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Les constructeurs automobiles européens ont été particulièrement touchés par les tarifs douaniers américains et la chute des ventes en Chine.
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Ces entreprises ont par conséquent licencié des employés, annulé des modèles actuels et futurs, et fermé des usines.
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Plus de 111 000 emplois ont été ou seront supprimés à l’échelle mondiale.
La dernière année et demie a été particulièrement difficile pour les constructeurs automobiles, surtout ceux d’Europe, qui ont dû procéder à d’importantes réductions de leur effectif face à la baisse des ventes et à des conditions de marché difficiles.
En effet, en raison de la forte concurrence chinoise en Europe et en Chine, ainsi que des tarifs douaniers américains sur les véhicules importés et du ralentissement des ventes de véhicules électriques en Amérique du Nord, les constructeurs européens se retrouvent avec des surcapacités de production et des perspectives de profits qui s’assombrissent.
Puisqu’il est parfois difficile de suivre toutes les annonces de suppressions d’emplois et d’abandons de modèles, voici un aperçu de ce que les constructeurs européens présent sur le marché nord-américain ont coupé depuis le début de l’année 2025.
BMW

Même si elle est en train de lancer sa prometteuse gamme Neue Klasse composée de modèles électriques et à essence, la marque BMW doit supprimer environ 8 000 emplois au sein de son effectif mondial d’ici la fin de 2027. L’entreprise indique que la plupart de ces coupures auront lieu dans ses bureaux administratifs en Allemagne, les postes en usine semblant pour l’instant épargnés. Ces suppressions font suite à une réduction de 2,3 % de la main-d’œuvre mondiale entre 2024 et 2025. À l’instar de ses rivaux, les ventes décevantes en Chine attribuables à la concurrence locale accrue ainsi que les tarifs douaniers américains sur les voitures importées ont un impact majeur sur les activités de BMW, ce qui force cette restructuration afin de maintenir la rentabilité.
Mercedes-Benz

Mercedes-Benz fait face à plusieurs des mêmes défis que BMW, mais le constructeur n’envisage pas de suppressions d’emplois pour le moment. En effet, Mercedes-Benz n’a pas procédé à de coupures significatives au sein de son personnel au cours de la dernière année et demie, et n’en a pas annoncé pour les années à venir. Néanmoins, l’entreprise est actuellement en train de négocier de nouvelles conventions collectives avec ses employés et de chercher des moyens d’augmenter sa rentabilité, ce qui signifie que des coupures demeurent possibles. Parmi les moyens envisagés pour réduire ses coûts sans avoir à effectuer de licenciements massifs, Mercedes-Benz compte sur l’utilisation accrue de l’intelligence artificielle et la réduction des dépenses en R&D. L’entreprise s’attend également à une hausse de ses ventes et de ses revenus grâce à un grand nombre de produits nouveaux et rafraîchis qui devraient arriver sur le marché en 2027 et 2028, tels que les nouveaux CLA, GLA, GLB, GLC et VLE, ainsi que les versions remises au goût du jour des GLE, GLS et Classe S.
Groupe Stellantis

La branche européenne de Stellantis a dû effectuer des suppressions d’emplois récemment en raison d’une baisse des ventes et d’une surcapacité de production massive. En effet, l’entreprise franco-italienne a annoncé la suppression de 650 postes d’ingénierie à son centre de R&D en Allemagne, en plus de nombreuses autres coupures dans la fabrication. Par exemple, l’usine de Poissy, en France, délaissera la production de véhicules pour se consacrer à la fabrication de pièces en 2028, éliminant environ 400 emplois au passage. L’ancienne usine d’assemblage de fourgonnettes Vauxhall à Luton, au Royaume-Uni, a fermé au début de 2025, entraînant la perte d’environ 1 100 postes. Le volet italien de l’entreprise n’a pas été épargné non plus, Stellantis ayant réduit le nombre d’employés italiens d’environ 17 000 depuis la création de la société par la fusion du groupe français PSA et du groupe italo-américain FCA en 2021. Il est à noter que la plupart de ces coupures en Italie se sont faites par le biais de départs volontaires. Pour le moment, l’entreprise cherche également à vendre ou à partager avec d’autres constructeurs (notamment des partenaires chinois) quatre de ses usines d’assemblage européennes afin de réduire sa capacité de production. Il s’agit d’un enjeu majeur, puisque la compagnie n’utilise actuellement qu’environ 46 % de la capacité maximale de ses usines, ce qui signifie qu’elle pourrait fabriquer environ 1 million de véhicules de plus que ce qu’elle prévoit vendre.
Groupe Volkswagen

C’est du côté du groupe Volkswagen que l’on retrouve de loin le plus grand nombre de suppressions d’emplois. En effet, le constructeur allemand — qui regroupe les marques Volkswagen, Skoda, Seat, Audi, Porsche, Lamborghini, Bentley et Bugatti — a annoncé qu’il licencierait jusqu’à 100 000 travailleurs à l’échelle mondiale, dont la moitié en Allemagne. Il s’agit de la plus importante réduction de personnel jamais entreprise par le constructeur, incluant pour la première fois de ses 88 ans d’histoire la fermeture d’une usine en Allemagne. La marque Audi pourrait elle aussi procéder à ses propres coupures, l’usine de Neckarsulm faisant partie des quatre usines de VW susceptibles de fermer dans les années à venir. Cette usine assemble actuellement les Audi A5, A6, A8 et e-Tron GT, et emploie un peu plus de 15 500 personnes. Les trois autres installations menacées comprennent les usines d’assemblage de Zwickau, Hanovre et Emden, ce qui représente 30 000 pertes d’emplois potentielles supplémentaires. Porsche cherche également à éliminer un emploi sur cinq d’ici 2035, ce qui pourrait entraîner la suppression de 9 000 postes de plus. En parallèle à cette réduction de la main-d’œuvre et des sites de production, le groupe Volkswagen chercherait à réduire de moitié sa gamme de véhicules et à limiter les options de motorisations pour diminuer ses coûts.
Volvo

Volvo n’a pas été épargnée non plus, malgré son appartenance à un groupe chinois qui aurait dû lui assurer de fortes ventes sur le plus grand marché automobile au monde. Afin de réduire ses coûts face aux tarifs douaniers américains et à une chute de 60 % de son bénéfice au cours du premier trimestre de 2026, le constructeur suédois coupera 15 % de ses postes de cadres et d’employés de bureau. Cela représentera environ 3 000 emplois, principalement au siège social de Göteborg et chez les consultants. Cela s’ajoute aux 60 emplois environ qui ont été supprimés dans les bureaux américains de l’entreprise l’an dernier. Tout comme chez BMW, les emplois en usine chez Volvo devraient être épargnés pour l’instant.
Et du côté des constructeurs américains ?

Bien que les constructeurs européens soient les plus touchés par les tarifs douaniers américains et la concurrence chinoise, les constructeurs américains ont eux aussi dû ajuster leurs effectifs et leurs installations en raison d’une concurrence accrue et d’un cadre réglementaire en évolution rapide — ce dernier s’étant retourné contre les véhicules électriques après les avoir favorisés pendant quelques années. Ainsi, General Motors et Stellantis ont chacun mis une usine à l’arrêt au Canada, et si l’on inclut Ford, les trois grands constructeurs américains ont licencié environ 19 000 travailleurs au cours des dernières années.


