrière-plan, habillage maison par-dessus.
Un détail qui n’est pas encore réglé : Hyundai n’a pas confirmé si la voiture adoptera les Google Automotive Services (Google Maps natif, Google Assistant, Play Store) ou si elle restera avec son propre écosystème, y compris un Hyundai App Market maison. Cette décision aura un impact concret sur l’expérience utilisateur.
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Les boutons physiques comme argument de vente
L’interface de Pleos Connect ressemble d’abord à ce qu’on voit chez Tesla ou Rivian : grand écran central flottant (12,9 ou 14,6 pouces selon la version) avec carte en fond d’écran et commandes persistantes en bas et à gauche. Un petit affichage conducteur complète le tout.
Mais Hyundai fait un choix qu’il faut souligner : les boutons physiques sont conservés. Molette de volume, commandes physiques sur la console centrale. C’est exactement le pari inverse de Tesla et de Polestar, qui ont poussé à fond la logique tout-écran. Après quelques années d’essais routiers sur des véhicules qui enterrent les commandes du dégivreur à trois sous-menus, disons que le geste est plus que bienvenu. La reconnaissance vocale avancée à base d’intelligence artificielle (Gleo AI) complète l’ensemble, et Apple CarPlay comme Android Auto restent pris en charge pour ceux qui préfèrent leur téléphone.
Ce que ça change pour nous, finalement
Reprenons : la IONIQ 3 ne viendra probablement pas au Canada. Mais Pleos, oui. C’est la base logicielle de tous les futurs VE du groupe Hyundai (Hyundai, Kia, Genesis), et c’est la réponse stratégique de la marque à ce qui est devenu, honnêtement, la principale critique qu’on pouvait lui adresser. Le matériel était déjà là ; il restait à livrer le logiciel. Avec Pleos, Hyundai rejoint Mercedes (MB.OS), Tesla et Toyota (Woven by Toyota) dans la course au véhicule défini par logiciel.
Trois questions à suivre dans les prochains mois : est-ce que Hyundai va s’ouvrir aux Services Google ou rester dans son écosystème fermé ? À quel rythme Pleos descendra-t-il dans les modèles IONIQ vendus ici ? Et est-ce que le magasin d’applications maison apportera de vraies applications utiles ou une autre collection d’icônes inutilisées ? On en reparlera.
Pour l’instant, retenez surtout ceci : le prochain saut de qualité chez Hyundai ne se fera pas sur la batterie ou sur le moteur. Il se fera à l’écran.



















