L’IA derrière une première grève en 10 ans chez Hyundai en Corée du Sud

Lorsqu’il s’agit de conflits de travail, on entend souvent parler des constructeurs américains d’Amérique du Nord. L’Allemagne est aussi reconnu pour ces bras de fer entre employeurs et travailleurs. C’est plus rare chez d’autres constructeurs, dont bon nombre de travailleurs ne sont tout simplement pas syndiqués. Il existe toutefois des exceptions. En Corée du Sud, le syndicat de Hyundai vient de déclencher sa première grève générale en plus d’une décennie.

  • Environ 40 000 travailleurs ont participé au débrayage vendredi

  • Des arrêts partiels depuis fin juillet ont déjà coûté 1,67 milliard $ US en production

  • Hyundai prévoit déployer des robots humanoïdes dans son usine géorgienne dès 2028

Deux points de litige sont plus épineux : l’âge de la retraite et les risques de pertes d’emplois reliées à l’intégration de l’intelligence artificielle dans les tâches.

Ce dernier point interpelle tout le monde, dans pratiquement tous les domaines. D’ailleurs, pour vous donner une idée du plan de Hyundai en matière d’IA, jetez un coup d’œil au lien ci-dessous.

Techno décryptée : ce que Hyundai et Kia font vraiment avec l’intelligence artificielle

Des écarts importants

Les négociations ont achoppé sur plusieurs enjeux, dont la hausse de l’âge de la retraite obligatoire, actuellement fixé à 60 ans. Le syndicat réclame également une bonification des primes de départ, qui passeraient de 750 % à 800 % du salaire mensuel de base.

Mais un sujet retient davantage notre attention : l’intelligence artificielle. Le syndicat exige des garanties concrètes pour protéger les emplois face à l’automatisation croissante. Cette inquiétude n’est pas anodine : Hyundai est aussi propriétaire de Boston Dynamics, le fabricant du robot humanoïde Atlas, et l’entreprise a confirmé son intention de déployer ce type de technologie dans son usine de la Géorgie, avec l’objectif d’étendre éventuellement son usage à l’ensemble de ses sites de production.

Des représentants syndicaux ont d’ailleurs précisé que la menace ne se limite pas aux postes de production ; les emplois en recherche et en ingénierie pourraient également être touchés.

Un contexte social particulier

Cette grève s’inscrit dans un climat de tensions syndicales grandissantes en Corée du Sud, à la suite de l’élection l’an dernier du président Lee Jae Myung, reconnu pour ses positions favorables aux travailleurs. Ce dernier a d’ailleurs promis une hausse progressive de l’âge de la retraite à l’échelle du pays.

Le tout survient dans un contexte déjà difficile pour Hyundai, qui a annoncé en juillet qu’elle raterait probablement ses objectifs de ventes mondiales cette année, entre la concurrence chinoise en Europe et des ventes en recul en Corée du Sud même.

La compagnie affirme demeurer ouverte au dialogue, mais les deux camps restent pour l’instant campés sur leurs positions.

Les décisions qui seront prises concernant l’intelligence artificielle seront à surveiller de près. Soyez certains que les autres syndicats et constructeurs surveillent ce dossier attentivement. Le sujet sera au cœur de toutes les futures discussions entre syndicats et employeurs.

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