GM pourrait réduire l’importation de 450 000 véhicules alors que la relance de Buick aux États-Unis est freinée par des obstacles commerciaux
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Les trois VUS les plus populaires de Buick sont désormais soumis à des tarifs allant jusqu’à 47,5 % à l’importation aux États-Unis.
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General Motors pourrait cesser d’importer jusqu’à 450 000 véhicules de la Chine et de la Corée du Sud en raison de la hausse des coûts.
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L’essor de Buick sur le marché américain est menacé par l’augmentation des prix et une offre qui pourrait se raréfier.
Les nouveaux tarifs douaniers imposés par les États-Unis sur les véhicules importés de la Chine et de la Corée du Sud pourraient freiner sérieusement la progression des ventes de Buick. Les modèles les plus vendus de la marque sont désormais visés par des hausses tarifaires pouvant faire grimper les prix de vente au détail de plusieurs milliers de dollars.
La division Buick de General Motors, qui a enregistré une hausse de 39 % de ses ventes au premier trimestre de 2025 aux États-Unis, est particulièrement exposée, car elle dépend fortement de la production à l’étranger. L’Envista et l’Encore GX sont fabriqués en Corée du Sud, tandis que l’Envision est assemblé en Chine. Selon une analyse de Barclays, les véhicules coréens sont maintenant soumis à un tarif de 27,5 %, alors que l’Envision fait face à un tarif combiné de 47,5 % en raison de diverses sanctions commerciales et droits d’importation.
Ces hausses de prix pourraient compromettre la dynamique positive de Buick sur le marché américain. Le constructeur n’a pas encore commenté publiquement les répercussions potentielles, mais plusieurs analystes soulignent que l’abordabilité actuelle de la gamme Buick est un élément clé de son récent succès.
Dans une note adressée à ses clients le 15 avril, Barclays a averti que GM pourrait devoir cesser l’importation d’environ 450 000 véhicules par an en provenance de la Chine et de la Corée du Sud. La banque a également réduit de 40 % ses prévisions de bénéfices avant intérêts et impôts (EBIT) de GM pour 2025, citant un impact tarifaire brut estimé à 9,5 milliards de $. Ford est également dans la mire, avec une baisse anticipée de 60 % de son EBIT et une facture tarifaire de 7 milliards, en partie à cause de son Nautilus produit en Chine.
À l’échelle de l’industrie, ces tarifs pourraient faire grimper le prix des modèles concernés de 10 à 15 %, et provoquer une augmentation de 5 % du prix moyen des véhicules en général, selon Cox Automotive. Les modèles d’entrée de gamme comme la Buick Envista et la Chevrolet Trax, parmi les VUS les plus abordables, seraient particulièrement touchés.
Malgré ces vents contraires, Buick a vu sa part de marché américain passer de 0,8 % en 2022 à 1,6 % au premier trimestre de 2025, grâce notamment à la version rafraîchie de l’Envision. Les concessionnaires rapportent une forte demande, et le niveau des stocks reste sain, avec une moyenne de 53 jours d’inventaire selon Edmunds.
Sur la scène mondiale toutefois, les perspectives sont moins optimistes. En Chine — autrefois un marché clé — les ventes de Buick ont chuté de 65 % depuis 2020, la concurrence des constructeurs locaux de véhicules électriques s’intensifiant. Selon Sam Abuelsamid, vice-président chez Telemetry, la pression tarifaire aux États-Unis combinée au déclin du marché chinois constitue une « menace pour la survie de la marque ».
Au Canada, même si les ventes de Buick ont bondi de 44,1 % au premier trimestre, une réduction majeure des importations et des ventes aux États-Unis pourrait affecter la disponibilité ici. Buick Canada a vendu 22 938 véhicules en 2024, un chiffre bien modeste comparé aux 61 822 unités livrées par Buick USA au premier trimestre seulement. Importer une portion réduite des Envista, Encore GX et Envision pourrait s’avérer trop coûteux pour le seul marché canadien.


