Land Rover Range Rover Electric 2027 (Photo par JLR)
Plutôt que de créer un modèle électrique entièrement distinct, Range Rover a choisi d’électrifier son modèle phare sans en bouleverser la philosophie. Le Range Rover Electric partage ainsi son architecture avec les variantes à moteur thermique, hybride léger et hybride rechargeable produites à Solihull, au Royaume-Uni.
Cette approche suit le Range Rover Sport électrique, mais se distingue du futur Range Rover GT. Le nouveau venu s’affiche comme la déclinaison entièrement électrique du Range Rover traditionnel, avec ses proportions, son positionnement très haut de gamme et ses aptitudes hors route.
Visuellement, les changements demeurent volontairement discrets. La calandre a été optimisée pour l’aérodynamisme, tout comme les roues et le soubassement. L’objectif était de réduire la résistance à l’air sans transformer radicalement l’apparence du véhicule. C’est tout.
Pour le moment, le Range Rover Electric est offert uniquement avec l’empattement court et dans la finition Autobiography. Son prix de départ canadien est fixé à 200 800 $.
Le changement majeur se trouve évidemment sous la carrosserie. Deux moteurs électriques à aimants permanents de 260 kW sont utilisés, un par essieu. Ensemble, ils développent jusqu’à 542 chevaux et 627 lb-pi de couple. Le constructeur souligne que le couple dépasse celui de tous les Range Rover proposés jusqu’ici.
Le 0 à 100 km/h est réalisé en aussi peu que 4,5 secondes, tandis que les reprises de 80 à 120 km/h demandent 2,7 secondes. Ce n’est donc pas uniquement le silence de fonctionnement qui différencie cette version des motorisations à essence et hybrides : la réponse immédiate des moteurs devient une partie importante de l’expérience de conduite.
Les moteurs utilisent également des semi-conducteurs en carbure de silicium afin d’améliorer leur rapidité de fonctionnement et leur efficacité énergétique.
Une énorme batterie de 118,5 kWh et 800 volts
Le Range Rover Electric adopte une batterie lithium-ion à double empilage d’une capacité utilisable de 118,5 kWh. Elle comprend 344 cellules prismatiques et fonctionne avec une architecture électrique de 800 volts.
L’autonomie maximale annoncée atteint 535 km selon les estimations EPA. Plus intéressant encore pour un véhicule doté d’une batterie aussi imposante, la recharge rapide peut atteindre 350 kW. Dans les meilleures conditions, passer de 10 à 80 % demande environ 22 minutes. Dix minutes à une borne suffisamment puissante permettraient également de récupérer jusqu’à 200 km d’autonomie.
La gestion thermique ThermAssist joue également un rôle important. Elle contrôle la température de la batterie et du groupe propulseur afin d’optimiser l’autonomie, la recharge et les performances dans des conditions climatiques difficiles. Selon Range Rover, cette technologie peut réduire de 40 % l’énergie nécessaire au chauffage et contribuer jusqu’à 40 km d’autonomie supplémentaire.
Pour l’Amérique du Nord, le Range Rover Electric intègre directement le connecteur NACS, donnant notamment accès au réseau Tesla Supercharger.
L’électrique au service des capacités hors route
C’est probablement ici que le Range Rover Electric se différencie le plus d’un VUS électrique de luxe conventionnel. L’électrification n’a pas servi de prétexte pour abandonner les caractéristiques traditionnellement associées au Range Rover.
Le système Intelligent Driveline Dynamics peut faire varier la distribution du couple arrière de 0 à 100 %. L’Integrated Traction Management contrôle pour sa part la vitesse des moteurs en seulement 50 millisecondes, soit jusqu’à 100 fois plus rapidement qu’un système comparable associé à une motorisation thermique.
Un mode de conduite à une pédale a même été adapté au hors route. Le véhicule peut effectuer un départ sur une pente atteignant 33 degrés et franchir en mouvement une inclinaison allant jusqu’à 45 degrés. La garde au sol et l’étanchéité permettent également de traverser jusqu’à 900 mm d’eau, une caractéristique particulièrement importante pour préserver l’identité du Range Rover.
La batterie installée dans le plancher abaisse par ailleurs le centre de gravité. Elle travaille de concert avec une suspension pneumatique à double chambre afin de préserver le confort tout en améliorant le contrôle des mouvements de caisse.
Plus silencieux que les autres Range Rover
Si les Range Rover à moteur V8 misent notamment sur leur puissance et leur caractère mécanique, la version électrique cherche plutôt à pousser encore plus loin l’isolation et la douceur de roulement.
L’absence de moteur thermique réduit naturellement les vibrations et le bruit dans l’habitacle. L’électrification devient donc ici davantage qu’une simple manière de réduire les émissions : elle s’intègre directement à la philosophie de luxe du Range Rover, où le silence, la douceur et l’impression d’effort minimal ont toujours occupé une place importante.
Range Rover affirme avoir parcouru plus de 1,4 million de kilomètres durant le développement, avec des essais réalisés notamment à -40 °C en Suède, dans la chaleur de Dubaï et sur les terrains hors route d’Eastnor Castle au Royaume-Uni. Plus de 300 demandes de brevets ont été déposées autour du véhicule.
Le Range Rover Electric ne représente pas une rupture avec le modèle traditionnel, c’est une interprétation de celui-ci. La question est maintenant de savoir si Range Rover réussira où Mercedes-Benz a connu un cuisant échec avec le Classe G électrique.
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