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McKinsey & Co prévoit que les revenus du secteur pourraient atteindre plus de 95 milliards de dollars d’ici 2040.
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Les réglementations exigeant que les véhicules électriques utilisent des matériaux recyclés rendront nécessaire le développement de méthodes de recyclage standardisées.
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BMW, Renault et Volkswagen investissent tous dans le recyclage de leurs VÉ en fin de vie.
Le nombre croissant de véhicules électriques sur les routes du monde entier signifie que, d’ici 10 à 15 ans, les VÉ représenteront une proportion importante des voitures qui atteindront la fin de leur durée de vie utile.
Compte tenu des quantités de minéraux de terres rares et de métaux précieux utilisés dans les batteries de ces véhicules, le secteur du recyclage devrait devenir nettement plus rentable. En effet, le cabinet de conseil McKinsey & Co prévoit que les revenus de l’ensemble de la chaîne de recyclage des batteries passeront d’environ 19,2 milliards de dollars en 2024 à plus de 95 milliards de dollars par an d’ici 2040.
Ce besoin croissant de recyclage proviendra du nombre de VÉ arrivant en fin de vie, ainsi que des pressions réglementaires. Par exemple, l’Union européenne impose des objectifs de plus en plus stricts qui exigeront que 70 % des batteries au lithium soient recyclées à partir de 2030.

De plus, la loi européenne sur les matières premières critiques (European Critical Raw Materials Act) stipule qu’au moins 25 % des matériaux utilisés dans les nouvelles batteries de VÉ doivent provenir du recyclage européen, afin de réduire la dépendance de l’industrie envers les nouvelles matières premières en provenance de Chine. À ce sujet, la Chine introduit également des règles plus strictes concernant le suivi numérique des matériaux et le recyclage en fin de vie.
Bien entendu, la rareté et les prix élevés des matières premières qui composent les chimies de batteries les plus populaires sont également des incitatifs à réutiliser des composants, tels que le lithium et le cobalt, qui ont déjà été produits.
Pour rendre viable le recyclage des batteries à grande échelle, les entreprises devront trouver des moyens de réduire les coûts de cette opération. L’un de ces moyens réside dans la robotique et les processus standardisés. R3 Robotics, une entreprise basée au Luxembourg qui travaille déjà avec Hyundai et Jaguar, propose des lignes de démontage automatisées capables de récupérer les matériaux des batteries, des moteurs électriques et des modules électroniques. À terme, l’entreprise souhaite être capable de démanteler les véhicules électriques dans leur intégralité.

Selon l’entreprise, les processus de R3 sont reproductibles à environ 89 %, permettent un débit supérieur de 75 % par rapport aux méthodes non automatisées, tout en coûtant environ 32 % de moins.
Des processus de recyclage efficaces et rentables pourraient réduire l’impact environnemental du cycle de vie des véhicules électriques et abaisser leurs coûts de production, tout en réduisant la dépendance des constructeurs mondiaux vis-à-vis de la Chine. Cette dernière détient les 4e réserves mondiales de lithium et les 7e réserves de nickel, deux métaux clés pour les batteries de VÉ.
Certains constructeurs automobiles souhaitent anticiper la tendance en investissant dans le recyclage en fin de vie de leurs propres véhicules électriques. C’est le cas de BMW, Renault et Volkswagen. En effet, BMW a signé un accord avec PreZero au début du mois pour développer un modèle commercial de recyclage, Renault a entièrement acquis Indra Automobile Recycling à la fin de 2024, et le groupe Volkswagen a lancé un centre dédié au recyclage des véhicules en Allemagne en janvier dernier. Cette dernière initiative bénéficie du soutien du gouvernement de Saxe et vise une capacité de traitement allant jusqu’à 15 000 véhicules par an d’ici 2030.
Source : Automotive News


