
-
Nissan Canada a convié plusieurs journalistes à participer à une table ronde en compagnie de son président et du responsable du marketing de la Leaf.
-
La future Leaf S, une exclusivité canadienne en Amérique, sera le véhicule électrique le plus abordable au pays.
-
Nissan Canada affirme qu’elle pourrait importer au Canada certains de ses VÉ développés en Chine si le gouvernement apporte des éclaircissements supplémentaires concernant ses quotas.
Dans la foulée de l’annonce de la Leaf S 2027, une nouvelle version d’entrée de gamme qui fera de la Leaf le véhicule électrique le plus abordable au Canada, Nissan Canada a invité quelques journalistes à échanger avec son président et le responsable du marketing de la Leaf.
Cette discussion nous a permis d’en apprendre un peu plus sur la Nissan Leaf S qui arrivera sous peu, sur la stratégie du constructeur à l’égard de ce produit, ainsi que sur le futur Rogue e-Power et d’éventuels VÉ chinois.
Leaf S
Pour commencer, le président-directeur général de Nissan Canada, Steve Rhind, et le responsable du marketing de la Leaf, Abhishek Bhatia, ont évoqué les volumes de vente anticipés pour le tout dernier membre de la famille Leaf.
Bien qu’il s’agisse du véhicule électrique le moins cher sur le marché canadien grâce à son PDSF de 34 998 $, Nissan s’attend à ce que seulement 10 % environ des ventes totales de la Leaf 2027 proviennent de la version S, principalement en raison de son autonomie plus modeste.
En effet, ce modèle offre une autonomie estimée à 341 km grâce à sa batterie plus petite de 53 kWh, tandis que les autres versions de la Leaf 2027 peuvent atteindre jusqu’à 488 km grâce à une batterie de 75 kWh.
Cette autonomie plus courte, identique à celle de la Leaf Plus de la génération précédente, fait de la Leaf S 2027 un modèle davantage adapté comme second véhicule ou pour les déplacements quotidiens domicile-travail, ce que le constructeur admet volontiers.
Néanmoins, l’entreprise affirme qu’elle disposera de suffisamment de flexibilité pour répondre à la demande pour ce modèle : s’il s’avère nettement plus populaire que prévu, Nissan sera en mesure d’en fournir davantage.

Apparemment, Nissan Canada travaillerait en coulisses depuis deux ans pour commercialiser cette déclinaison plus abordable de la nouvelle Leaf, et le délai entre le lancement de la troisième génération de Leaf et le nouveau modèle S s’explique par un manque de disponibilité au Japon, où ce multisegment compact électrique est fabriqué.
Fait intéressant, la Leaf S 2027 sera une exclusivité canadienne pour les Amériques, puisqu’elle ne sera proposée ni aux États-Unis, ni au Mexique, ni nulle part en Amérique du Sud.
Bien entendu, Nissan s’attend à ce que l’ajout de la Leaf S stimule ses ventes de véhicules électrifiés, malgré le faible taux d’adoption anticipé pour cette version précise. Par conséquent, 2027 devrait être une excellente année pour la petite voiture électrique, ses ventes ayant déjà fortement augmenté depuis l’arrivée de la troisième génération, la Leaf ayant même enregistré en août son deuxième meilleur mois de ventes à ce jour au Canada.
Comme beaucoup de véhicules électriques, la Leaf S sera disponible en plus grand nombre au Québec et en Colombie-Britannique, les deux provinces offrant les incitatifs gouvernementaux pour VÉ les plus élevés. Toutefois, Nissan affirme que les acheteurs de l’ensemble du pays pourront mettre la main sur ce nouveau VÉ d’entrée de gamme.
En parlant d’incitatifs, ceux-ci font passer le prix pour le client de la Leaf S 2027 à un peu moins de 30 000 $ à l’échelle nationale, et jusqu’à 27 998 $ au Québec.
Même si Nissan Canada ne semble pas particulièrement intéressée à s’engager dans une guerre de prix avec ses concurrents, notamment la Chevrolet Bolt, elle indique que les acheteurs peuvent s’attendre à payer un prix similaire pour la Leaf S 2027 tout au long de l’année-modèle, malgré la fin prochaine de l’incitatif québécois et la réduction de la subvention fédérale au 1er janvier.
Rogue e-Power

