
Les nouveaux tarifs imposés par les États-Unis pourraient compliquer les importations, mais la production de véhicules électriques (VÉ) en Amérique du Nord pourrait en ressortir gagnante.
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La majorité des VÉ vendus aux États-Unis échappent aux tarifs grâce à un assemblage local ou à l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC).
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Des droits de douane s’appliquent toujours aux composantes, mais l’approvisionnement local important permet à Tesla, Ford, Hyundai et d’autres de rester compétitifs.
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L’augmentation des coûts pour les VÉ importés pourrait faire pencher la balance vers des véhicules électriques nord-américains plus abordables.
Comme on le sait maintenant, le gouvernement américain a imposé un tarif de 25 % sur tous les véhicules importés qui ne sont pas assemblés aux États-Unis. À première vue, ça semble être une mauvaise nouvelle pour les ventes de VÉ. Mais en creusant un peu, on réalise que l’impact pourrait en réalité favoriser le marché américain des VÉ, particulièrement pour ceux déjà produits en Amérique du Nord.
Selon une étude d’IDTechEx, environ deux tiers des VÉ vendus aux États-Unis en 2024 étaient assemblés aux États-Unis. Un autre 12 % provenaient du Mexique ou du Canada. En gros, près de 80 % des VÉ sont déjà exemptés de tarifs sous les nouvelles règles, grâce à l’AEUMC.
Seulement environ 22 % des VÉ vendus sont importés de pays extérieurs — ce sont eux qui écoperont du tarif complet de 25 %.
Mais il y a un bémol. Même les VÉ assemblés aux États-Unis ne sont pas entièrement à l’abri. Les nouveaux tarifs s’appliquent aussi aux composantes automobiles comme les groupes motopropulseurs et les systèmes électroniques. Si ces pièces viennent de l’extérieur du Canada ou des États-Unis, elles sont aussi sujettes à la surtaxe de 25 %.
C’est important, car aucun VÉ actuellement vendu aux États-Unis n’est entièrement composé de pièces nord-américaines. En fait, environ la moitié de la valeur des composantes des VÉ vendus en 2024 provient de l’étranger. Mais tout est une question de proportion. Des marques comme Tesla, Ford, GM, et même Kia et Hyundai, s’approvisionnent localement pour une bonne part — parfois plus de 70 % — ce qui réduit considérablement l’impact.
Sans surprise, Tesla s’en sort très bien. Le Model Y est composé à 70 % de pièces américaines ou canadiennes, et le Model 3 monte à 75 %. Le reste vient surtout du Mexique, qui reste dans le cadre de l’AEUMC. Cela signifie que même les pièces les plus importées de Tesla éviteront le plein tarif. Ce « gain » lié à l’absence de tarifs pourrait raviver l’intérêt des consommateurs américains pour les Tesla et freiner la baisse des ventes.
Les constructeurs américains traditionnels comme Ford et GM sont aussi bien positionnés grâce à leurs chaînes d’approvisionnement profondément ancrées en Amérique du Nord. Hyundai, Kia et Toyota continuent également d’élargir leur présence locale.
Pendant ce temps, les marques de luxe comme Porsche, Audi et Polestar — qui dépendent fortement de la production étrangère — pourraient voir leurs prix grimper. Cet écart de prix pourrait pousser les acheteurs à se tourner vers des VÉ plus abordables produits localement.
Ironiquement, ces nouveaux tarifs pourraient bien devenir un moteur de croissance pour le marché des VÉ aux États-Unis. Étant donné que la majorité des véhicules vendus sont déjà produits localement ou respectent les règles de l’AEUMC, l’impact immédiat sur les consommateurs devrait être minime. Ce sont les modèles importés — surtout ceux de luxe — qui deviendront moins attrayants, laissant la voie libre à Tesla, Ford, Hyundai et compagnie pour gagner du terrain.


