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Le gouvernement cherche à acquérir une flotte de 12 nouveaux sous-marins provenant soit de la Corée du Sud, soit de l’Allemagne.
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La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a confirmé que l’un ou l’autre de ces pays devra ouvrir une usine d’assemblage automobile au Canada pour remporter l’appel d’offres.
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Hyundai et Volkswagen sont les deux constructeurs automobiles les plus susceptibles d’assembler des véhicules au Canada.
Afin de récupérer les emplois en assemblage automobile perdus en Ontario au cours de la dernière année, le gouvernement canadien lie l’assemblage automobile à ses prochains contrats d’approvisionnement en matière de défense.
Ottawa est en train de choisir une entreprise pour lui fournir jusqu’à 12 sous-marins à propulsion diesel au cours de la prochaine décennie, et a désormais réduit la liste des fournisseurs potentiels à deux seulement : Hanwha Ocean Co. de Corée du Sud et Thyssen Krupp Marine Systems d’Allemagne.
Lors d’un discours au Empire Club de Toronto le 19 février, la ministre de l’Industrie Mélanie Joly a annoncé que les constructeurs automobiles de l’un ou l’autre pays devront construire une usine de fabrication automobile au Canada pour que leur nation puisse décrocher le contrat de 12 milliards de dollars pour les sous-marins. Sans surprise, Hyundai et Volkswagen, les plus grands constructeurs de leurs pays respectifs, sont les entreprises poussées à fabriquer leurs voitures au Canada dans le cadre de cet accord.
Avant que les investissements dans le secteur automobile ne soient liés au dossier, la Corée du Sud semblait plus susceptible de remporter le contrat de sous-marins, mais il semble que l’Allemagne soit encore tout à fait dans la course.
Hyundai demeure actuellement le constructeur automobile étranger le plus susceptible de construire une nouvelle usine d’assemblage au Canada, car il vend beaucoup plus de véhicules au pays que tout autre constructeur ne fabriquant pas de voitures localement. Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères de la Corée du Sud rendront visite à leurs homologues à Ottawa demain.

De son côté, PowerCo, une filiale de Volkswagen, a engagé 7 milliards de dollars pour construire une nouvelle usine de cellules de batteries à St. Thomas, en Ontario, mais elle n’a pas encore annoncé de plans pour fabriquer des véhicules complets dans la région. La situation financière du Groupe Volkswagen demeure précaire en raison de la chute des ventes en Chine, ce qui pourrait peser contre l’expansion de ses activités de fabrication au Canada.
La décision d’Ottawa de lier les investissements automobiles aux dépenses de défense vise à protéger l’industrie automobile en Ontario, durement touchée par les tarifs imposés par l’administration Trump, qui a exprimé à maintes reprises le désir de supprimer la fabrication automobile canadienne au profit des usines d’assemblage américaines. Actuellement, Toyota et Honda sont les seuls constructeurs automobiles étrangers à construire des véhicules au pays, ce qui signifie que le secteur automobile canadien demeure très dépendant des constructeurs américains.
L’argument commercial en faveur d’une nouvelle usine au Canada pourrait toutefois ne pas être très attrayant pour Hyundai et Volkswagen, car le marché canadien est trop petit pour absorber la production totale d’une usine, et l’exportation vers les États-Unis reste une perspective incertaine, l’administration étant désormais ouvertement hostile aux importations de toutes sortes.
La date limite pour que les entreprises soumettent leur offre pour le contrat de sous-marins est actuellement fixée au 12 mars 2026, ce qui signifie que le temps presse pour toutes les parties concernées afin de parvenir à un accord. L’exigence d’inclure la production automobile pourrait forcer une prolongation du délai, mais de plus amples détails sont néanmoins attendus prochainement.
Source : Automotive News Canada