Bien que la Leaf S ait été au cœur de notre discussion, le futur Rogue e-Power, dont le lancement est prévu cet automne, a également occupé une place de choix.
Inaugurant une nouvelle génération du modèle le plus populaire de la marque au Canada, le Rogue e-Power 2027 introduira également la technologie hybride de Nissan en Amérique du Nord pour la première fois.
Contrairement aux modèles hybrides traditionnels, la technologie e-Power utilise uniquement les moteurs électriques pour entraîner les roues, le moteur à essence agissant exclusivement comme une génératrice. Selon le constructeur, cette approche réunit les atouts des véhicules électriques (douceur de roulement, puissance instantanée…) sans l’angoisse de la panne sèche qui ne peut être évitée que grâce à la présence d’un moteur à combustion interne.
Même si ce type de groupe motopropulseur sera inédit pour Nissan en Amérique du Nord, l’e-Power n’est pas une nouveauté en soi. En réalité, le système qui équipera le Rogue 2027 représente la troisième génération de cette technologie, qui est déjà présente dans plus de 2 millions de véhicules en circulation en Europe et au Japon.
Bien que peu de détails précis aient été divulgués, les dirigeants de Nissan Canada ont affirmé que le système e-Power du Rogue avait été calibré spécifiquement pour l’Amérique du Nord, afin d’optimiser son efficacité énergétique lors des longs trajets sur autoroute typiques des déplacements canadiens et américains.
Les prix canadiens du Rogue e-Power devraient être dévoilés avant la fin du mois d’octobre, mais nous savons déjà qu’ils seront légèrement inférieurs à ceux de l’actuel Toyota RAV4 hybride dans le but d’attirer des acheteurs potentiels. À titre de comparaison, le RAV4 LE hybride 2026 d’entrée de gamme est offert à partir de 40 504 $.
Grâce à cette stratégie, Nissan Canada prévoit que les ventes du Rogue e-Power s’ajouteront aux ventes régulières du modèle à essence, qui affiche lui aussi de solides performances depuis le début de 2026.
L’éventualité des VÉ chinois

Naturellement, nous avons également demandé aux représentants de Nissan Canada quelle était leur position concernant les VÉ chinois et, sans surprise, la réponse est restée relativement floue.
En effet, l’entreprise évaluerait actuellement quels modèles — le cas échéant — issus de sa coentreprise chinoise Dongfeng Nissan elle pourrait importer dans le cadre des quotas du gouvernement canadien sur les véhicules électrifiés chinois.
Selon M. Rhind, le principal obstacle qui empêche actuellement Nissan Canada d’importer des modèles chinois réside dans le manque de clarté quant à la façon dont Ottawa attribuera ses quotas entre les différents constructeurs.
Pour l’instant, le cadre réglementaire autorise la vente de 49 000 véhicules électrifiés chinois au Canada à des tarifs douaniers réduits chaque année, selon le principe du « premier arrivé, premier servi ».
Bien que ce volume soit appelé à augmenter chaque année, l’absence de système formel d’attribution des quotas avantage considérablement les constructeurs qui produisent déjà des modèles homologués pour le Canada en Chine, à l’instar de Tesla, Polestar et Lincoln.
En d’autres termes, Nissan Canada ne peut justifier d’entamer le processus d’homologation des modèles Dongfeng Nissan pour le marché local sans savoir combien d’exemplaires elle serait autorisée à vendre avant que le tarif de base de 100 % ne s’applique une fois le quota atteint.
Par conséquent, le constructeur réclame davantage de clarté de la part du gouvernement à ce sujet avant de s’engager à importer certains de ses modèles électriques ou hybrides rechargeables développés et fabriqués en Chine.
Tarifs douaniers américains

Enfin, nous avons également pu recueillir quelques précisions sur la manière dont la guerre commerciale actuelle entre le Canada et les États-Unis a affecté les activités de Nissan Canada au cours de la dernière année et demie.
Bien que l’entreprise préférerait évidemment un retour à l’ancien régime de libre-échange sans droits de douane entre les deux pays — ce qu’elle juge toutefois improbable —, Nissan Canada a été moins durement touchée que plusieurs de ses concurrents.
En effet, 80 % des ventes de Nissan au Canada proviennent de modèles fabriqués au Japon ou au Mexique, ce qui les met à l’abri des contre-tarifs canadiens visant certains véhicules assemblés aux États-Unis.
Inversement, l’entreprise n’exploite aucune usine d’assemblage au Canada, ce qui signifie qu’elle n’a pas non plus eu à subir de droits de douane américains sur des voitures construites en sol canadien.
À l’heure actuelle, seuls le Pathfinder, le Frontier et le Murano sont fabriqués aux États-Unis à destination du marché canadien, en plus des Infiniti QX60 et QX65.
Heureusement pour le constructeur, Nissan Canada a été en mesure de s’approvisionner exclusivement au Japon pour la totalité de ses Rogue, son modèle le plus vendu, depuis le début du second mandat de l’administration Trump. Auparavant, les Rogue destinés au marché canadien provenaient à la fois du Japon et des États-Unis.
La Nissan Leaf S 2027 se dirige actuellement chez les concessionnaires canadiens, et de plus amples détails sur le Rogue e-Power sont attendus le mois prochain, moment où nous pourrons prendre le volant de ce multisegment très attendu pour la toute première fois.


