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Premier contact : Audi Q9 et SQ9 : de grosses affaires

Audi Q9

Depuis une vingtaine d’années, le VUS amiral chez Audi, c’était le Q7, et, plus récemment, sa version coupée, le Q8. En 2027, on change la donne alors que la firme d’Ingolstadt lance un nouveau VUS, le Q9, ainsi que sa variante sportive, le SQ9. Vous aurez deviné, à la seule lecture de son nom, qu’il se positionne au sommet de la pyramide d’Audi. Mais c’est plus que cela. Avec sa longueur de 5,31 mètres et son empattement de 3,14 mètres, il devient tout simplement le plus gros véhicule jamais produit par Audi.

  • Aucune électrification importante au catalogue

  • Un bon vieux moteur V8 va animer le SQ9

  • Clairement, Audi vise la clientèle nord-américaine avec ce produit

Nous avons eu l’occasion d’examiner ce modèle de près il y a quelques mois, avant que les premiers essais ne soient organisés plus tard cet automne. Voici donc un tour d’horizon de ce que réserve ce nouveau porte-étendard chez Audi.

De l’audace, enfin

En matière de design, Audi a toujours été la marque allemande la plus conservatrice. Considérant le genre de risques qui ont été pris ailleurs, il est difficile de reprocher quoi que ce soit à la compagnie. Avec le Q9, elle ose toutefois plus que d’habitude, ce qui nous donne un véhicule offrant une signature très forte. Elle est reconnaissable, certes, avec les quatre anneaux bien visibles à l’avant, mais la grille immense en impose avec ses traits verticaux, inhabituels chez les produits de la marque. Avec la variante SQ9, c’est différent avec une grille qui semble abriter des abeilles géantes, un bas de caisse plus prononcé et un aileron arrière plus affirmé.

Audi SQ9

Il sera difficile d’ignorer ces Q9 sur la route.

À l’arrière, la signature est plus classique, mais c’est très bien fait. On distingue le SQ9 à ses pots d’échappement ronds et plus massifs. Ce qui est innovant, c’est la signature des feux, une troisième génération de DELO (diodes électroluminescentes organiques numériques) qui, pour une première mondiale, adoptent une courbure en trois dimensions grâce à un verre ultramince de seulement 0,1 millimètre. Le panneau extérieur, le plus vaste jamais installé sur un véhicule Audi, compte 99 segments à lui seul, contre 84 au centre et 73 à l’intérieur, pour un total de 512 segments répartis sur six panneaux. L’effet visuel est spectaculaire. Le véhicule paraît aussi plus large la nuit, et les signatures lumineuses peuvent désormais être partiellement actives plutôt que figées ou complètement allumées.

Autre curiosité : les clignotants avancés projettent un signal stylisé directement sur la chaussée, une technologie qui va exiger une période d’adaptation des autres usagers de la route, mais qui va potentiellement éviter des accidents. Les feux peuvent même afficher le symbole d’un signal de détresse pour prévenir les autres automobilistes en cas d’accident ou de panne.

Q9

Un système d’avertissement de sortie veille par ailleurs sur les occupants qui ouvrent leur portière au mauvais moment. Et pour accueillir tout ce beau monde, un projecteur au sol dessine un losange de lumière sous les portières, un clin d’œil au motif d’Audi Sport.

On pousse la note avec une quantité de trucs du genre. C’est attendu d’un modèle chargé de porter haut et fort l’image de l’entreprise.

Un habitacle repensé… et impressionnant

Le Q9 mise sur l’espace comme argument numéro un. Offert en configuration à six ou à sept places, le modèle propose enfin une troisième rangée capable d’accueillir des adultes, une prouesse rendue possible par le long empattement. En configuration à sept places, la deuxième rangée se divise en 35/30/35. La configuration à six places, elle, ajoute deux sièges de type capitaine à la deuxième rangée, chauffants et ventilés, bien sûr. Pour faciliter l’accès à la troisième rangée, le siège extérieur de la deuxième rangée glisse et s’incline électriquement sans avoir à être replié, ce qui évite de devoir détacher un siège d’enfant à chaque déplacement. Le tout se commande depuis le système multimédia MMI, un bouton dans la portière, ou même depuis le coffre.

La grande nouveauté, ce sont ces portières qui s’ouvrent et se referment électriquement. Oui, on peut assister à leur déploiement à distance, par exemple en arrivant près du véhicule, les mains remplies de sacs. Oui, un système de détection d’obstacle les empêche de s’ouvrir si une personne est à proximité… ou si un cycliste approche. On a pensé à tout, nous promet-on.

Il va sans dire, ça simplifie l’embarquement. C’est une option, heureusement : on craint déjà leur fonctionnement l’hiver.

