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Åsa Haglund travaille pour Volvo depuis plus de 20 ans et dirige son centre de sécurité depuis 2023.
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Elle était présente au Salon de l’auto de Toronto pour présenter la dernière innovation de la marque en matière de sécurité : la ceinture de sécurité multi-adaptative.
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Nous avons également eu l’occasion de nous entretenir avec Tara Powadiuk, directrice des produits et de la technologie pour Volvo Cars Canada.
Dans le cadre de la journée médiatique du Salon de l’auto de Toronto 2026 la semaine dernière, Volvo nous a offert l’opportunité d’échanger avec quelques personnalités clés de son organisation, notamment la directrice de son Centre de sécurité en Suède, ainsi que la directrice des produits et de la technologie de la branche canadienne du constructeur.
2026 devrait être une année marquante pour Volvo Cars Canada, car l’entreprise introduira deux nouveaux modèles dans les semaines et les mois à venir : l’EX30 Cross Country et le tout nouveau VUS électrique EX60. L’actuel XC60 a également bénéficié d’un rafraîchissement de mi-cycle pour l’année-modèle en cours.
Bien que l’EX30 Cross Country et le XC60 modernisé risquent d’être assez populaires, l’EX60 sera l’événement majeur de l’année. En effet, ce modèle marquera la première entrée de Volvo dans le segment des véhicules électriques le plus prisé au pays, et il inaugurera la nouvelle plateforme SPA3 sur laquelle reposeront de nombreux futurs produits de la marque.
De plus, l’EX60 sera le premier modèle à utiliser la nouvelle ceinture de sécurité multi-adaptative. Celle-ci utilise divers capteurs pour analyser la taille, le poids et la position du conducteur dans le véhicule afin de déterminer le niveau de force approprié nécessaire lors de chaque accident spécifique.
C’est cette innovation qui explique la présence d’Åsa Haglund, directrice du Centre de sécurité de Volvo Cars à Göteborg, en Suède, au Metro Toronto Convention Centre, où elle a donné une courte présentation.
Voici ses réponses à nos cinq questions :
Åsa Haglund, directrice du Centre de sécurité de Volvo Cars

Q — Quel a été le processus de développement de la ceinture de sécurité multi-adaptative ? Qu’est-ce qui la rend possible aujourd’hui alors que ce n’était pas le cas auparavant ?
R — Les lois de la physique nous enseignent que si vous êtes lourd et que la violence [d’une collision] est élevée, vous avez besoin de plus de force sur votre ceinture pour rester dans la distance de sécurité disponible [dans l’habitacle], contrairement à une personne plus légère ou un impact plus faible. Cependant, nous savons aussi que moins nous exerçons de force sur vous, moins vous risquez d’être blessé.
Le besoin [pour cette ceinture] a donc toujours existé, mais qu’est-ce qui l’a rendu possible ? D’abord, il faut résoudre la question de la multi-adaptabilité mécanique de la ceinture ; ce mécanisme devait être inventé. Mais ensuite, pour que cela soit efficace dans la voiture, il faut une compréhension extérieure de ce qui se passe [autour du véhicule] et une compréhension intérieure (quelle est la taille de la personne, où est-elle assise) afin de pouvoir effectuer les calculs en temps réel.
Pour s’assurer de prendre les bonnes décisions, il faut tester cela pendant un certain temps. Je dirais que ce qui a rendu cela possible, ce sont les capacités de calcul centralisées modernes qui peuvent désormais être intégrées et alimentées dans une voiture, ainsi que la qualité des capteurs et l’intelligence que l’on peut en tirer.
Q — Y a-t-il d’autres aspects par lesquels l’EX60 fera progresser la sécurité de Volvo par rapport aux modèles actuels ?

R — Nous essayons toujours de repousser les limites. Un autre aspect sur lequel nous avons beaucoup travaillé avec l’EX60 est la structure avant, pour s’assurer de bien répartir la force [d’un impact].
De plus, chaque fois que vous faites face à un adversaire [un autre véhicule], vous pouvez vous assurer de déclencher également son système de protection contre les collisions [pour réduire la force de l’impact]. Nous avons donc travaillé très fort sur la compatibilité, afin d’améliorer la situation pour les deux véhicules.
Ensuite, bien sûr, nous avons trouvé un moyen d’intégrer la batterie directement dans la carrosserie, en faisant essentiellement un élément de la sécurité structurelle. Cela ne la rend pas nécessairement plus sûre que les voitures précédentes, car nous avons toujours protégé la batterie, mais cela la rend plus efficace et réduit le poids.
Il en va de même pour le méga-moulage à l’arrière : au lieu d’assembler des centaines de pièces de tôle, nous avons trouvé un moyen de fabriquer des pièces moulées plus légères qui gèrent tout aussi bien les forces d’impact. L’EX60 vise donc avant tout à faire progresser la sécurité de manière efficace.
Q — Est-il prévu de réintroduire les capteurs Lidar ? Comment leur retrait [sur l’EX90 et les modèles suivants] affecte-t-il la sécurité globale du véhicule ?
R — Pour nous, il ne s’agit jamais de technologie seulement pour la technologie, ni de dire que nous avons absolument besoin d’un capteur spécifique. Ce dont nous avons besoin, c’est de la capacité de comprendre ce qui se passe à l’extérieur de la voiture et comment nous pouvons gérer cela pour éviter les accidents. Nous disposons d’un ensemble de capteurs de pointe sur l’EX60, avec lequel nous estimons pouvoir encore améliorer la sécurité et perfectionner les situations que nous pouvons détecter et desquelles nous pouvons nous protéger. Je ne dirais jamais oui ou non à une technologie future, mais la question sera toujours : de quoi avons-nous besoin ?
Q — Quelle est la place des simulations informatiques et des essais de collision réels dans le développement de la sécurité ?

