
Les tarifs menacent les ventes américaines de Toyota et frappent durement le plus grand constructeur automobile du Japon
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Les droits de douane américains sur les voitures et les pièces pourraient coûter 25 milliards $ par an aux constructeurs japonais.
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Toyota pourrait absorber à elle seule la moitié de cette somme, ce qui aurait un impact sur ses opérations et sa stratégie de prix.
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La complexité des chaînes d’approvisionnement limite les options à court terme pour déplacer la production.
Selon un rapport de UBS Securities, Toyota Motor Corporation pourrait être responsable de jusqu’à 50 % des 25 milliards $ en coûts annuels que les constructeurs japonais devraient assumer à cause des nouveaux tarifs imposés par les États-Unis sur les véhicules et pièces importés.
Mis en place par l’administration Trump et en vigueur depuis le 3 avril, ces droits imposent une taxe de 25 % sur les véhicules fabriqués à l’étranger. Une deuxième vague de tarifs entrera en vigueur le 3 mai, cette fois sur des pièces comme les moteurs et les transmissions. Toyota, dont le marché américain est le plus important, pourrait voir ses coûts grimper, ce qui risque de freiner la demande et de faire monter les prix pour les consommateurs.
L’industrie automobile représente environ 3 % du produit intérieur brut du Japon, et les États-Unis comptaient pour un tiers des exportations japonaises de véhicules l’an dernier, selon l’Association japonaise des constructeurs automobiles. Le premier ministre Shigeru Ishiba a qualifié les nouveaux tarifs de « crise nationale » pour une économie japonaise axée sur l’exportation. Bien qu’un abaissement temporaire à 10 % ait été appliqué dans le cadre de négociations, la majorité des tarifs restent en vigueur.
Toyota n’a pas encore précisé si elle transférera ces coûts aux consommateurs ou si elle modifiera ses plans de production, mais affirme chercher à réduire ses coûts fixes et d’exploitation. L’entreprise possède une forte présence manufacturière en Amérique du Nord, notamment avec la production du Tacoma au Mexique, qui utilise de nombreuses pièces fabriquées aux États-Unis. Toutefois, même les véhicules assemblés au Canada, au Mexique ou aux États-Unis peuvent être touchés si des composants proviennent de l’extérieur du bloc commercial nord-américain.
En tant que plus grand constructeur automobile au monde, Toyota serait mieux équipée que des concurrents comme Nissan, Mitsubishi ou Mazda pour encaisser ces coûts grâce à sa taille et à ses ressources financières. Cependant, les analystes estiment qu’un déménagement de la production vers les États-Unis n’est pas envisageable à court terme. Les coûts de main-d’œuvre et de construction y sont jusqu’à 30 % plus élevés, et réorganiser une chaîne d’approvisionnement mondiale peut prendre plusieurs années.
Malgré les efforts de localisation de la production entrepris dans le cadre d’anciens accords commerciaux, ces nouveaux tarifs exposent la fragilité du réseau logistique mondial de l’industrie. Faute d’alternative à leur principal marché d’exportation, les constructeurs japonais devront trouver des moyens de rester compétitifs malgré des barrières commerciales de plus en plus lourdes.


