Les nouvelles politiques américaines pourraient coûter 40 milliards de dollars aux constructeurs japonais

2026 Honda HR-V EX-L | Photo: Anthony Lemonde
  • Les constructeurs automobiles japonais ont déjà perdu 28 milliards de dollars en raison des changements rapides des tarifs douaniers à l’importation et des subventions aux véhicules électriques.

  • Ces coûts devraient atteindre 40 milliards de dollars américains en mars 2027 si la tendance actuelle se poursuit.

  • Toyota est le plus touché, ayant dû payer 17,22 milliards de dollars uniquement en tarifs douaniers.

Les changements de politiques commerciales et environnementales décrétés par l’administration Trump au cours de la dernière année et demie pourraient coûter 40 milliards de dollars aux constructeurs automobiles japonais.

En effet, les données compilées par Automotive News montrent que ces entreprises ont déjà perdu 28 milliards de dollars depuis janvier 2025, conséquence directe des décisions prises par l’administration Trump.

La majeure partie de ce coût provient évidemment des tarifs douaniers qui ont été imposés à presque tous les pays du monde, y compris le Japon lui-même, mais aussi le Canada et le Mexique, où Toyota, Honda et Nissan fabriquent des véhicules destinés au marché américain.

En fait, Toyota aurait payé à elle seule 17,22 milliards de dollars en tarifs douaniers, tandis que Honda prévoit des coûts de 15,23 milliards de dollars.

Toyota Crown Signia 2025
Toyota Crown Signia 2025

Nissan ne s’attend à payer qu’environ 3,12 milliards de dollars de droits de douane, ce qui s’explique par sa forte présence manufacturière aux États-Unis, où ses modèles les plus populaires sont fabriqués pour le marché local.

Rien que pour l’exercice fiscal 2025, les six constructeurs japonais opérant aux États-Unis (Toyota, Honda, Nissan, Mazda, Subaru, Mitsubishi) ont chiffré leurs coûts liés aux tarifs douaniers à 15,23 milliards de dollars.

Bien que ces entreprises prennent des mesures pour réduire leur charge tarifaire — notamment en interrompant l’importation de certains modèles fabriqués à l’étranger et en stimulant la production basée aux États-Unis —, elles prévoient une charge supplémentaire de 11,98 milliards de dollars pour l’exercice 2026.

Les tarifs douaniers ne sont pas le seul moyen par lequel l’administration Trump a engendré des coûts, car le recul des incitatifs pour les VÉ et des réglementations environnementales a également causé des maux de tête aux constructeurs japonais.

Honda 0 Series SUV | Photo: Honda

En effet, ces entreprises comptaient parmi les plus lentes à adopter l’électrification, mais elles venaient tout juste d’engager des milliards de dollars pour développer de nouveaux véhicules électriques à partir de zéro pour le marché nord-américain en raison de perspectives favorables.

Dès son retour au pouvoir, Donald Trump et son gouvernement ont annulé les incitatifs fiscaux pour les VÉ de l’ère Biden et ont assoupli les exigences relatives aux émissions d’échappement, ce qui a entraîné une baisse marquée des ventes de VÉ en 2025.

À cause de cela, les constructeurs japonais se retrouvent dans une position où ils ont investi des sommes substantielles dans une technologie qui ne semble plus présenter de potentiel de rentabilité, du moins pour de nombreuses années.

Cela les a conduits à faire marche arrière pour se concentrer plutôt sur les hybrides, subissant au passage un coup dur sur le plan financier.

Nissan Ariya Platine 2025

Par exemple, Honda a abandonné tous ses projets actuels de véhicules électriques au profit du lancement de nombreux nouveaux modèles hybrides dans les années à venir, rayant ainsi 9,05 milliards de dollars de ses actifs et enregistrant sa première perte annuelle depuis son introduction en bourse il y a près de 70 ans.

Le constructeur s’attend également à 3,12 milliards de dollars de charges supplémentaires liées aux VÉ pour l’exercice en cours, bien qu’il n’ait aucun modèle électrique propre à offrir une fois que le Prologue (développé et fabriqué par GM) sera retiré du marché à la fin de l’année.

Subaru a également subi une perte de 360,7 millions de dollars en choisissant de repousser le lancement de ses propres VÉ pour s’en remettre un peu plus longtemps à des modèles basés sur ceux de Toyota.

Nissan enregistre aussi des pertes liées aux VÉ, mais elle n’en a pas précisé le montant exact, l’incluant dans une dépréciation d’actifs de 2,25 milliards de dollars.

Fait intéressant, l’assouplissement des règles sur les émissions d’échappement a également coûté de l’argent à certains constructeurs japonais.

2026 Subaru Crosstrek Hybrid | Photo: Anthony Lemonde

En effet, l’administration Trump a cessé de pénaliser les constructeurs qui ne respectaient pas les règles du CAFE (Corporate Average Fuel Economy), ce qui rend obsolètes les crédits d’émission achetés à l’avance par Subaru et Mitsubishi.

La première aurait dépensé 125,4 millions de dollars pour ces crédits, tandis que la seconde y aurait consacré 100,5 millions de dollars.

Nissan et Mazda ont plus de chance, car elles n’avaient pas encore acheté de crédits d’émission avant que les pénalités ne soient suspendues, ce qui signifie qu’elles peuvent réinjecter les sommes mises de côté dans leur budget de fonctionnement. Bien que l’on ignore à quel point cela profitera à Mazda, Nissan s’attendait auparavant à payer 642,8 millions de dollars en crédits d’émission américains.

Compte tenu de la nature volatile de l’actuelle administration américaine et des élections de mi-mandat imminentes — qui pourraient marquer le début d’un retour à la normale en matière de relations commerciales —, les constructeurs japonais et européens ne sont pas sortis du bois lorsqu’il s’agit de naviguer les obstacles réglementaires.

Source : Automotive News

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