Ford a été l’un des premiers constructeurs à s’y intéresser sérieusement. Dès les années 2000, la compagnie intégrait de la fibre de soja aux mousses de siège de certains modèles. L’initiative était discrète, mais pas la symbolique. Toyota a suivi avec des plastiques à base d’amidon de maïs avec la troisième génération de la Prius.
BMW a expérimenté avec des fibres de kénaf, une plante tropicale, pour les panneaux de porte. Les bases étaient posées.
Aujourd’hui, l’offre s’est considérablement étoffée. Mercedes-Benz propose, avec ses modèles EQ, des surfaces en Dinamica, un microsuède fabriqué à partir de 45 % de matières recyclées, et des tapis faits à partir de filets de pêche récupérés en mer (le programme Econyl).
De son côté, Volvo utilise dans ses modèles récents des matériaux synthétiques sans cuir d’origine animale, comme le revêtement Nordico, ainsi que des tissus issus de bouteilles en plastique recyclées. Tesla intègre des accents sans cuir animal dans la majorité de sa gamme, avec des matériaux synthétiques dont une part croissante est recyclée.
Chez Kia et Hyundai, les tissus bio et les matières recyclées progressent dans les habitacles des modèles électriques. Avec son Mustang Mach-E, Ford, encore elle, met à profit des surfaces fabriquées à partir de déchets de production textile.
Les constructeurs de grand luxe, vers qui l’on se tourne souvent pour découvrir des innovations, ne sont pas en reste. Ainsi, Bentley a également introduit des tissus durables, combinant laine et fibres recyclées, dans certaines déclinaisons du Bentayga.
Rolls-Royce propose désormais en option des boiseries issues de forêts gérées durablement et certifiées FSC (Forest Stewardship Council). Chez Porsche, certaines versions du Cayenne intègrent des tapis fabriqués à partir de filets de pêche recyclés, dans la même veine que le programme Econyl. Ces marques ont compris que le luxe et la responsabilité environnementale ne sont pas incompatibles et que leur clientèle, de plus en plus sensibilisée, le réclame.
Où en est-on concrètement ? Selon les estimations de l’industrie, les matériaux durables ou recyclés peuvent représenter aujourd’hui entre 10 % et 25 % du contenu total de l’habitacle selon les modèles. La fourchette est large et reflète des engagements très inégaux d’un constructeur à l’autre, mais on sent une progression.
On n’a pas fini de voir de nouvelles choses, en fait. Les laboratoires travaillent sur des pistes fascinantes. BMW, par exemple, développe des matériaux à base de mycélium, le réseau racinaire des champignons, pour remplacer certaines mousses et garnitures. Stella McCartney, la fille de Paul McCartney, collabore avec différentes industries, incluant l’automobile, autour de textiles durables inspirés notamment de la soie d’araignée synthétique. Plusieurs marques explorent le cuir cultivé en laboratoire à partir de cellules animales, sans qu’aucun abattage ne soit nécessaire.
L’industrie est engagée à utiliser des matériaux durables. La question qui mérite d’être posée, c’est de savoir si tout cela est soutenable. Les défis sont réels : ces pratiques entraînent, pour le moment, des coûts de production plus élevés, ce qui se traduit sur le prix des véhicules.
De plus, la durabilité de certains matériaux est parfois inférieure à celle des matériaux conventionnels, sans compter que la chaîne d’approvisionnement reste immature.
La trajectoire est cependant claire. Les réglementations poussent fort dans cette direction, et les consommateurs, en particulier les acheteurs de véhicules électriques, en font une priorité.
L’habitacle 100 % durable n’existe pas encore. Mais il sera un jour une réalité.
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