Geely s’intéresse à l’usine Ford de Valence pour sa stratégie de production européenne

Geely Geometry Series | Photo: Geely

Ford et Geely négocient un partenariat qui pourrait remodeler la production automobile et le partage de technologies en Europe.

  • Geely pourrait utiliser l’usine de Ford à Valence afin de contourner les droits de douane de l’UE sur les véhicules électriques chinois.

  • Le partenariat pourrait inclure le partage de technologies de conduite autonome et de véhicules connectés.

  • Des obstacles réglementaires aux États-Unis pourraient limiter la portée de toute entente au-delà de l’Europe.


Ford Motor Co. et le chinois Geely discutent d’un éventuel partenariat portant sur la production de véhicules et le développement technologique partagé, selon huit personnes au fait du dossier.

Les discussions incluent la possibilité pour Geely d’utiliser les installations de fabrication européennes de Ford afin de produire des véhicules pour la région. Trois sources ont confirmé que l’usine de Ford à Valence, en Espagne, est le site le plus susceptible d’être retenu.

Geely et Ford ont également exploré un cadre de collaboration en matière de technologies automobiles, notamment les systèmes de conduite automatisée, selon deux sources. Les échanges se sont intensifiés au cours des dernières semaines, Ford ayant envoyé une délégation en Chine et accueilli des dirigeants de Geely au Michigan.

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Bien que les entreprises soient en discussion depuis des mois, aucun accord officiel n’a été conclu. Il n’est pas encore clair qu’un éventuel partenariat s’étendrait aux États-Unis pour les marchés nord-américains. Cela contribuerait certainement à ouvrir des portes aux États-Unis et au Canada. Geely est présent au Mexique depuis 2023. Ford et Geely ont refusé de commenter directement les discussions.

Selon deux sources, les discussions liées à la fabrication en Europe sont plus avancées que les autres volets. Si elle est mise en œuvre, cette stratégie pourrait permettre à Geely de contourner les droits de douane récemment instaurés par l’Union européenne, pouvant atteindre 37,6 %, sur les véhicules électriques fabriqués en Chine. Plusieurs constructeurs chinois ont entrepris d’établir une production locale en Europe pour des raisons similaires.

La stratégie de Geely ferait écho à ses partenariats existants avec Renault, dans le cadre desquels les entreprises produisent et commercialisent des modèles basés sur des plateformes Geely en utilisant les usines et les réseaux de distribution de Renault en Corée du Sud et au Brésil. Les ventes de véhicules de marque Renault à l’extérieur de l’Europe ont progressé de 11 % en 2025, en partie grâce à ces initiatives.

Geely Galaxy Xingyuan EV | Photo: Geely

Le partage de technologies constitue également un élément clé du partenariat envisagé. Les deux constructeurs subissent des pressions afin de réduire les coûts et d’accélérer le développement de fonctionnalités de véhicules autonomes et connectés. Le PDG de Ford, Jim Farley, a déjà reconnu l’avance de la Chine en matière de véhicules électriques et de technologies automobiles intelligentes, qualifiant cette réalité de « la chose la plus humiliante que j’aie jamais vue » lors d’une entrevue.

Toutefois, toute initiative technologique conjointe avec un constructeur chinois pourrait faire l’objet d’un examen attentif aux États-Unis. Les véhicules chinois sont de facto exclus du marché américain en raison de préoccupations liées à la sécurité nationale concernant la collecte de données et les logiciels embarqués. Les restrictions imposées par l’administration Biden demeurent en vigueur, et peu d’indications laissent croire que l’administration Trump envisage de les assouplir.

La décision antérieure de Ford d’accorder une licence de technologie de batteries au fournisseur chinois CATL pour une usine au Michigan avait suscité des critiques de la part de législateurs américains, soulignant la sensibilité politique entourant ce type d’ententes.

Malgré ces défis, Geely a poursuivi son expansion par le biais de partenariats internationaux. En plus de détenir Volvo Cars et Lotus, Geely Auto a déclaré une hausse de 39 % de ses ventes de véhicules en 2025, atteignant plus de 3 millions d’unités. Le groupe est le deuxième constructeur automobile chinois en importance par volume, derrière BYD.

Source: Reuters

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