Le cocon propose aussi un toit panoramique, le plus gros jamais installé sur un produit de la marque, avec une surface vitrée de plus de 1,5 m² qui laisse entrer une quantité impressionnante de lumière et peut s’assombrir à volonté, selon les besoins, grâce à ses neuf segments indépendants. Une version encore plus aboutie ajoute une illumination capable de prendre une trentaine de teintes. Une fois le véhicule stationné, le toit s’opacifie automatiquement pour préserver l’intimité des occupants, comme si le Q9 baissait lui-même ses stores.

Les matériaux, eux, misent sur la retenue plutôt que sur l’ostentation, avec des boiseries, des textiles (dont de la laine alpaga), du cuir Nappa et des surfaces mates qui limitent les traces de doigts. Les sièges avant, chauffants et ventilés de série, peuvent aussi offrir un massage, tandis que l’éclairage d’ambiance s’étend désormais jusque dans les appuie-tête des sièges sport, une signature visible même de l’extérieur.

La chaîne audio Bang & Olufsen, avec ses 22 haut-parleurs et ses 1360 watts, ajoute une dimension physique au son grâce à des actuateurs logés dans les sièges avant, pour ressentir la musique autant que l’entendre. Le coffre, doté d’un système de rails et de crochets en aluminium, promet une organisation efficace du chargement, peu importe la configuration des places arrière, avec en prime des ports USB-C rapides à chaque rangée et une recharge sans fil double dans la console centrale.

En gros, c’est beau, chic et bien exécuté.

La technologie s’invite partout

Comme il se doit pour un modèle de ce genre, le Q9 carbure à la technologie, et pas seulement sur le plan du style. Côté sécurité, il collectionne les dispositifs d’aides à la conduite : surveillance des angles morts, freinage automatique d’urgence avec détection des piétons et des cyclistes, alerte de circulation transversale arrière, caméra à 360 degrés, aide au stationnement automatisée et même une assistance à la manœuvre avec remorque qui prend le contrôle de la direction. Le nouvel assistant d’urgence, lui, va encore plus loin : s’il détecte que le conducteur ne réagit plus, il tente de guider le véhicule jusqu’à l’accotement avant de l’immobiliser complètement, tout en déclenchant les feux de détresse et en passant un appel d’urgence.

Audi SQ9

L’alerte de sortie de voie, quant à elle, propose désormais deux intensités, une version discrète qui se contente d’une légère vibration et une version normale qui corrige carrément la trajectoire.

À l’intérieur, l’écran du système multimédia combine une surface de 12,3 pouces pour l’affichage des informations de conduite et un écran tactile central de 14,5 pouces dans une seule présentation incurvée, complétée par un écran réservé au passager qui bascule en mode confidentiel dès que le véhicule roule. Le système d’exploitation, basé sur Android Automotive, donne accès à une boutique d’applications intégrée, sans besoin de passer par un cellulaire. L’assistant vocal peut désormais faire appel à ChatGPT lorsqu’il ne trouve pas de réponse par lui-même, un basculement invisible pour le conducteur.

Deux moteurs plus traditionnels

Les Q9 et SQ9 ne seront pas de leur temps. Ce que ça veut dire, c’est qu’il n’y a pas d’électrification.

Sous le capot, nous aurons droit à deux mécaniques turbo distinctes. Le Q9 sera animé par un V6 de 2,9 litres développant 429 chevaux et 442 livres-pieds de couple. Avec le SQ9, c’est plutôt un bon vieux V8 de 4,0 litres que l’on retrouvera entre les roues avant. Ses 591 chevaux et 590 livres-pieds de couple vont propulser le modèle de 0 à 100 km/h en 4,0 secondes. Une boîte automatique à huit rapports est d’office avec les deux moulins, et le rouage intégral quattro est bien sûr de la partie.

La suspension pneumatique adaptative, également de série, ajuste automatiquement l’amortissement et la hauteur de caisse selon la vitesse, la charge et le style de conduite, avec un abaissement possible en mode confort pour faciliter l’entrée et la sortie. En option, une direction aux quatre roues réduit le rayon de braquage en ville et augmente la stabilité sur autoroute.

Les freins, avec des disques de 400 millimètres à l’avant et 350 millimètres à l’arrière, pincés par des étriers fixes à six pistons, complètent un ensemble qui ne manque clairement pas d’ambition. Sept modes de conduite, gérés au besoin par un assistant qui choisit lui-même le mode approprié, viennent boucler la proposition mécanique.

Conclusion

Sur papier, le modèle est plus qu’impressionnant. En personne, il impressionne aussi. Style, gabarit, qualité, c’est du grand art. La facture finale sera salée, mais l’acheteur sait à quoi s’attendre, et il sera assurément comblé par ce modèle.

Ce qui nous reste à valider, c’est l’expérience de conduite. Disons que nous n’avons pas trop d’inquiétudes. Là où nos soucis se porteront, ce sera vers la fiabilité, un élément qui demeure un talon d’Achille chez Audi.

On se reparle de ce modèle une fois que nous aurons eu l’occasion de le conduire.

Daniel Rufiange

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