
Après quatre ans de recul consécutif, l’intention d’achat d’un véhicule électrique est à la hausse au Canada. Au Québec, le rebond est particulièrement marqué. Voilà la principale conclusion du sondage annuel sur les véhicules électriques réalisé par le groupe Auto Hebdo.
Source : Sondage annuel sur les véhicules électriques, groupe Auto Hebdo, avril 2026 — 1761 répondants canadiens dont 379 au Québec, sondage mené du 9 février au 11 mars 2026.
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44 % des Québécois considèrent l’achat d’un véhicule électrique.
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La hausse du prix de l’essence est un facteur dans la décision des gens.
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69 % des gens estiment que la présence d’incitatifs influencent leur décision d’achat.
Deux facteurs expliquent ce revirement de situation : le retour des incitatifs gouvernementaux fédéraux et la hausse du prix de l’essence. Ensemble, ils ont suffi à faire basculer l’opinion d’une part importante de consommateurs qui hésitaient encore.
Le Québec en mode rattrapage
Au Québec, 44 % des gens qui ne sont pas propriétaires d’un véhicule électrique considèrent maintenant d’en acheter un, contre seulement 36 % l’an dernier. C’est un bond de 8 points de pourcentage en un an, après des années de recul depuis le sommet de 68 % enregistré en 2022. La tendance est donc clairement inversée, mais le chemin sera long avant de retrouver la statistique de 2022.
L’incitatif financier est au cœur de cette reprise. Au Québec, 69 % de ceux qui ont l’intention d’acheter un modèle affirment que les incitatifs gouvernementaux influencent directement leur décision, et 59 % avouent carrément ne pas pouvoir se permettre un achat sans ces mesures. De plus, 72 % des propriétaires actuels de véhicules électriques dans la province ont profité d’un incitatif, et 51 % admettent qu’ils n’auraient probablement pas acheté sans ce coup de pouce.
L’annonce du Programme pour l’abordabilité des véhicules électriques (PAVE) a eu un effet quasi immédiat. Dans la semaine suivant l’annonce, le nombre de Québécois qui se renseignaient sur l’achat d’un véhicule sur la plateforme AutoHebdo.net a bondi de 21 %.
L’essence : l’aide inattendue
Au-delà des incitatifs, c’est la spectaculaire hausse du prix de l’essence à la pompe qui pousse de plus en plus de consommateurs vers l’électrique. Vers la fin de février, au moment où les États-Unis ont attaqué l’Iran, les recherches de véhicules sur AutoHebdo.net ont augmenté de 33 % par rapport à la même période l’an dernier. Fait amusant, le phénomène avait déjà été observé en 2022, lors de la flambée des prix suivant l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Cela avait propulsé l’intérêt pour les véhicules électriques à des niveaux record.

Les motivations des acheteurs québécois sont un reflet de cette réalité : 84 % citent l’efficacité et les économies en carburant comme la première raison d’envisager l’achat d’un modèle électrique, devant la protection de l’environnement (56 %) et les coûts d’entretien raisonnables (49 %).
Les obstacles demeurent
Malgré ce regain, les freins à la transition restent importants. Au Québec, l’autonomie limitée arrive en tête des préoccupations (77 %), devant le prix d’acquisition (71 %) et l’accès au réseau de recharge (62 %). Ces données sont quand même incroyables, car l’autonomie est à la hausse partout à travers l’industrie, alors que le réseau de recharge au Québec est l’un des plus solides en Amérique du Nord.
Cela dit, parmi les sondés, 75 % des Québécois se disent plus enclins à choisir un véhicule électrique si le gouvernement investit davantage dans les infrastructures de recharge et le Québec est la seule province où l’installation gratuite d’une borne à domicile (73 %) arrive en tête des mesures demandées, devant les crédits d’impôt.
Le marché de l’occasion pourrait aussi jouer un rôle croissant. Les acheteurs potentiels québécois estiment majoritairement qu’un véhicule électrique d’occasion est moins cher (72 %), offre plus de valeur (65 %) et se déprécie moins vite (46 %) qu’un véhicule à essence comparable. Avec des stocks de modèles électriques d’occasion en hausse et des prix en baisse, la fenêtre pourrait être propice.
Conclusion
En somme, le vent tourne, mais on sent une fragilité. L’intérêt pour les véhicules électriques au Québec et au Canada est à la hausse, mais il est porté par la convergence de facteurs économiques et politiques, deux éléments qui pourraient changer d’ici un an.
Chose certaine, les tendances sont intéressantes à suivre.


















