Le Canada vise un allègement tarifaire à l’approche de la révision de l’ACEUM

Assemblage de la Dodge Charger Daytona à Windsor | Photo: Stellantis
Assemblage de la Dodge Charger Daytona à Windsor | Photo: Stellantis

Les négociateurs fédéraux et les constructeurs automobiles s’alignent autour de l’allègement tarifaire, de la stabilité de l’ACEUM et d’un resserrement des restrictions visant les importations de véhicules électriques chinois.

  • Le Canada cherche à faire éliminer les tarifs automobiles américains imposés en vertu de l’article 232 avant la révision de l’ACEUM.

  • L’Association canadienne des constructeurs de véhicules affirme que l’accès au marché américain demeure essentiel à la fabrication de véhicules au Canada.

  • Les dirigeants de l’industrie exhortent Ottawa à restreindre les importations de véhicules électriques chinois et les technologies connexes.


La principale négociatrice commerciale du Canada et les représentants des constructeurs automobiles de Detroit transmettent un message similaire à l’approche de la révision prochaine de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) : préserver l’intégration automobile nord-américaine demeure essentiel à l’avenir du secteur canadien de la fabrication de véhicules.

S’exprimant lors du sommet annuel de l’Association des fabricants de pièces d’automobile, Janice Charette, négociatrice en chef du Canada auprès des États-Unis, a déclaré que le Canada entend demeurer un pays producteur de véhicules malgré les pressions commerciales persistantes exercées par Washington. Elle a décrit le secteur automobile comme une pierre angulaire de l’économie canadienne et un important contributeur à la capacité industrielle du pays.

Les nouveaux tarifs proposés par l’administration Trump exemptent l’automobile et de nombreuses pièces détachées

Mme Charette a indiqué que l’objectif principal d’Ottawa dans les discussions en cours avec les États-Unis est de réduire, idéalement d’éliminer, les tarifs imposés en vertu de l’article 232 de la Trade Expansion Act américaine. Ces mesures comprennent notamment les droits de douane de 25 % appliqués aux exportations canadiennes de véhicules et ont fait augmenter les coûts pour les constructeurs qui évoluent au sein de la chaîne d’approvisionnement nord-américaine hautement intégrée.

Le Canada cherche également à préserver la structure trilatérale de l’ACEUM alors que l’accord approche de sa révision prévue après six ans, le 1er juillet. Les trois pays membres devront décider s’ils prolongent l’entente pour une période supplémentaire de 16 ans ou s’ils poursuivent avec des révisions annuelles. Mme Charette a indiqué qu’un renouvellement complet offrirait le plus haut niveau de certitude pour les investissements dans le secteur automobile, tandis que des révisions annuelles représenteraient une solution moins souhaitable, mais acceptable.

Les modifications potentielles aux règles d’origine dans le secteur automobile font également l’objet d’une surveillance étroite. Les États-Unis ont proposé d’augmenter les exigences de contenu régional pour les véhicules admissibles au traitement préférentiel prévu par l’accord. La position du Canada est que toute révision ne devrait pas annuler les gains obtenus grâce à la réduction des tarifs.

Les tarifs de Donald Trump ont coûté 35 milliards USD à l’industrie automobile

Le même accent mis sur l’intégration nord-américaine a été repris dans le cadre d’un témoignage devant le Comité permanent du commerce international de la Chambre des communes par Brian Kingston, président de l’Association canadienne des constructeurs de véhicules.

Représentant les activités canadiennes de Ford, General Motors et Stellantis, M. Kingston a soutenu qu’une diversification au-delà du marché américain ne constitue pas une stratégie réaliste pour l’industrie automobile canadienne. Plus de 90 % de la production canadienne de véhicules est exportée vers les États-Unis, ce qui rend l’accès à ce marché absolument essentiel.

Kingston a exhorté le gouvernement fédéral à annuler une entente commerciale conclue avec la Chine en janvier qui permet l’entrée sur le marché canadien de jusqu’à 49 000 véhicules électriques chinois par année. Il a averti que cette entente pourrait affaiblir les constructeurs qui ont investi en Amérique du Nord et créer des risques pour la chaîne d’approvisionnement automobile du continent.

L’Association canadienne des constructeurs de véhicules réclame également des mesures supplémentaires, notamment l’imposition de tarifs sur les véhicules électriques chinois ainsi que des restrictions visant certains logiciels de véhicules connectés liés à la Chine. La question a attiré davantage l’attention après l’arrivée récente au Canada d’environ 2 900 véhicules électriques fabriqués en Chine et le dépôt, par des législateurs américains, d’un projet de loi visant à empêcher les véhicules chinois d’accéder au marché américain.

Source: Automotive News

Articles Récents

Autres articles

Laisser un commentaire

Veuillez ajouter votre commentaire
Veuillez entrer votre nom ici

Choix de consentement