Stellantis annonce un investissement de 13 milliards $ US et transfère la production du Jeep Compass hors du Canada

Le plus important investissement de l’histoire du constructeur crée 5 000 emplois aux États-Unis, tandis que la production du Compass de nouvelle génération quitte le Canada

Usine d'assemblage de Brampton, en Ontario
Usine d’assemblage de Brampton, en Ontario | Photo: Stellantis

Stellantis a annoncé un investissement de 13 milliards $ US sur quatre ans pour étendre ses activités de fabrication aux États-Unis — une initiative qui augmentera la production intérieure de 50 %, tout en soulevant des inquiétudes quant à l’avenir de l’emploi automobile au Canada. Décrit comme le plus important investissement des 100 ans d’histoire de l’entreprise, ce plan soutiendra le lancement de cinq nouveaux véhicules, la mise à jour de 19 modèles et la création de plus de 5 000 emplois dans ses installations de l’Illinois, de l’Ohio, du Michigan et de l’Indiana.

Le projet prévoit la réouverture de l’usine d’assemblage de Belvidere, en Illinois, afin d’y produire les Jeep Cherokee et Jeep Compass destinés au marché américain. Selon Radio-Canada, le Compass de nouvelle génération, jusque-là assemblé au Canada, sera construit à Belvidere à compter de 2027. LouAnn Gosselin, directrice des communications de Stellantis Canada, a confirmé ce transfert, tout en précisant que l’entreprise ajoutera un troisième quart de travail à son usine de Windsor, en Ontario, pour répondre à la demande.

« Cet investissement aux États-Unis – le plus important de notre histoire – stimulera notre croissance, renforcera notre présence manufacturière et créera davantage d’emplois dans les États que nous considérons comme notre maison », a déclaré Antonio Filosa, chef de la direction de Stellantis et chef de l’exploitation pour l’Amérique du Nord.

Réaction des syndicats et du gouvernement canadien

Unifor, qui représente environ 320 000 travailleuses et travailleurs au pays, dont plusieurs milliers dans les usines Stellantis de Brampton et de Windsor, s’est dit préoccupé par cette annonce. La présidente nationale Lana Payne a affirmé que des emplois canadiens sont sacrifiés en raison des politiques commerciales américaines, et a demandé aux gouvernements d’exiger des engagements d’investissement à Brampton.

Le premier ministre Mark Carney a réagi en promettant un soutien concret aux travailleurs canadiens de l’automobile, précisant qu’Ottawa travaillera avec le gouvernement ontarien et Unifor pour protéger les emplois chez Stellantis et créer de nouvelles occasions à Brampton et dans la région.

« La décision d’aujourd’hui découle directement des tarifs américains actuels et des mesures commerciales potentielles à venir », a indiqué M. Carney, cité par Radio-Canada.

Le premier ministre a ajouté que le budget fédéral, prévu pour le 4 novembre, comportera des investissements visant à renforcer l’économie canadienne et à permettre aux travailleurs de profiter de nouvelles occasions.

Cette annonce survient après la suspension temporaire des activités de l’usine de Brampton en février 2025, peu après l’entrée en vigueur de tarifs de 25 % sur les produits canadiens exportés vers les États-Unis. Stellantis avait alors prévu des pertes d’environ 2,4 milliards $ CA en coûts tarifaires pour 2025.

Détails de l’investissement dans les usines américaines

Stellantis a annoncé son intention d’investir 13 milliards de dollars au cours des quatre prochaines années pour développer ses activités sur le marché crucial des États-Unis et accroître son empreinte industrielle. Cet investissement, le plus important de l’histoire centenaire de l’entreprise aux États-Unis, permettra le lancement de cinq nouveaux véhicules de la gamme dans des segments clés ; la production du cylindre de nouvelle génération ; et la création de plus de 5 000 emplois dans des usines de l’Illinois, de l’Ohio, du Michigan et de l’Indiana. | Photo : Stellantis

L’enveloppe de 13 milliards $ US comprend la recherche et développement, les coûts des fournisseurs et les investissements de production dans plusieurs installations :

  • Illinois (Belvidere) : plus de 600 millions $ pour rouvrir l’usine et y assembler les Jeep Cherokee et Compass, créant environ 3 300 emplois, avec un lancement prévu en 2027
  • Ohio (Toledo Assembly Complex) : près de 400 millions $ pour un tout nouveau camion intermédiaire, qui s’ajoutera aux Jeep Wrangler et Gladiator; plus de 900 emplois attendus d’ici le lancement en 2028
  • Michigan (Warren Truck Assembly) : environ 100 millions $ pour la production de nouveaux VUS à autonomie étendue et à moteur à combustion interne, dès 2028; ajout de 900 emplois dans une usine qui assemble déjà les Jeep Wagoneer et Grand Wagoneer
  • Michigan (Detroit Assembly Complex – Jefferson) : 130 millions $ pour préparer la production de la prochaine génération du Dodge Durango, prévue pour 2029
  • Indiana (installations de Kokomo) : plus de 100 millions $ pour produire le tout nouveau moteur quatre cylindres GMET4 EVO dès 2026, créant plus de 100 emplois

L’investissement à Toledo comprend également les engagements annoncés en janvier concernant les améliorations apportées aux Jeep Wrangler et Gladiator, ainsi que la production de composants pour l’usine d’usinage de Toledo.

M. Filosa a ajouté que l’accélération de la croissance aux États-Unis est une priorité absolue, soulignant que « réussir en Amérique profite non seulement à Stellantis aux États-Unis, mais renforce aussi l’entreprise partout ailleurs ».

Stellantis exploite actuellement 34 usines de production, centres de distribution de pièces et de recherche répartis dans 14 États américains, soutenant plus de 48 000 employés, 2 600 concessionnaires et près de 2 300 fournisseurs.

À la suite de cette annonce, l’action de Stellantis a grimpé de 5,48 %.

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