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Le gouvernement canadien a lié son prochain contrat de sous-marins à des investissements automobiles.
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L’Allemagne et la Corée du Sud sont en lice pour obtenir le contrat des sous-marins, ce qui met la pression sur Volkswagen et Hyundai.
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Le constructeur automobile allemand ne souhaite pas coupler ses décisions à d’autres accords commerciaux, mais n’exclut pas d’investir au Canada.
Le gouvernement canadien est actuellement en train d’acquérir une flotte de nouveaux sous-marins pour ses forces armées, mais il souhaite intégrer la fabrication automobile à l’entente.
En effet, l’industrie automobile canadienne a été durement touchée au cours de la dernière année par la situation commerciale difficile avec les États-Unis, et cela a été envisagé comme une solution.
La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a déclaré le mois dernier : « Fondamentalement, ce que nous voulons, c’est une usine d’automobiles. […] Nous pensons pouvoir attirer davantage d’investissements dans le secteur automobile en tirant parti des investissements dans la défense ».
Les deux entreprises en lice pour construire et entretenir les prochains sous-marins canadiens sont Hanwha Ocean Co., de la Corée du Sud, et Thyssen Krupp Marine Systems, de l’Allemagne.
Cela signifie qu’une pression est exercée sur le Groupe Hyundai et le Groupe Volkswagen, les deux plus grands constructeurs automobiles de chaque pays respectivement, pour qu’ils ouvrent une nouvelle usine de montage en sol canadien.

Alors que Hyundai est resté discret sur la question, le Groupe Volkswagen s’est maintenant prononcé contre cette idée, affirmant qu’il ne souhaite pas coupler ses activités à d’autres accords commerciaux.
Le PDG de l’entreprise, Oliver Blume, a ajouté qu’ils « […] examinent ce qui est logique pour nous, pour Volkswagen. »
Le constructeur allemand possède déjà une nouvelle usine de batteries de 7 milliards de dollars à St. Thomas, en Ontario, par l’entremise de sa filiale PowerCo, laquelle devrait commencer la production en 2027.
PowerCo a également signé un accord de 69 millions de dollars avec l’entreprise québécoise PMET Resources pour un approvisionnement annuel de 100 000 tonnes de concentré de spodumène riche en lithium, mais cela ne compte pas pour l’attribution à l’Allemagne du contrat de sous-marins de 60 milliards de dollars, puisque le gouvernement recherche spécifiquement des emplois supplémentaires dans le montage automobile, en particulier de la part d’entreprises non américaines.
En raison de sa situation financière précaire et de la baisse de ses ventes mondiales, il n’est pas très logique pour Volkswagen d’ouvrir une nouvelle usine de fabrication au Canada, d’autant plus que l’exportation de véhicules fabriqués au Canada vers les États-Unis n’est pas garantie au cours des mois et des années à venir en raison de l’administration Trump.
Néanmoins, le constructeur n’exclut pas des investissements supplémentaires au Canada, peut-être en collaboration avec d’autres constructeurs européens, ce qui pourrait créer des économies d’échelle et ainsi rendre la perspective d’un montage canadien plus viable financièrement.

Cette évolution dans les négociations entourant le contrat de sous-marins en attente n’est pas surprenante, car la Corée du Sud et Hanwha Ocean Co semblent mieux placés pour répondre à la demande du gouvernement, mais cela dépend encore de la décision de Hyundai de retrouver ou non une présence manufacturière dans le pays, plus de trente ans après la fermeture de son usine de montage éphémère à Bromont, au Québec.
À titre indicatif, le Groupe Hyundai est actuellement le constructeur automobile le plus populaire au Canada qui n’a pas d’usine de montage locale, avec 249 027 ventes en 2025 réparties entre les marques Hyundai, Kia et Genesis, ce qui représente une augmentation de 10,5 % par rapport à 2024.
En comparaison, le Groupe Volkswagen a livré 122 794 véhicules sur le même marché l’an dernier pour l’ensemble de ses marques disponibles localement (Volkswagen, Audi, Porsche, Lamborghini et Bentley), soit une hausse de 7,4 % par rapport à 2024.
Bien qu’il s’agisse d’une année de ventes record pour Volkswagen, son volume ne représente encore que la moitié environ de celui des constructeurs coréens, ce qui rend une nouvelle usine beaucoup plus difficile à justifier.
Source : Automotive News Canada


