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Les véhicules électriques fait en Chine sont souvent bien plus abordables que leurs compétiteurs fait en Europe ou en Amérique.
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Cela fait des VÉ chinois la seule option valable pour la majorité des acheteurs dans les pays en développement.
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Les constructeurs européens veulent des réglementations pour rendre ces véhicules moins compétitifs.
La Chine est le plus grand marché pour les véhicules électriques dans le monde, avec des ventes représentant plus de la moitié de tous les VÉ vendus globalement en 2022.
Cette popularité s’explique en partie par l’importante part de marché des VÉ chinois bon marché qui sont souvent plus abordables que les véhicules à essence comparables.
Cela est possible parce que les entreprises locales sont soutenues par le gouvernement, ce qui leur permet d’augmenter le taux de production des nouveaux VÉ beaucoup plus rapidement et d’atteindre ainsi un coût unitaire inférieur en termes de fabrication.
En outre, le gouvernement chinois rend la production de batteries pour ses constructeurs automobiles locaux beaucoup moins chère. Comme la batterie est la partie la plus coûteuse du véhicule, cela permet d’abaisser le prix de vente.
Comme cette aide gouvernementale est destinée à la production des VÉ plutôt qu’à leur vente, les véhicules électriques chinois sont également beaucoup plus abordables que leurs concurrents à l’extérieur du pays.
Depuis quelques années, les constructeurs automobiles chinois font des percées sur d’autres marchés asiatiques, en particulier dans les pays en développement où la plupart des acheteurs ne peuvent pas s’offrir des VÉ produits en Europe ou en Amérique.

Tous les mêmes facteurs sont en jeu en Europe, où les constructeurs chinois prévoient d’occuper 15 % du marché des VÉ en 2023, contre seulement 5 % en 2022.
Cette situation inquiète les constructeurs européens et américains, car des salaires de main-d’œuvre plus élevés, des normes de qualité supérieures et des réglementations plus strictes signifient que leurs opérations de fabrication sont plus coûteuses que celles de ces nouveaux venus, ce qui rend les véhicules abordables moins rentables.
Selon Carlos Tavares, PDG de Stellantis, les constructeurs européens devront, pour avoir une chance, lutter contre les VÉ chinois en fermant des usines d’assemblage en Europe et en les délocalisant dans des pays où les salaires sont moins élevés et les lois moins restrictives.
Pour éviter cela, M. Tavares affirme que l’Europe pourrait être réindustrialisée, mais pour cela, de nombreuses lois protégeant les travailleurs et l’environnement devraient être abrogées, ce qui ne sera probablement pas populaire auprès des Européens.
Une autre façon d’éviter cette situation serait que l’Union européenne impose des restrictions sur les VÉ fabriqués en Chine, mais cela entraînerait probablement une réduction du commerce avec la Chine, dont dépendent de nombreux pays membres.
La croissance des entreprises chinoises sur le marché des véhicules électriques est également préoccupante pour les constructeurs automobiles américains, mais la menace qu’ils soient dépassés par ces nouveaux venus dans leur propre pays est moins probable en raison des relations politiques tendues entre Washington et Pékin.

Source: Wall Street Journal et AutoNews Europe


