
Le sort de la toute nouvelle ES90 électrique produite en Chine sera-t-il le même ?
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Volvo cessera les ventes de la berline S90 assemblée en Chine aux États-Unis à cause d’un nouveau tarif de 125 %.
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L’usine américaine pourrait accueillir la production du XC90 alors que l’entreprise ajuste sa stratégie.
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Les incitatifs seront réduits sur les véhicules en stock avant l’entrée en vigueur des tarifs pour mieux gérer les coûts à venir.
Volvo Cars retirera bientôt la berline S90, fabriquée en Chine, du marché américain, à la suite des nouveaux tarifs douaniers imposés par l’administration Trump, qui font grimper le coût des véhicules importés. Le constructeur révise également sa stratégie de prix en réduisant les incitatifs sur les véhicules déjà en inventaire. Selon l’évolution de la situation, l’ES90 pourrait subir le même sort avant même son arrivée sur le marché.
Une personne au fait de la stratégie de Volvo a indiqué que le constructeur devrait annuler les commandes de S90 aux États-Unis dès l’an prochain. Le modèle, qui s’est vendu à seulement 1 364 unités aux États-Unis en 2024, n’a jamais été un grand vendeur sur ce marché. Il a d’ailleurs été retiré du marché canadien il y a quelque temps.
Volvo redéfinit les standards d’une berline avec sa nouvelle ES90 électrique
Cette décision suit l’augmentation par le gouvernement américain des droits de douane sur les véhicules fabriqués en Chine à 125 %, alors que les voitures importées d’autres pays sont taxées à 25 %. Les responsables de l’administration ont précisé que ces tarifs resteraient en place, même si d’autres restrictions commerciales étaient assouplies.
Volvo concentrera plutôt ses efforts sur les modèles à plus gros volume aux États-Unis, comme les multisegments XC90, XC60 et XC40. L’entreprise envisage également d’augmenter l’utilisation de son usine d’assemblage de Ridgeville, en Caroline du Sud, avec la possibilité d’y ajouter un deuxième modèle. L’EX90 électrique y est déjà produit, et le XC90 est actuellement à l’étude pour une éventuelle production locale.
La dépendance de Volvo envers les importations l’expose davantage aux risques liés aux échanges internationaux. Au premier trimestre de 2025, 96,8 % des véhicules Volvo vendus aux États-Unis provenaient d’Europe ou de Chine. Pour diversifier ses sources d’approvisionnement, un autre modèle fabriqué en Chine, le multisegment EX30, sera bientôt produit à l’usine de Gand, en Belgique, d’ici la fin de l’année.
Malgré une baisse de 5,7 % des ventes mondiales au premier trimestre, les ventes de Volvo aux États-Unis ont augmenté de 7,5 % comparativement à l’année précédente, atteignant 33 285 unités. Dans une note adressée aux détaillants le 9 avril, le président de Volvo Car USA et Canada, Michael Cottone, a reconnu la complexité de la conjoncture mondiale tout en soulignant les efforts pour accroître la production locale.
Dans le cadre de sa stratégie tarifaire, Volvo n’a pas l’intention d’augmenter les prix de détail pour le moment, mais prévoit de légers ajustements aux incitatifs. Les rabais seront réduits sur les véhicules importés déjà arrivés chez les concessionnaires américains ou en transit avant l’application des nouveaux tarifs. Selon des sources, ces économies serviront à soutenir les importations futures qui seront soumises à ces droits plus élevés.


