Essai routier Jeep Wagoneer S First Edition 2025 : puissance et style, et c’est tout — à un prix difficile à défendre

2025 Jeep Wagoneer S | Photo: Matt St-Pierre

Le VUS intermédiaire électrique de Jeep a fière allure et se déplace comme l’éclair, mais les réalités du quotidien viennent gâcher la promesse.

  • Un design subtil, mais attrayant et une puissance colossale attirent l’attention, mais le prix et l’efficacité minent l’attrait au quotidien

  • L’habitacle luxueux et sa technologie impressionnent visuellement, toutefois les commandes à écran tactile trop petites et une ergonomie étrange frustrent

  • Des accélérations fulgurantes ne compensent pas un freinage régénératif brutal, un fonctionnement bruyant, une qualité de roulement décevante et une autonomie réelle insatisfaisante


J’aime les voitures, mais de temps à autre, un nouveau véhicule précis capte un peu plus mon attention. Je lis les fiches techniques, je regarde le dévoilement et je bâtis mes attentes à partir des promesses sur papier et de ce que je vois en acier, en plastique et en fibre de carbone. Parfois, même lorsqu’un véhicule ne répond pas à ces attentes, je finis quand même par l’apprécier pour des raisons que je ne peux pas entièrement expliquer. C’est exactement là où je me situe avec la Jeep Wagoneer S 2025.

2025 Jeep Wagoneer S | Photo: Matt St-Pierre

Je veux aimer cette chose. Vraiment. Et malgré tout ce que je m’apprête à vous dire, une petite partie de moi l’aime encore.

Moins, c’est plus

Commençons par ce que Jeep a absolument réussi : le style. La Wagoneer S ne cherche pas à réinventer le VUS intermédiaire. Elle affine plutôt la silhouette Jeep familière pour en faire quelque chose de plus épuré et athlétique. Le détail marquant est l’énorme aileron arrière intégré au hayon, qui crée une ligne de toit fluide et continue donnant au VUS une allure plus basse et plus puissante. Cela ajoute de la présence sans en faire trop. La calandre à sept fentes est là, la face avant est agressive, et ce langage de design annonce clairement la direction des futurs Jeeps. Même la peinture Red Hot Pearl fonctionne à merveille. Les roues de 20 pouces ? Correctes, mais pas particulièrement inspirantes — un détail.

2025 Jeep Wagoneer S | Photo: Matt St-Pierre

Moins pour plus

Puis vient le premier mur important : le prix. La Wagoneer S Limited de base débute à 86 000 $ avec les frais. Ce chiffre, à lui seul, est difficile à digérer. Pour ce montant, on obtient deux écrans de 12,3 po, un toit panoramique, des sièges électriques chauffants, le démarrage à distance et un hayon électrique. De bonnes choses, certes, mais rien qui justifie le choc de l’étiquette.

La version Launch Edition que j’ai essayée pousse les choses encore plus loin. Affichée à partir de 92 000 $ et frôlant les 96 000 $ telle qu’essayée, elle comprend tout : l’écran côté passager, l’affichage tête haute, le système audio McIntosh, les sièges avant massants et un intérieur rouge audacieux. Elle est bourrée d’équipements, sans aucun doute. Je ne vois simplement pas où se trouve la valeur, malgré la longue liste de caractéristiques. À l’exception de l’écran passager, tout cela est offert sur des véhicules vendus entre 10 000 $ et 15 000 $ de moins.

2025 Jeep Wagoneer S | Photo: Matt St-Pierre

La présentation avant la fonctionnalité

À l’intérieur, l’habitacle est superbe. Les matériaux sont bien choisis, l’assemblage est solide et Jeep maîtrise très bien l’ambiance. La sellerie rouge est intense, mais elle fonctionne ici. Les sièges avant sont confortables et offrent un bon maintien, la banquette arrière est spacieuse et le volume de chargement atteint un généreux 900 litres. La praticité n’est pas le problème.

