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Voyage dans le temps – Mercedes-Benz Classe S : l’ultime vitrine technologique

Mercedes-Benz 300 SEL 1966-1967

La Classe S de Mercedes-Benz profite d’une mise à jour pour 2026, une étape importante dans l’histoire du modèle en raison de la « fusion » stylistique entre la variante électrique et les déclinaisons toujours pourvues d’un moteur à essence. L’occasion était rêvée pour faire un retour sur l’histoire de ce modèle qui a toujours été, pour la compagnie, son ultime vitrine technologique.

L’exercice représente un défi de taille, cependant. En effet, comment retracer 70 ans d’histoire de façon concise sans oublier quelques détails importants ? Puisque la chose est pratiquement impossible, nous avons décidé d’adopter une stratégie différente et simplifiée, soit d’identifier 10 modèles importants de l’histoire de ce véhicule.

Il faut comprendre que le parcours de la Classe S s’amorce en 1951, même si l’appellation « Classe S » sera officiellement introduite en 1972.

1 — Mercedes-Benz 300 (1951-1957)

Noms de code : W186

Au début des années 50, Mercedes-Benz est en phase de reconstruction et travaille à se remettre sur pied à la suite des dégâts laissés par la Deuxième Guerre mondiale. En 1951, elle lance la 300, un modèle qui va éventuellement mener à la production de la voiture qui sera considérée comme l’ancêtre spirituel de la Classe S, le fameux modèle Ponton. La 300, qui propose tout le luxe souhaité à l’époque, symbolise la renaissance de la compagnie après le grand conflit.

2 — Mercedes-Benz 220 (1954-1959)

Nom de code : W180

Ce modèle, connu sous le nom de Ponton en référence à sa structure monocoque, une première pour la compagnie, est considéré comme l’ancêtre direct de la Classe S. Nous aurons droit à plusieurs évolutions au fil des années, y compris une version (W111) au style modernisé présentant de petits ailerons sur les ailes arrière à compter de 1959. Une autre variante retouchée (W108) verra le jour en 1965.

Mercedes-Benz 300 SEL 1966-1967

3 — Mercedes-Benz 300 SEL 6.3 (1968 -1972)

Nom de code : W109

À l’innovation et au luxe va tranquillement s’ajouter la performance. À la fin des années 60, la berline qui va bientôt devenir la Classe S abrite le moteur V8 de 6,3 litres et 250 chevaux de la 600 Pullman, une mécanique qui lui permet d’effacer le 0-100 km/h en seulement 6,5 secondes, un temps qui est toujours respectable aujourd’hui. La vitesse de pointe était de 221 km/h, un autre chiffre impressionnant pour l’époque.

Cette voiture a une importance majeure, car c’est la première Classe S qui propose un tel niveau de performance, ce qui va ouvrir la porte à d’autres. On pourrait parler de l’ancêtre des modèles de la série AMG.

4 — Génération 1972-1980

Nom de code : W116

On le mentionnait, c’est en 1972 que le modèle adopte officiellement l’appellation Classe S. Pour la signification, ça renvoie à l’expression allemande Sonderklasse, qui signifie « classe spéciale ». Le design de la voiture est signé par Bruno Sacco, qui explorait à ce moment de son parcours des lignes rectangulaires, mais tout à fait modernes. La coupure avec les modèles des années 60 était nette, ce qui ajoutait à l’importance du changement d’appellation du modèle.

La signature stylistique qui apparaît avec cette Classe S allait d’ailleurs faire école et s’imposer à travers la gamme. Cette génération de la Classe S va aussi innover en matière de sécurité avec le premier système de freinage ABS (Antiblocking System) offert avec une voiture de série. Cette cuvée va aussi être la première à nous faire voir la présence d’un moteur turbodiesel dans une voiture de luxe.

En tout, ce sont 473 035 exemplaires de cette Classe S qui vont trouver preneur, consolidant ainsi le nom comme une des références de luxe à travers l’industrie.

5 — Mercedes-Benz 450 SEL 6.9 (1975-1980)

Cette génération de Classe S nous a aussi donné une version légendaire, soit celle équipée du moteur V12 de 6,9 litres de la magnifique berline 600. Cette mécanique offrait une puissance de 286 chevaux qui garantissait un niveau de performance renversant pour l’époque, mais surtout, le modèle mettait de l’avant une suspension hydropneumatique à nivellement automatique qui venait offrir un confort princier inégalé. En fait, Mercedes-Benz rivalisait avec Rolls-Royce avec cette variante qui venait repousser les limites du grand luxe.

Depuis, on trouve toujours une version de la Classe S qui en propose plus et qui repense les normes en matière de grand luxe.

6 — Génération 1979-1991

Nom de code : W126

La prochaine Classe S qui est digne d’une place dans notre palmarès est probablement celle qui vous a fait découvrir ce modèle. Entre 1979 et 1991, Mercedes-Benz a réussi à écouler 818 063 exemplaires de cette cuvée qui se voulait le choix de tous ceux qui voulaient se pavaner au volant d’un véhicule de luxe offrant le prestige ultime. À l’écran, c’était systématique, on en voyait toujours une dans un film ou à la télévision.

