
Ça ne va pas très bien chez Volkswagen. Le conseil de surveillance de l’entreprise se réunissait aujourd’hui (9 juillet) à Wolfsburg pour statuer sur ce qui pourrait devenir la restructuration la plus draconienne de l’histoire du groupe. Le chef de la direction, Oliver Blume, doit convaincre les représentants syndicaux d’accepter des compressions majeures qui toucheraient jusqu’à quatre usines allemandes et près de 100 000 postes.
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Le plan pourrait entraîner la fermeture de quatre usines allemandes et supprimer jusqu’à 100 000 emplois
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Les familles Porsche et Piëch ont vu des dizaines de milliards d’euros de valeur s’évaporer ces dernières années
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Le syndicat IG Metall a mobilisé des travailleurs dans une vingtaine de sites pour protester contre le plan
La cause : un contexte où le géant automobile est fortement touché par la concurrence chinoise, les droits de douane américains et une capacité de production excédentaire.
Un conseil de surveillance aux mains liées
Le problème pour Oliver Blume, c’est que la structure de gouvernance de Volkswagen n’est pas simple. Le conseil de surveillance réunit à la fois des représentants des familles actionnaires, des syndicats et du gouvernement de la Basse-Saxe, qui détient à elle seule 20 % des droits de vote grâce à la fameuse « loi Volkswagen », un texte qui complique depuis des décennies toute tentative de fermeture d’usine.
On se souviendra qu’en 2024, une entente similaire avait mené à 70 heures de négociations, cinq rondes de discussions et deux grèves mobilisant 100 000 travailleurs. Le compromis retenu à l’époque évitait toute fermeture et tout licenciement forcé, en échange de 35 000 suppressions de postes étalées jusqu’en 2030 et d’une réduction de plus de 700 000 unités de la capacité de production allemande.
Deux ans plus tard, ces garanties reviennent sur la table, ce qui explique la grogne exprimée par la partie syndicale. La présidente d’IG Metall, Christiane Benner, qui siège également au conseil en tant que vice-présidente, a été claire : le syndicat allait livrer bataille.
Ça ne s’annonce pas facile.
Usine de Zwickau : symbole d’une transition qui patine
Parmi les quatre usines menacées de fermeture figure Zwickau, le site allemand entièrement consacré à la production de véhicules électriques du groupe. Encore performante en 2026, avec un taux d’utilisation de 88 %, l’usine verrait ce chiffre chuter à seulement 42 % d’ici 2030, selon les analyses de Reuters.
L’ensemble du parc de production allemand suivrait la même tendance, avec une capacité de production normale passant de 81 % à 73 % d’ici la fin de la décennie.
Le ralentissement de la demande européenne pour les véhicules électriques, combiné à la percée des marques chinoises, frappe directement le site qui devait incarner l’avenir électrique de Volkswagen.
Tout cela sert les arguments de la direction, mais, comme on l’a vu, la structure interne de la compagnie est complexe, ce qui renforce le sentiment d’urgence des dirigeants.
Ajoutez à cela les inquiétudes des travailleurs qui craignent de payer la note d’une transition électrique plus lente que prévu.
Des solutions ?
Le groupe explore d’autres pistes pour ses sites les moins occupés. C’est le cas de l’usine d’Osnabrück, où l’on cherche depuis un moment un partenaire du secteur de la défense, tout en envisageant d’y assembler des modèles destinés au marché chinois. Une solution de fortune qui illustre bien l’ampleur du problème.
Le dossier dépasse largement les murs de Wolfsburg. Le chancelier allemand Friedrich Merz a promis des réformes pour redonner de la compétitivité au pays, alors que l’extrême droite se sert des déboires de Volkswagen comme munition politique. Rien d’étonnant quand on sait qu’il s’agit de l’un des plus grands employeurs du pays.
Chose certaine, la décision qui naîtra des négociations aura des répercussions bien au-delà de l’industrie automobile allemande.
Un effet domino est à craindre.


