L’ergonomie, en revanche, l’est. Trop de fonctions essentielles sont reléguées aux écrans, et les commandes sont souvent petites et mal placées. Régler les sièges chauffants ou le chauffage du volant demande beaucoup trop d’attention pour trouver les bons contrôles. L’écran tactile inférieur est élégant, mais devient frustrant, surtout avec des gants. Même de simples ajustements de la climatisation exigent une concentration qui devrait rester sur la route. À près de 100 000 $, c’est difficile à excuser.

2025 Jeep Wagoneer S | Photo: Matt St-Pierre

Le raffinement sacrifié au profit de la puissance

Sur la route, les choses se compliquent davantage. Construite sur la plateforme STLA Large de Stellantis, la Wagoneer S utilise deux moteurs électriques pour offrir de série le rouage intégral. Les chiffres sont déments : 600 chevaux et 617 lb-pi de couple. Elle bondit à 100 km/h en environ 3,5 secondes, ce qui est absurde pour un VUS de 5 700 livres. Les performances en ligne droite constituent son principal atout.

Malheureusement, le reste de l’expérience de conduite ne suit pas. La batterie de 100,5 kWh promet jusqu’à 473 kilomètres d’autonomie, mais la réalité est tout autre. Par conditions clémentes, une charge complète affichait à peine plus de 400 kilomètres. Selon une consommation observée de 33,5 kWh aux 100 kilomètres en conditions hivernales, l’autonomie réaliste chute plutôt vers un encore trop optimiste 300 kilomètres. Ce n’est tout simplement pas suffisant. La performance de recharge est acceptable, avec un temps annoncé de 20 à 80 % d’environ 23 minutes, mais elle est loin d’être une référence de catégorie.

2025 Jeep Wagoneer S | Photo: Matt St-Pierre

Le comportement du freinage régénératif n’aide pas. Avec la conduite à une pédale réglée à son niveau le plus élevé, la décélération est brusque et désagréable. Reprendre l’accélérateur après un arrêt peut être déroutant, presque comme si l’on se faisait heurter par l’arrière. Réduire la régénération améliore les choses, sans jamais vraiment les corriger.

La qualité de roulement est un autre point faible. Ce n’est pas brutal, mais c’est constamment agité et sec. Une succession de chocs se fait sentir, accompagnée de bruits de roulement et de l’habitacle qui ne devraient pas exister à ce prix. Ajoutez quelques sons bourdonnants de la chaîne de traction, et l’expérience globale devient fatigante.

2025 Jeep Wagoneer S | Photo: Matt St-Pierre

Trop peu pour trop cher

Où cela laisse-t-il la Wagoneer S ? Coincée dans un étrange entre-deux. Son prix la place près des VUS électriques de luxe, sans offrir leur raffinement ni leur prestance. Elle est plus rapide que plusieurs rivales, mais cette performance s’accompagne de compromis que je n’accepterais pas à ce niveau. Face à des options offrant une meilleure qualité de roulement, des habitacles plus silencieux et une autonomie plus fiable, la Jeep a du mal à se justifier rationnellement.

Les choix vont du Cadillac Vistiq à trois rangées, toujours rapide, à la Ford Mustang Mach-E, plus raisonnables et loin d’être inintéressantes. Pour environ 20 000 $ de moins, l’Audi Q4 e-tron est attrayant. Une Cadillac Lyriq V-Series est affichée à un prix comparable à celui de la Wagoneer S essayée… Les chiffres ne jouent pas en faveur de la Jeep.

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Et pourtant, malgré tout cela, je ne la déteste pas. Peut-être est-ce le style. Peut-être l’écusson. Peut-être ce caractère brut, légèrement non filtré, qui me rappelle qu’il s’agit toujours d’une Jeep, simplement vêtue d’un costume électrique. C’est peut-être là sa plus grande contradiction.

La Wagoneer S n’est pas sabotée par un seul défaut. Elle l’est par un prix qui en demande trop, tout en offrant trop peu là où cela compte le plus.

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