Honda et Toyota confirment la continuité de la production alors que le Canada est confronté à des tarifs automobiles américains de 25 % sans exemption.
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Honda et Toyota ne modifieront pas leurs plans de production au Canada malgré les nouveaux tarifs douaniers américains.
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Les protections tarifaires de l’USMCA 2018 pour le Canada et le Mexique ont été exclues de l’annonce faite par Trump le 2 avril.
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Les autorités canadiennes se disent prêtes à prendre des mesures de rétorsion si les États-Unis violent l’USMCA et les règles commerciales de l’OMC.
Honda et Toyota ont confirmé la poursuite de la production canadienne alors que l’administration Trump s’apprête à imposer des droits de douane de 25 % sur les importations mondiales d’automobiles, en contournant les protections que le Canada et le Mexique ont obtenues dans le cadre de l’accord États-Unis-Mexique-Canada de 2018 (USMCA).
Les droits de douane, qui devraient entrer en vigueur le 2 avril, constituent une reprise des conclusions de l’enquête sur la sécurité nationale au titre de l’article 232 de 2019 et s’appliquent aux véhicules de tourisme et aux pièces détachées automobiles. Les véhicules construits au Canada, qui étaient couverts par des exemptions antérieures, sont désormais inclus dans le champ d’application des droits de douane.
Les constructeurs automobiles réaffirment leurs activités au Canada
Honda Canada a déclaré que son usine de fabrication restait opérationnelle et a insisté sur le fait qu’il fallait continuer à s’occuper de ses 4 000 employés de fabrication. L’entreprise travaille avec ses partenaires nord-américains dans les domaines de la fabrication, de la logistique et du commerce pour comprendre et gérer les effets immédiats et à long terme des droits de douane.
Toyota Canada a confirmé qu’elle n’avait pas l’intention de modifier sa production dans un avenir prévisible, citant la demande continue et la stabilité. L’entreprise a déclaré qu’elle s’engageait avec les gouvernements fédéral et provinciaux à soutenir une résolution à long terme.
Les sauvegardes automobiles de l’USMCA ne sont pas prises en compte dans la mise en œuvre des droits de douane
Dans le cadre des lettres d’accompagnement de l’USMCA de 2018, le Canada et le Mexique ont obtenu des protections limitées contre les futurs droits de douane américains sur l’automobile, notamment un délai de 60 jours et des quotas annuels pour les exportations de véhicules et de pièces détachées en franchise de droits. Ces dispositions ont été conçues pour protéger les deux pays des droits de douane au titre de l’article 232.
Toutefois, l’administration Trump n’a pas fait référence à ces engagements lors de la mise en place des droits de douane le 2 avril. Au lieu de cela, elle a immédiatement soumis les véhicules construits au Canada à des droits de douane de 25 %. Les représentants canadiens ont déclaré qu’ils s’attendaient à ce que les États-Unis respectent l’accord et ont mis en garde contre d’éventuelles mesures de rétorsion dans le cadre de l’USMCA et de l’Organisation mondiale du commerce.
Réponse du gouvernement et tensions commerciales
Le premier ministre Mark Carney s’est entretenu avec le président Donald Trump le 28 mars, mais n’a reçu aucune assurance sur les exemptions. Le Canada a confirmé son droit de réagir si les États-Unis violent leurs obligations commerciales.
Le Mexique étudie également les options juridiques qui s’offrent à lui. Des fonctionnaires du ministère de l’Économie ont déclaré qu’ils évaluaient les implications pour les consommateurs et les producteurs mexicains.
Selon les experts juridiques, les lettres d’accompagnement de l’USMCA sur l’automobile avaient pour but d’empêcher le Canada et le Mexique de subir des pressions tarifaires lors de futurs différends commerciaux. Les analystes considèrent que les nouveaux droits de douane s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à promouvoir la production automobile américaine et à limiter l’implication des chaînes d’approvisionnement étrangères.
Le bureau du représentant américain au commerce et le département du commerce n’ont pas répondu aux protections des lettres annexes omises.


