Le crédit d’impôt américain de 7 500 $ prend fin alors que les véhicules à essence bénéficient encore de 20 000 $ en subventions
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Le crédit d’impôt américain pour les véhicules électriques a pris fin prématurément, supprimant l’incitatif de 7 500 $ pour les acheteurs.
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Les véhicules à moteur à combustion interne bénéficient encore de plus de 20 000 $ en subventions sur leur durée de vie.
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Le FMI estime que les subventions américaines aux énergies fossiles totalisent 760 milliards $ par année, soutenant surtout l’usage du pétrole.
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Les Canadiens sont encore admissibles à une remise fédérale de 5 000 $ pour l’achat d’un véhicule électrique.
Le crédit d’impôt fédéral américain de 7 500 $ pour les véhicules électriques (VE) a expiré le 30 septembre, mettant fin à un programme d’incitatifs clés pour les technologies de transport propre. Ce crédit, qui devait rester en place plusieurs années encore, a été retiré à la suite d’une décision législative appuyée par les élus républicains.
Alors que la disparition des incitatifs pour les VE touche autant les consommateurs que les constructeurs, les véhicules à essence continuent de bénéficier d’un soutien gouvernemental de longue date. Selon le Fonds monétaire international (FMI), les subventions aux combustibles fossiles aux États-Unis représentent environ 760 milliards $ par année. Environ la moitié de ce montant profite au pétrole, dont une grande partie est utilisée pour le transport.
Ces subventions se présentent sous des formes directes et indirectes. Les subventions directes incluent des allégements fiscaux et un soutien financier aux producteurs de combustibles fossiles. Les subventions indirectes ou « implicites » se rapportent aux coûts externes non facturés, comme les impacts sanitaires publics et environnementaux liés à la pollution. Une étude de 2015 a estimé ces coûts non pris en compte à environ 3,80 $ par gallon d’essence.
La situation est semblable au Canada. Les compagnies pétrolières et gazières reçoivent un soutien fédéral substantiel par le biais de mesures fiscales, de financements, d’infrastructures ou d’allégements réglementaires. En 2023, le soutien du gouvernement fédéral aux entreprises de combustibles fossiles et pétrochimiques a été estimé à au moins 18,55 milliards $ CA. En 2024, ce chiffre est passé à 29,6 milliards $ CA, incluant des subventions directes et du financement.
Il n’est pas possible de ventiler ces montants avec les données accessibles en ligne. Toutefois, sur les 29,6 milliards $ CA de soutien en 2024, la plus grande part provenait de 21 milliards $ CA en financement lié au pipeline Trans Mountain.
Durant la vie utile d’un véhicule moyen à moteur à combustion interne (MCI), supposant un kilométrage entre 225 000 et 350 000 kilomètres et une consommation de 9,8 L/100 km (24 mi/gal), ces subventions implicites peuvent représenter plus de 20 000 $ par véhicule aux États-Unis. Même les modèles plus économes en carburant pourraient entraîner une subvention totale approchant 19 000 $.
À titre de comparaison, le crédit d’impôt fédéral pour VE qui vient de disparaître offrait 7 500 $ par véhicule, certains États ajoutant aussi des remises ou incitatifs supplémentaires. En 2024, environ 1,3 million de VE ont été vendus aux États-Unis, représentant une part de marché juste en dessous de 10 %. Cela équivaut à environ 10 milliards $ en subventions fédérales aux VE pour l’année, une somme nettement inférieure au soutien annuel consacré à la consommation de combustibles fossiles.
Depuis longtemps, les économistes et agences internationales plaident pour l’internalisation des coûts de pollution par des mécanismes tels que la tarification du carbone ou des redevances sur la pollution. Le FMI estime que si des politiques de tarification efficaces étaient mises en œuvre à l’échelle mondiale, elles pourraient générer des bénéfices économiques nets équivalant à 3,6 % du PIB mondial et prévenir 1,6 million de décès prématurés par année.
Au Canada, sur les quelque 9 milliards $ CA restants, la totalité est consacrée au financement public (par exemple via Exportation et développement Canada) et à divers programmes de subventions (allégements fiscaux, subventions, etc.) qui profitent largement au pétrole et au gaz (y compris le développement, la capture du carbone et la production de carburants propres).
Malgré ces constats, la mise en place de mesures demeure politiquement controversée. Sans surprise, des communications internes du département de l’Énergie américain ont récemment révélé que le personnel a reçu la consigne de ne pas discuter publiquement des subventions aux énergies fossiles, ce qui soulève des inquiétudes…