R — Les simulations informatiques sont devenues très avancées et nous disposons désormais de modèles de corps humains [au lieu de simples mannequins]. Cela nous permet, pendant le développement, de simuler des collisions plusieurs centaines de milliers de fois avec de « vraies » personnes à chaque siège pour développer une sécurité encore accrue.
Bien entendu, tout au long du développement, nous nous assurons que ces simulations sont exactes [grâce à des tests de collision réels].
Avec le méga-moulage, par exemple, nous effectuons des tests sur les composants, nous lançons la simulation et nous comparons les résultats pour nous assurer que ce que nous simulons correspond à la réalité.
Q — Comment voyez-vous évoluer la sécurité automobile au cours des 10 prochaines années ?
R — Nous vivons une ère passionnante. Nous avons cette capacité de collecter des données, de comprendre et de réagir en temps réel dans les voitures. Cela ouvre un océan de possibilités. Le plus important est que nous pouvons apprendre beaucoup plus en détail ce qui se passe et nous adapter. Nous en apprenons davantage sur les réactions des conducteurs et la protection des occupants ; et plus nous apprenons, plus nous pouvons envoyer ces informations aux voitures [via des mises à jour à distance] pour améliorer leur réponse.
Je pense que cette boucle de données nous permettra de sauver un million de vies supplémentaires, car nous apprendrons, nous évoluerons et nous nous adapterons continuellement.
Pour obtenir une perspective canadienne sur les opérations de Volvo et les défis auxquels elle fait face, nous avons également discuté avec Tara Powadiuk, directrice des produits et de la technologie pour Volvo Cars Canada.
Tara Powadiuk, directrice des produits et de la technologie, Volvo Cars Canada

Q — Quel est l’impact attendu de l’EX60 sur les ventes canadiennes ?
R — L’EX60 fait partie du segment D, un segment crucial pour nous. Nous le lancerons au cours de la seconde moitié de cette année et nous pensons qu’il sera très populaire. Nous devrions voir des ventes très solides ; il viendra compléter nos ventes de modèles hybrides rechargeables et hybrides légers.
Q — Comment s’est passée l’année 2025 pour Volvo au Canada ?
R — 2025 a été une autre année de croissance pour nous au Canada, tant pour les ventes au détail que pour le XC90. À l’échelle mondiale, le Canada figure parmi les cinq marchés les plus importants en volume de ventes pour le XC90, ce qui est une réussite dont nous sommes très fiers.
Nous proposons également une version électrifiée pour chacun de nos modèles et nous avons constaté que nos ventes de véhicules électrifiés restent fortes, représentant plus de 30 % du total des ventes.
Q — Comment voyez-vous la situation entre le Canada et les États-Unis affecter les ventes, surtout depuis que l’EX90 a été mis de côté pour le Canada ?

R — Nous avons importé l’EX90 2025 avant la situation actuelle, nous disposons donc encore d’un inventaire limité pour les clients canadiens. Nous continuerons d’évaluer la situation pour identifier les meilleures opportunités. Nous espérons que la question des tarifs douaniers s’améliorera prochainement.
Q — Le gouvernement canadien a récemment annoncé une réduction tarifaire pour un maximum de 49 000 véhicules électriques chinois. Comme l’EX30 était auparavant fabriqué en Chine, Volvo pourrait-elle profiter de cette mesure ?
R — Nous sommes en train d’évaluer la meilleure stratégie à adopter pour Volvo au Canada ; c’est un dossier en cours.
Q — Selon vous, comment Volvo se démarque-t-elle de ses concurrents au Canada ?
R — En poursuivant nos standards de sécurité mondiaux, nous nous appuyons sur des données de collisions et des scénarios réels. Nous avons plus de 50 ans de données qui orientent notre conception et nos normes. En ce qui concerne l’électrification, nous avons appliqué cette rigueur à nos batteries et à la structure de nos véhicules.
Avec l’EX60 que nous lancerons plus tard cette année, la batterie est entièrement logée dans le plancher, ce qui offre de nombreuses possibilités de design, mais abaisse également le centre de gravité et répartit mieux le poids. Nous veillons aussi à ce que la batterie soit entièrement scellée dans des compartiments isolés afin qu’en cas d’incident thermique, le conducteur et les passagers soient protégés.
Le « fil conducteur » de notre différenciation restera donc les normes de sécurité que nous intégrons à chaque modèle et notre avenir électrifié.
Le kiosque Volvo au Salon de l’auto de Toronto 2026 présente une maquette de la ceinture de sécurité multi-adaptative ainsi que deux voitures d’essai EX90 accidentées provenant du Centre de sécurité en Suède, aux côtés des modèles actuels de la marque comme le XC60, le XC90 et le nouvel EX30 Cross Country.
Le Salon de l’auto de Toronto se déroule actuellement au Metro Toronto Convention Centre jusqu’au 22 février.
Nos remerciements à Mme Haglund et Mme Powadiuk pour nous avoir accordé de leur temps.