Sur le plan technologique, elle a fait sa part pour faire avancer les choses, avec un coussin gonflable côté conducteur, un système de prétention pour les ceintures de sécurité, ainsi qu’avec des pare-chocs faits d’un plastique qui pouvait se déformer.

7 — Génération 1992-1998

Nom de code : W140

La cuvée qui a suivi a profité d’une phase de développement inédite qui a nécessité un milliard de dollars en investissements. On voulait tout repousser à un autre niveau et c’est ce qu’on a réussi à faire grâce à l’argent injecté, mais aussi grâce à une période d’essai où environ trois millions de kilomètres ont été parcourus.

Cette Classe S sera aussi la première à nous offrir un moteur V12, une fois de plus emprunté à la berline 600. Avec 402 chevaux, il repoussait, lui aussi, les limites. La voiture offrait un double vitrage, le contrôle électronique de la stabilité, des coussins gonflables latéraux, de même que l’assistance au freinage.

Elle est considérée par les spécialistes du modèle comme la dernière Classe S construite à l’ancienne, sans regard sur les coûts de développement. Elle est aussi perçue comme un char d’assaut ayant profité du nec plus ultra à tous les chapitres.

Fait amusant, elle porte le surnom de l’Ours, en raison de son format.

8 — Génération 1999-2005

Nom de code : W220

À l’approche des années 2000, Mercedes-Benz opte pour une approche totalement différente. La Classe S hérite de lignes beaucoup plus arrondies et fluides, brisant une tradition qui datait de toujours. Autre « sacrilège », les phares circulaires cédaient leur place à des unités allongées et très profilées.

Sur le plan technologique, la voiture utilisait l’aluminium pour se présenter avec 300 kg en moins, proposait un régulateur de vitesse adaptatif avant que l’on ne sache ce que c’était, sans compter qu’elle proposait quantité de nouvelles technologies Mercedes-Benz comme le système Command, ainsi que Pre-Safe.

Aussi, la première version AMG de la Classe S sera produite à partir de cette génération. Il se produit cependant quelque chose qui ternit l’image du modèle, soit une fiabilité décevante par rapport aux modèles d’ancienne génération.

9 — Génération 2005-2013

Nom de code : W221

La compagnie va répondre de façon spectaculaire avec la cuvée suivante, qui reprenait du volume et qui voyait sa qualité de construction retrouver ses lettres de noblesse. Le modèle conservait une ligne classique et une grille tout aussi reconnaissable à l’avant, quoique modernisée. Les arches de roues bombées, tant à l’avant qu’à l’arrière, permettent de reconnaître facilement cette génération de loin.

Mercedes-Benz 2011, en version S63 AMG.

Avec cette mouture, d’autres technologies faisaient leur apparition, comme le système de freinage d’urgence autonome Pre-Safe, l’Active Body Control, ainsi que la vision de nuit qui pouvaient détecter les piétons. Comme on le voit souvent avec ce genre de modèle phare, les innovations finissent par faire le tour de l’industrie, par exemple avec la détection des piétons aujourd’hui, maintenant très répandue.

Cette génération sera la dernière à offrir un moteur V12 atmosphérique, sans compter ce que la division de grand luxe Maybach faisait avec les S qu’elle passait au bistouri.

10 — Génération 2014-2020

Nom de code : W222

Le lancement de la génération codée W222 s’est fait en grande pompe en Allemagne où tout avait été mis en œuvre pour impressionner le public. Fait intéressant, le lancement mondial pour les premiers essais du modèle a été fait à Toronto, dans notre cour, en raison de l’excellente performance de Mercedes-Benz et de la Classe S au Canada.

Ce modèle, sans surprise, a continué à nous surprendre sur le plan technologique. Le truc qui nous avait le plus impressionnés, même si l’option n’était pas offerte au Canada au départ, était ce dispositif qui analysait la route devant pour ajuster le comportement de la suspension sur des bosses, afin qu’on ne ressente rien à bord de la voiture. Il était possible de passer sur un dos d’âne sans bouger d’un poil à bord. Cette Classe S mettait aussi à profit quelque 500 DEL, éliminant au passage toute utilisation d’ampoules traditionnelles.

11 — Génération actuelle 2021-

Nom de code : W223

Enfin, comment oublier la cuvée actuelle en conclusion de notre tournée concernant l’histoire de la Classe S. Le modèle respecte l’esprit du produit en étant celui qui propose le plus de technologies embarquées, que ce soit avec ses cinq écrans, son système multimédia MBUX (Mercedes-Benz User Experience) ou encore son système qui fait en sorte que le véhicule peut se désembourber lui-même avec un mouvement de balancement si vous êtres pris dans la neige.

On ne peut qu’imaginer la suite des choses, alors que Mercedes-Benz va continuer à repousser les limites avec son modèle phare. D’ailleurs, nous vous invitons à consulter l’article de notre collègue qui a pu découvrir la cuvée 2026 et qui vous en fait part dans son article.

Daniel Rufiange

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