La révision de l’ACEUM met sous pression les plans d’investissement automobile en Amérique du Nord

Oshawa Assembly | Photo: GM

Les constructeurs automobiles et les fournisseurs font face à une hausse des coûts, à des règles d’approvisionnement incertaines et à une flexibilité limitée alors que le Canada, les États-Unis et le Mexique se préparent à réviser l’ACEUM.

  • La révision de l’ACEUM prévue en 2026 pourrait remodeler les décisions d’investissement dans toute la chaîne d’approvisionnement automobile nord-américaine.

  • L’allègement tarifaire pour les véhicules et les pièces conformes demeure essentiel à la planification de la production régionale.

  • Le secteur automobile canadien dépend de règles transfrontalières stables pour l’assemblage et les investissements des fournisseurs.


Le secteur automobile nord-américain entre dans une période décisive en matière de politique commerciale alors que le Canada, les États-Unis et le Mexique se préparent à la première révision sexennale de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, ou ACEUM, le 1er juillet 2026. Cette révision déterminera si le pacte est prolongé pour une autre période de 16 ans, soumis à un examen annuel ou autorisé à expirer en 2036.

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Pour les constructeurs automobiles et les fournisseurs, l’enjeu central dépasse les niveaux tarifaires. Il s’agit de savoir si les entreprises peuvent planifier la production, l’approvisionnement et les dépenses en capital avec suffisamment de confiance pour engager des milliards de dollars dans une chaîne d’approvisionnement régionale intégrée. Autrement dit, où peuvent-elles investir avec une certaine confiance ?

La pression s’est intensifiée après que les États-Unis ont imposé des tarifs de 25 % sur les véhicules importés et certaines pièces automobiles en 2025, en vertu de l’autorité de sécurité nationale de l’article 232. Les véhicules conformes à l’ACEUM bénéficient d’un allègement partiel : les tarifs s’appliquent au contenu non américain plutôt qu’à la valeur totale du véhicule, tandis que les pièces conformes demeurent exemptes de droits.

L’exemption est devenue essentielle pour les entreprises qui exercent leurs activités au Canada, aux États-Unis et au Mexique. Sans elle, des dirigeants ont averti que des coûts frontaliers plus élevés pourraient perturber les calendriers de production, surtout pour les véhicules et les composants qui traversent les frontières à plusieurs reprises avant l’assemblage final.

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Les tarifs n’ont pas entraîné un rapatriement à grande échelle de la production automobile aux États-Unis, malgré les affirmations contraires. Selon l’analyse sectorielle fournie, AutoForecast Solutions a identifié seulement cinq modèles, et non des constructeurs automobiles, qui doivent être transférés d’autres pays vers des usines américaines, notamment certains programmes de Stellantis et de General Motors. D’autres changements annoncés, dont ceux liés à la production du Kia Sportage et du Volvo XC60, étaient prévus avant les tarifs.

Les limites sont structurelles. Les programmes de véhicules sont généralement planifiés des années à l’avance, et les fournisseurs bâtissent souvent leur outillage, leurs contrats de travail et leur logistique autour de longs cycles de production. Les pièces à forte intensité de main-d’œuvre, comme les faisceaux de câbles et les composants de sièges, demeurent difficiles à automatiser et sont fortement concentrées au Mexique.

L’exposition du Canada est importante parce que son empreinte automobile dépend de l’échelle transfrontalière. Les usines d’assemblage, les opérations de moteurs, les entreprises d’outillage, les fournisseurs de pièces et les réseaux logistiques reposent sur un accès prévisible aux marchés. Ottawa a également imposé en 2025 des tarifs de représailles de 25 % sur les véhicules fabriqués aux États-Unis qui ne sont pas conformes à l’ACEUM, ainsi que sur le contenu non canadien et non mexicain dans les véhicules conformes construits aux États-Unis.

La révision à venir pourrait rouvrir des questions sensibles liées aux règles d’origine. Les analystes des politiques s’attendent à ce que les États-Unis fassent pression pour obtenir des exigences plus strictes en matière de contenu automobile, incluant potentiellement davantage de contenu propre aux États-Unis. De telles propositions rencontreraient probablement une résistance du Canada et du Mexique, qui dépendent d’une logique d’approvisionnement régionale plutôt que centrée sur un seul pays.

Les groupes de l’industrie réclament déjà la continuité. Sept associations commerciales du secteur automobile ont exhorté l’administration Trump à préserver l’ACEUM, avertissant que le fractionnement du commerce nord-américain en accords séparés ajouterait de la complexité et affaiblirait la compétitivité.

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Pour les fournisseurs canadiens, l’issue pourrait déterminer si la prochaine vague d’investissements soutient la production régionale ou demeure paralysée par le risque politique, voire pire. Des règles de contenu plus élevées pourraient encourager davantage d’approvisionnement nord-américain, mais les dirigeants préviennent que l’électronique, les intrants de terres rares et les composants à forte intensité de main-d’œuvre ne peuvent pas être relocalisés rapidement ni à faible coût.

Pendant ce temps, les constructeurs automobiles chinois vont de l’avant avec leurs plans.

Source: Automotive News

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